mercredi 15 juin 2016

Quand on se trompe de guerre

Bonjour !

Avec les derniers événements fleurissent les débats et dans les idées de solutions que j'entends j'ai largement l'impression qu'on se trompe de guerre, que l'on est complètement à côté de la plaque. Il y avait déjà eu des débats sur la perpétuité réelle pour les terroristes, on parle parfois de la peine de mort, de les isoler, de les enfermer, de leur retirer la nationalité française quand ils sont binationaux (en priant pour que l'autre pays ne soit pas plus rapide que nous et ne nous refile pas le bébé), une dame a appelé Europe 1 pour dire qu'il fallait s'entendre avec les autres pays pour qu'ils aient un visa et qu'on les vire de France (bien sûr, ils vont accueillir avec ravissement un potentiel terroriste simplement parce que cette bonne vieille France universaliste le leur demande), on parle de fermer les frontières pour les empêcher de rentrer (alors qu'un policier expliquait que l'on fermait les frontières pour les empêcher de sortir puisqu'ils sont Français et déjà chez nous), l'un des intervenants chez Jean-Marc Morandini ce matin disait qu'il fallait enfermer préventivement, et un monsieur appelait pour dire que selon lui la déradicalisation ça ne marche pas. On essaye de mener une guerre physique quand il faudrait mener une guerre psychologique.

Évidemment, contre les personnes déjà radicalisées et qui préparent des attentats on est obligé de mener une guerre physique (comme sur le terrain au Moyen-Orient) pour les attraper et ensuite mener la guerre psychologique en les déradicalisant (ce qui est long et difficile, j'imagine). Mais on dirait que l'on veut couper une chaîne qui relie deux murs sans s'intéresser au premier maillon. Le premier maillon ce n'est pas quand la personne tue des gens. Ce n'est pas non plus quand la personne prépare des attentats, ni quand elle reçoit les instructions de la hiérarchie de Daesh. Le premier maillon ce n'est pas quand la personne part en Syrie. Ni même quand elle y pense. Le premier maillon c'est quand la personne, la victime, souvent jeune, se fait approcher par des recruteurs de Daesh sur les réseaux sociaux. C'est ça, le premier maillon, et c'est là que l'on peut agir et empêcher la mort de dizaines de centaines de personnes. Mais j'ai l'impression que la guerre psychologique ne nous intéresse pas. Que l'on pense que c'est voué à l'échec. En même temps, quand on voit le ridicule de nos tentatives ce n'est pas surprenant... Il y a un ou deux ans, j'en avait parlé ici, dans Le Tube de Canal+ présenté par Daphné Burki, j'avais entendu parler d'une campagne menée sur les réseaux sociaux sur le modèle d'une campagne états-unienne. C'était une vidéo qui demandait aux jeunes souhaitant partir en Syrie de penser à leur famille, de réfléchir, une espèce de contre-propagande en somme. Une contre propagande vouée à l'échec : vous croyez vraiment que des personnes à qui on a retourné le cerveau vont écouter les propos diffusés par le gouvernement du pays contre lequel on les a monté ? Moi pas vraiment, non.

Si on prenait la chaîne plus tôt on éprouverait moins de difficultés à mon avis. Il faut trouver et contacter les jeunes qui sont radicalisés en ce moment même par les lieutenants de Daesh et leur montrer qu'on leur dit du grand n'importe quoi, qu'ils peuvent être utiles autrement. C'est à ce moment-là qu'il faut mener la contre-propagande, pas quand ils ont pris leur billet d'avion pour la Syrie ! C'est à la base du mur qu'il faut couper la chaîne, et pas quand elle arrive à notre mur à nous. Quelle drôle d'idée...

Quand je tiens ce genre d'argumentaire devant mes parents ils me répliquent ironiquement "oui, mais toi c'est vrai tu sais tout mieux que tout le monde". Non, je ne sais pas tout mieux que tout le monde, j'ai beaucoup de choses à apprendre, je ne suis pas policier, démontrer n'est pas savoir (dédicace à ceux qui passent le bac ;P), mais ça me paraît tellement évident... Comment fait Daesh ? Ils recrutent des jeunes gens avec leur propagande, ils leur retourne la tête : on est donc dans une guerre psychologique. Ensuite ils les font venir en Syrie et leur donnent des armes ou leur font parvenir les instructions pour faire un attentat : on passe dans une guerre physique, de terrain, avec des morts. Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On veut faire une guerre physique et éventuellement peut-être ensuite une déradicalisation. On fait tout à l'envers. On est en train de subir ! Ce n'est pas en durcissant nos lois que l'on arrivera à reprendre la main. Si l'on ne veut plus subir il faut couper l'herbe sous le pied de Daesh, s'en prendre à eux à la source : là où ils trouvent leurs hommes, là où ils trouvent leurs soldats, et seule une guerre psychologique le pourra.

