jeudi 14 juillet 2016

Respecter les athlètes

Bonjour !

Je suis remontée. Vraiment remontée. A tel point que j'ai pensé titrer mon article avec familiarité. Et puis finalement je me suis retenue. Mais, franchement, je suis remontée.

Peut-être que vous le savez mais je regarde le Tour de France, parce que j'aime ça. Et tous les ans on a le droit à la même chose dès que la route s'élève : une marée humaine d'abrutis qui gêne (pour rester polie) les coureurs. Des sprints à côté d'eux, des tapes dans le dos, des drapeaux tendus devant eux qui leur barrent et leur cachent la route... Cette année sur le Giro on a même pu voir des espèces d'énergumènes courir devant eux avec des fumigènes de sorte qu'ils se prenaient toute la fumée sur le visage alors qu'ils étaient en plein effort.

Tous les ans on a des personnes qui mettent en danger les coureurs (et se mettent en danger mais ça, ça les regarde) en traversant au dernier moment ou, comme cette année, en s'avançant pour prendre une photo alors qu'ils sont à l'intérieur du virage et déséquilibrent un coureur. Tous les ans on a ce genre de scène : comme l'année dernière avec la série de selfies dangereux. On a des images de cyclistes qui repoussent des spectateurs gênants et, tous les ans, ça m'énerve parce qu'ils ne devraient pas avoir à le faire. Mais aujourd'hui c'était le pompon sur le gâteau à la cerise (je revisite les expressions si j'veux d'abord :P).

On était un peu avant la ligne d'arrivée et une moto-caméra précédait Richie Porte, Christopher Froome et Bauke Mollema. Quand tout à coup elle s'arrête. Richie Porte a à peine le temps de ralentir, la percute, et les coureurs s'empilent les uns sur les autres. Vélo cassé pour Chris Froome qui doit courir pour ne pas perdre de temps alors qu'il voit s'envoler son ex-coéquipier.

En fait, la moto a été obligée de s'arrêter parce que le public devant elle ne s'écartait pas. La voiture de Christopher Froome a mis du temps à arriver parce que le public l'empêchait d'avancer. Il a perdu du temps mais, surtout, en tombant, il aurait pu se faire très mal, comme ses deux camarades. Tout ça à cause d'un public hystérique, emporté par l'effet de groupe et incapable de s'autogérer. Je trouve ça absolument honteux et indigne. Peut-être que pour ce public c'est du spectacle mais il ne faudrait pas oublier qu'il y a des gens sur ces vélos, de vraies personnes, qui elles aussi peuvent se faire mal et qui, surtout, sont en plein effort et aimeraient bien qu'on les laisse un peu tranquille.

C'est un peu comme si, quand un perchiste s'élance sur le sautoir, un mur humain venait lui barrer la route. C'est irrespectueux. Irrespectueux de l'athlète en tant que personne et irrespectueux de l'effort qu'il est en train de fournir. Oui, le sport, c'est beau ; oui, les sportifs sont des espèces de héros modernes mais, oui, ce sont aussi des personnes qui aimeraient bien pouvoir faire leur travail sans qu'on vienne les emmerder. C'est déjà, le pense, assez difficile comme ça, sans qu'un public de décérébrés leur barre – littéralement – la route.

Je peux comprendre qu'on soit ravi de voir des athlètes en vrai mais ce n'est pas une raison pour interférer. Vous imaginez si, pendant l'Euro, le public avait commencé à courir à côté des joueurs ? Ou si, pendant les compétitions d'athlétisme, des spectateurs participent au cent mètres, viennent parler aux perchistes ou aux lanceurs de javelot ? Ce serait le chaos. Et c'est à un exemple de chaos auquel on a assisté sur le Tour aujourd'hui.

Avoir un peu de respect et de considération pour les sportifs ce n'est quand même pas le bout du monde. C'est juste la base de toute vie en société (dit la fille introvertie :P). C'est quand même fou qu'un groupe ne soit pas capable de se réguler seul.

Même si vous êtes contents de les voir après avoir attendus plusieurs heures au bord de la route, même si s'approcher est tentant et excitant parce qu'il y a une espèce d'attirance pour ce que l'on admire, même si ce sont nos héros modernes et que l'on espère tirer une gloire toute relative, vaine, et éphémère, à courir à côté d'eux ; ce n'est pas une raison. Ce n'est pas une raison pour mettre les cyclistes en danger. On ne peut matériellement pas installer des barrières de chaque côté de la route sur plus de cent kilomètres. Et on ne devrait pas en avoir besoin. Parce que le respect devrait être la base et que vous ne devriez pas être en train de lire cet article.

Un peu de respect pour les athlètes quel que soit le sport et un peu de considération pour leur effort.

Qu'en pensez-vous ?


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7 commentaires:

  1. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Exceptionnellement je me suis trouvée devant le TDF hier et c'est en effet honteux de voir à quel point les gens sont irrespectueux.
    Il semblerait que le manque de barrière si proche de l'arrivée soit due au fait qu'ils ont raccourci l'étape et du coup les barrières étaient déjà en place mais bien plus haut. Cela dit, un peu de bon sens punaise !
    Et le pauvre qui se retrouve à courir, à récupérer un vélo pas bon avant de pouvoir finalement repartir. Y'a un sérieux manque de savoir vivre de la part des spectateurs !

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    1. Oui, Christian Prudhomme a expliqué qu'ils n'avaient pas matériellement eu le temps de descendre les barrières et puis de toute façon vu le vent qu'il y avait les gars qui s'en seraient occupés auraient eu toutes les peines du monde ! Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de barrière qu'il faut s'approcher... Sur les ponts il n'y a pas de panneau "ne pas sauter" et pourtant personne ne saute dans les fleuves...

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  2. C'est l'époque qui veut ça.
    Le respect s'exige comme un dû, tandis qu'il faut parfois lutter de haute lutte pour seulement le témoigner.
    Dans certains cas, la plus haute marque d'estime qu'on puisse témoigner, c'est se taire, parce que sinon, on devient... Dangereux. :/ :x
    Quand on en est là... Cela fait un peu mal. ^^ ;)
    Je crois? :)

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    1. Je ne suis pas sûre de comprendre où tu veux en venir :/

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  3. Simple: je voulais dire que parfois, pour ne pas devenir ce que l'on dénonce (et rien à voir de près ou de loin avec toi, ou le ton de l'article, comme ce que tu mets en relief, c'est très juste!) la seule solution est de se taire, sinon, la réaction première sera de violence/jugement, pas de respect. C'est dur, à faire, à mon avis, ça.
    Dans la série faites ce que je dis, pas ce que je fais, j'échoue souvent, d'ailleurs. ;-)

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    1. Tu veux dire se taire pour prendre le temps de la réflexion, en fait ?

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