dimanche 21 mai 2017

"Aimer sa voix, c'est s'aimer soi"


Bonjour !

Avant de commencer je me dois d'être on ne peut plus honnête avec vous : si je vais parler un peu de moi dans cet article (une fois n'est pas coutume) je vais aussi parler d'un livre qui m'a été gracieusement envoyé par les éditions Leduc.s (autrement dit si vous ne voulez pas lire un article basé sur un partenariat vous pouvez partir (mais ça serait quand même dommage ! :P)) (oui, je suis vraiment entrain d'inciter mes lecteurs à déserter mon blog xD). Il s'agit de L'Art délicieux d'apprivoiser sa voix d'Abyale Nan Nguema, paru en 2016.

Depuis quelques années j'ai un rapport un peu compliqué avec ma voix. Tout allait bien, sans problème majeur, jusqu'à ce que j'entende un enregistrement et que je déchante : trop aiguë, sans caractère... tout le contraire des voix que j'aime, des voix chaudes... rien ne va plus. Mais, paradoxalement, je me destine à travailler à la radio où, plus qu'à la télé peut-être où on a le secours de l'image, la voix est essentielle, c'est même la voix qui fait tout. Cherchez l'erreur. D'ailleurs, vous savez, normalement on est censé réécouter ses émissions pour voir toutes les erreurs (par exemple je sais que je parle trop vite) : je ne l'ai pas fait. Jamais. C'est trop dur. Rien que quand je me réentends au montage des micro-trottoirs c'est assez compliqué.

J'aime pas ma voix. "Personne n'aime sa voix" m'a répondu le journaliste qui encadre notre émission. C'est sans doute vrai, mais c'est un peu bête... Parce que les deux sens qui nous permettent de prendre un premier contact avec le monde sont la vue et l'ouïe (l'odorat peut-être, mais comme je passe ma vie avec le nez bouché... xD) : on ne touche ou goûte quelque chose a priori seulement après l'avoir vu, entendu (ou senti). Alors, les deux premières images de nous qu'ont les autres ce sont notre visage et notre voix. C'est elle qui nous permet de communiquer. C'est fâcheux de ne pas l'aimer. Autant on peut éviter de croiser nos reflets dans les vitres, autant c'est difficile de ne pas s'entendre.

J'aime pas ma voix mais j'aime chanter. J'ai toujours chanté. Je me souviens qu'en primaire j'étais souvent seule dans la cour et je déambulais en chantant (on ne se moque pas ! xP). Je chante presque tout le temps, en fait. Même en partiels ça m'arrive de chanter en chuchotant quand j'ai une chanson dans la tête (mes pauvres camarades qui doivent me prendre pour une espèce de tarée !). Je chante dans la douche, je chante dans la rue, je chante dans ma chambre, je fredonne en cours... Même si je sais que je chante mal.

Du coup j'avais plusieurs raisons de m'intéresser à ce livre d'Abyale Nan Nguema et à ma voix. Seulement, vous voyez, mon porte-monnaie avait d'autres priorités et je me suis souvenue qu'un de nos profs nous a dit que, quand il était jeune prof, il faisait des compte-rendu de lecture dans des revues ce qui lui permettait d'avoir des livres gratuitement. Je me suis dit, un peu naïve, que je pouvais bien tenter le coup aussi, après tout qui ne tente rien n'a rien et puis il faut bien que mon blog me rapporte quelques avantages (tiens, bonne question, "faut-il ?"). Très sincèrement, quand j'ai contacté les éditions, je ne pensais pas qu'on me répondrait favorablement et si j'avais essuyé un refus j'aurais sans doute fini par acheter ce livre un jour ou l'autre.

Alors dans ce livre il y a quoi ? Déjà, l'autrice le rappelle dès le début : ce n'est pas une méthode, l'argument principal étant qu'il faut un professeur pour s'assurer que les techniques de respiration, etc., soient bien appliquées. Ceci dit sept vidéos et deux bandes sonores sont associées au livre. Les deux dernières sont de courtes relaxations/méditations et les premières des conseils sur par exemple comment enregistrer son annonce de répondeur (la mienne n'ayant d'ailleurs jamais été faite ; je laisse la boîte automatique répondre à ma place : au bout de deux essais il y a quelques années j'ai fini par laisser tomber). Elles sont courtes et ne dépassent pas une minute trente. Cependant j'ai parfois trouvé que l'annonce dans le titre était, sans aller jusqu'à dire "mensongère" qui serait vraiment un mot trop fort, un peu trompeuse. Par exemple avec la vidéo sur le bâillement où on nous dit que l'on va apprendre à bien bâiller alors que, dans la vidéo, Abyale Nan Nguema est davantage partie sur un "pourquoi bâille-t-on". Du coup je trouve ça un peu dommage et, à vrai dire, j'aurais bien aimé des vidéos un peu plus longues... Même s'il faut un professeur en face pour bien faire certaine chose, il y a quand même des exercices qui semblent assez simple à faire seul sans tuteur, comme ceux que Claire Univoix propose sur sa chaîne Youtube (bien qu'elle n'ait rien publié depuis un moment).

Au début, je ne savais pas trop quoi penser de ce livre et il m'a fallu plusieurs chapitres pour me mettre dedans, en partie parce que les sous-parties sont très courtes et pas forcément toujours liées entre elles (j'avais eu le même problème avec le roman Le Souper des maléfices et ses sauts de lignes incessants (bon roman, ceci dit)). Mais finalement j'ai réussi à entrer dedans, au chapitre huit je crois (sur douze) lorsque l'autrice parle de "donner le "la"" à ses collaborateurs mais "[qu'elle] fai[t] confiance, [elle] délègue".