Daesh a tout compris, ils utilisent très bien les réseaux sociaux, ils retournent le cerveau de jeunes, et nous les renvoient comme soldats à moitié fous. Et nous on est là à essayer tant bien que mal de se dépêtrer, de se défendre, alors que la meilleure défense est l'attaque et que la meilleure attaque, l'une des meilleures, que l'on pourrait porter à Daesh c'est une attaque sur son terrain : la psychologie ! C'est comme ça que l'on va reprendre la main. Soit avec des contre-propagandes ciblées contre les personnes recrutées, soit avec des contre-propagandes de grande envergures à la télé par exemple (vive l'Euro et ses quatorze millions de téléspectateurs par matchs) (d'ailleurs, je ne sais pas vous mais moi je n'ai pas vue celle des parents racontant comment leur enfant avait été radicalisé). Comme ça on sauverait peut-être les personnes qui auraient été victime des bombes et les victimes de la propagande de Daesh.

Je pense, j'espère, que nos forces de l'ordre le font déjà mais qu'on n'en entend pas parler...

Qu'en pensez-vous ?


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22 commentaires:

  1. C'est un point de vue vraiment intéressant même si la réalité semble un peu plus complexe car on ne déradicalise pas un potentiel terroriste à coup de propagande du style "Tuer des gens c'est mal" à mon avis. Je pense même que le premier maillon n'est pas lorsque Daesh approche ses vistimes par internet mais encore bien avant, lorsque ces jeunes, souvent d'origine étrangère se sentent mis à l'écart par la société avec le racisme présent et leur emparquement "entre eux" dans des cités où ils se regroupent alors en bandes bien afin de se créer une identité propre car ils ne se reconnaissent pas ailleurs et certainement pas dans l'image des jeunes qui réussissent (ils sont souvent en échec scolaire). Bref je pense que si ces personnes sont si faciles à endoctriner c'est parce qu'on leur offre sur un plateau un modèle dans lequel ils peuvent se reconnaitre et surtout on leur fait croire qu'ils peuvent être utiles alors qu'en France on ne cesse de leur dire qu'ils sont nuls et ne feront rien de leur vie à l'école (c'est du vécut). Peut être dans ce cas le premier jallon de cet engrenage se situe-t-il dans une nouvelle façon d'envisager la pédagogie à l'école ? Par une revalorisation des enfants et ados qui décrochent et en leur montrant que les 1. les études peuvent êtres utiles et 2. chacun d'entre eux à sa place dans la société ? Si on cessait de faire naître en eux ce sentiment d'exclusion avant toute chose ?

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    1. Non, évidemment, quoi que le discours inverse fonctionne bien sur les radicalisés, mais c'est un travail de longue halène (Mussolini a fini par caser les enfants dans ses Jeunesse dès 8 ans je crois bien), je simplifie : la contre-radicalisation ne se ferait pas en un jour, comme la radicalisation ne se fait pas en un jour.
      Une partie des radicalisés sont des Français tout bien "comme il faut". Maintenant effectivement il y a aussi un mal-être qui joue, qui rend l'esprit plus fragile. Et, effectivement, on leur sert sur un plateau parce que le problème est très très trèèèès profond, prend ses racines vraiment loin, mais je parle de premier maillon plus tard parce que c'est là que Daesh commence à agir : quand il approche, c'est là qu'on passe à une vraie propagande ciblée, et donc c'est un peu avant qu'on peut dire "faites attention si Daesh vous approche" (je caricature, évidemment, mais c'est l'idée). Mais oui, bien sûr, il y a un gros problème au niveau de "l'identité française", de "l'intégration" et compagnie : la faute aux deux parties : nous et les minorités : on est dans un cercle vicieux et personne ne veut faire le premier pas. Mais on a déjà du mal à parler de guerre de psychologie dans les débats donc si on demande à faire remonter ça bien plus haut on y arrivera jamais ! Alors que oui, effectivement, c'est tout un état d'esprit qu'il faut revoir. Pourquoi empêcher des ados de faire un bac pro et les laisser s'ennuyer, en échec, en dévalorisation, dans une filière générale ? C'est idiot, nous sommes fautifs de ce point de vue-là. Mais les parents aussi, ceux qui ne veulent pas mettre leur ado dans des filières pros en mode "soit médecin, mon fils, soit médecin".

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  2. C'est vrai que rien ne se fait en un jour dans un sens comme dans l'autre et effectivement on peut essayer de contrer la propagande de Daesh même une fois leur machine de "recrutement" lancée mais je pense qu'il devient alors très difficile d'agir... Pour la politique "physique" anti-terrorisme je suis d'accord avec toi, il s'agit bien souvent de discours et d'actions destinées à rassurer les gens sur le court terme comme au lendemain du 13 novembre ou le gouvernement ne pouvait pas ne pas agir par un coup d'éclat (super idée leurs bombardements au passage)(je déconne bien sur); après tout comme toi j'espère aussi qu'ils ont d'autres solutions à apporter sur le long terme et pas seulement sur le terrain mais plus en amont auprès de ces jeunes qui se laissent endoctriner, et ce via la propagande certainement, oui après tout c'est vrai qu'il n'y a alors pas 10000 solutions pour contrer ces manipulateurs qu'en essayant de faire mieux qu'eux malheureusement. Mais ce qui m'embête c'est qu'il s'agit là à mon sens d'une solution de dépit, une solution de dernier recours, alors que par l'éducation on pourrait juste parvenir à faire en sorte que ces jeunes gens ne s'intéressent même pas en premier lieu à ces terroristes et c'est cela que je trouve très dommage. Après les derniers événements nous ont clairement montré qu'il est trop tard pour bon nombre d'entre eux déjà transformés en tueurs fous en puissance et qu'il faut alors trouver une solution pour eux également, pour parvenir à leur faire comprendre l'absurdité de la politique de Daesh et à la démonter.

    Mussolini, Staline, Hitler, Franco, Mao et maintenant Daesh... ils ont tous comprit une chose que la France, elle, a toujours du mal à saisir : le meilleur espoir c'est la jeunesse (ah et la propagande bien sûr !).

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    1. Rien n'empêche d'agir en propagande pour les personnes déjà perdues pour l'Education Nationale tout en essayant d'améliorer les choses beaucoup plus haut dans la société !
      Eh oui ! La jeunesse c'est l'avenir ! Seulement faut se donner les moyens...

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  3. Version courte: vu que tu veux une réponse argumentée, te connaissant à minima, je réponds en point par point argumenté ASAP. (Ce W.E.)
    Serviteur. :)
    Dragon.



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    1. Oui, les arguments c'est mieux parce que comme ça on peut débattre, ou pas, juste échanger des idées et je trouve ça intéressant ! Mais je ne vais pas non plus te mettre un couteau sous la gorge, haha :P
      Prends ton temps, y'a pas d'obligation de commenter dans les 48h (encore heureux !).

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  4. *Amusé* Bon, 7834 caractères et 1340 mots. :D (2 pages.)
    *Tousse* J'ai pas eu le temps de faire court. ^^
    Je t'épargne? :P

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    1. Non, je veux bien lire ton avis. Mais alors fais bien gaffe parce qu'au-delà d'un certain nombre de caractères c'est trop pour Blogger donc faudra couper... en beaucoup de morceaux x'D

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  5. Il faut donner aux jeunes, d'origines étrangères ou pas, des rituels de passages à l'âge adulte, le sentiment d'appartenance à la société française, la sensation d'être utile...
    Effectivement, le système scolaire est à revoir, bien qu'il fasse garder à l'esprit que certains ne voudront jamais s'intégrer.
    Sable

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    1. Et c'est là qu'on va se confronter au cercle vicieux. Il y a aussi des parents d'origine étrangère qui ne veulent simplement pas que leurs enfants s'intègrent, ils enracinent dans leur culture d'origine et le risque c'est que les messages contradictoires de la famille et de l'école fassent des étincelles. Mais ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas améliorer les choses !

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    2. Oui, c'est bien ce que je voulais exprimer en écrivant "...bien qu'il faille garder à l'esprit que certains ne voudront jamais s'intégrer".