En fait, dans ce livre, elle montre, je pense, à quel point le chant est connecté à la vie et à l'humain. Le chant nous permet, par exemple, de nous reconnecter avec nous en nous ressentant de l'intérieur, mais aussi avec les autres, aide à construire ou renforcer un collectif via la pratique de la chorale. Je crois que c'est un livre fait pour positiver et donner confiance et j'ai particulièrement apprécié les chapitres dix et onze sur la prise de parole en public et je crois que beaucoup d'étudiants collés à leurs notes pendant leurs exposés devraient les lire pour prendre confiance et se rendre compte que ne pas lire ses notes c'est pas le bout du monde ;)

En réfléchissant je me suis dit qu'en fait, vouloir améliorer sa voix c'est formidable mais il faut voir par quoi on est poussé. Ce que je veux dire c'est que... si je prends l'exemple parallèle de l'orthographe : être mauvais en orthographe peut être un complexe et donc on cherche à s'améliorer pour ne plus avoir de raison de complexer et donc à la base du changement c'est un sentiment négatif, en réaction et pas en action positive sur ce que s'améliorer en orthographe peut nous apporter. Sur la voix c'est un peu le même principe : je n'aime pas ma voix, je veux la contrôler (à vrai dire je suis un peu maniaque du contrôle), je suis en réaction à elle et, en fait, je ne me demande pas ce que chanter ou améliorer mon souffle pourrait m'apporter et je suis mue par un sentiment négatif. Alors que comme le dit Abyale Nan Nguema quand elle demande ce que le travail de la voix a changé dans la vie de la personne à qui elle parle on lui répond que ça n'a pas eu d'effet mais en finissant par avouer qu'ils ont changé de travail, se sont épanouis, etc.

Je crois qu'au fond on est en réaction, en recherche d'amélioration pour la performance, bien trop, et pas assez sur ce que les améliorations peuvent nous apporter vraiment. Ce livre pousse à l’optimisme et à se dire que même si on ne sait pas chanter on n'a aucune raison de ne pas sauter le pas et d'apprendre ou même aucune raison de ne pas chanter dans sa douche. C'est de l’optimisme qui me donnerait presque envie de prendre des cours de chant (mais j'ai pas les finances, et même si je les avais je vous avoue que je prendrais d'abord des cours de pôle dance).

Même si j'ai eu du mal à entrer dedans et que je ne savais pas trop comment le prendre (parce que l'on passe d'un témoignage à un récit fictif, à quelque chose de plus méthodique très rapidement et j'ai eu du mal à m'habituer au rythme) et que j'ai regretté que les vidéos ne soient pas plus détaillées et approfondies c'est un livre positif qui se lit plutôt vite et qui donne envie de décomplexer et ça c'est cool !

Quelle est votre relation à votre voix ? Osez-vous chanter sans un parapluie à portée de main ? ;P

Source couverture – Élisabeth Chardin

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4 commentaires:

  1. Très intéressant cet article !
    Bon je n'ai pas ri ouvertement, mais j'avoue que ça m'a bien fait sourire de t'imaginer toute petite en train de déambuler en chantant dans la cour de récréation, c'est mignon haha
    Sinon, j'ai toujours bien aimé ma voix, le seul bémol c'est qu'elle est assez douce, donc dur de parler très fort. Cependant, c'est vrai que c'est difficile de s'écouter sur un enregistrement, perso ce qui m'avait le plus choqué un jour, c'était mon accent... On entend bien que je ne suis pas de Paris ou du Nord de la France par exemple x)
    Comme toi, j'ai l'habitude de chanter quasiment tout le temps, parfois sans m'en rendre compte haha Si un orage se pointe, j'essaie de me dire que c'est plutôt à cause de la voix mélodieuse de ma voisine :P

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    1. Merci ! :)
      Je dirais que c'est plus ridicule que mignon, moi x) Asociale dès le début, c'était un signe x)
      Normalement tu n'as pas besoin de parler fort pour te faire entendre, Claire Univoix a fait une vidéo là-dessus, si tu penches un peu ta tête en avant, comme si le sommet de ton crâne était suspendu à un fil, tu peux parler en changeant de fréquence et donc te faire entendre (comme les chanteurs lyrics ou les acteurs si tu veux) :)

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  2. Le fait de ne pas aimer sa voix, c'est comme le fait de ne pas s'aimer en photo, c'est une bête question de physique et d'habitude.
    En effet, ta voix que tu entends n'est pas celle que les autres entendent (à cause de la résonance dans ton crâne, ou un truc du genre). Depuis que ta naissance, tu entends donc ta voix d'une certaine façon. Donc forcément, lorsque tu la perçois de façon extérieure, sans le passage par les vibrations à l'intérieur de ton corps, etc, ça fait bizarre.
    De même, on n'a jamais un visage symétrique. Donc lorsqu'on regarde dans un miroir on voit par exemple l'œil gauche un 'tit poil plus haut que le droit. Et ce depuis qu'on est né et la plupart du temps tous les jours (ne serait-ce qu'en se brossant les dents : il y a souvent un miroir au-dessus du lavabo). Or, sur une photo cet œil qui est plus haut apparaîtra à droite et non à gauche. Du coup ça perturbe.

    Bref, sinon moi j'aime bien chanter et ça m'arrive souvent de pousser la chansonnette, mais si on me le demande, j'en serait incapable : j'peux pas le faire sur commande (timidité, tout ça). J'ai aussi beaucoup de mal à crier.
    Chuis une petit souris qui chante (parfois à tue-tête) dans son trou, en fait ^^

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    1. C'est vrai qu'il y a la perception "brute" ! Mais aussi la psychologie, qui fait que certains jours on se trouve plus beaux que d'autres :)

      C'est drôle que tu dises ça parce que le livre commence justement en parlant des gens qui chantent "en secret" :)

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