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  6. 1/
    Tu vas m'expliquer de façon convaincante en quoi une guerre sur le terrain est incompatible avec une guerre psychologique, vu que ce ne sont que les deux facettes d'un seul et même combat.
    Une guerre ne se fait pas à 50 %, et même si tu n'es pas sur l'allée des snipers à Sarajevo, que tu le veuilles ou pas, l'on est en guerre. Fait. Depuis un moment, d'ailleurs. 2007. 2001, pour d'autres.
    Définies-moi « opération extérieure » ?

    Pour l'endoctrinement des personnes, le système de com de Daech tient du Nizarite à la sauce version 2.0, mais une chose me frappe profondément. Non pas l'outil utilisé, mais la cible, et son positionnement final dans sa psyché.
    Là où le Nizarite avait pour promesse de retrouver son bout de vallée-paradis, le 2.0, lui, l'emmène avec lui. Plus besoin de le motiver, puisque c'est « au-delà du visible ».
    Il faut une motivation très puissante, de l'ordre du passionnel, pour motiver ainsi une personne.
    De l'ordre de la foi. Une fois ceci posé, il n'est plus question de réflexion, comme d'argumentation.
    Le passionnel se nourrit de sentiments, pas d'arguments : une personne amoureuse passionnément de quelqu'un ne t'écoutera PAS. Ce n'est pas parce qu'une personne réponds qu'il y a DIALOGUE.

    Ce qui est utilisé, et touche intimement les personnes regardant la propagande de Daech, est simple : quelque chose touchant à titre individuel la cible, et définissant intimement son propre paradis. Tu as l'embarras du choix, niveau raisons. Racisme, amour perdu, échec scolaire…
    Cet outil de ressentiment se substitue à l'amour raisonné pour (un) Dieu, devient de plus en plus étroitement associé à son nom, devient passionnel, et s'y substitue finalement totalement.
    Partant, la boucle est bouclée. Il faut une motivation colossale pour revenir sur une passion.
    Crois-moi. En résumé, ici : tu as affaire à un système de cryptage clé publique, clef privée.
    Impossible à casser, sauf à dire exactement les bons mots-codes envers et pour la personne-cible.
    Il faut au choix, une motivation énorme pour résister, ou bien une déchirure terrifiante.
    A fortiori si tu déshumanises tes pairs, en apprenant à faire d'eux des outils.
    Cool. Que font les démocraties occidentales de leurs immigrés ? TOUTES ?
    Entre l'amour passion et la haine, le sentiment/carburant est le même, comme tu sais.
    Seul le référentiel bon/mal change. Le point d'appui moral.
    Change-le/Brouille-le/trompe ta cible, ou pire, présente ça comme une vérité perceptible, mais cachée, puis prouvée certifiée, tout comme le F.N présente des vérités première totalement fausses, et regarde le résultat ?
    Combien de temps faut-il pour désamorcer une « vérité » « paris match » du F.N ?
    Le temps que tu démontres, la salle est vide…
    Les gens veulent de l'instantanéité, le considérant comme un droit. Songes-y.

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    1. Oui, je sais que ce sont deux facettes d'un seul et même combat ^^' Mais en fait ce que je voulais dire ce n'est pas qu'il faut arrêter la guerre physique au bénéfice d'une seule guerre psychologique, mais que j'ai l'impression que l'on met complètement de côté la guerre psychologique et que l'on attend le bout de la chaîne (le moment où les soldats de Daesh viennent nous embêter) pour agir, comme si on était au bout d'un tunnel et que l'on se contentait de taper les gens qui entrent en file indienne, tu vois ce que je veux dire ?
      Pour moi une opération extérieure c'est quand on envoie des soldats en Syrie par exemple :)

      Certes, mais quand je parle de contre-propagande je caricature en disant "leur dire que c'est pas bien" : je pense à une réelle contre-propagande avec tout ce qu'implique le mot propagande, en fait.

      Dans ce cas c'est un combat que l'on ne pourra pas gagner (contre Daesh comme contre le FN), parce qu'on ne peut pas désamorcer dans l'instant... ou alors il faut remonter, là encore, comme le disait Gwen, bien plus haut et tout de suite (ici en luttant contre l'instantanéité (la fille qui dit ça comme si c'était simple xD) mais avec internet et les réseaux sociaux, revenir en arrière est quasiment impossible à moins de faire une vraie campagne de pédagogie pour dire que l'instantanéité n'est pas forcément gage de vérité et de qualité).

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    2. *Gentiment* Opération extérieure= mission de combat. Lire, guerre. Dans une vraie mission de combat, parfois, on meurt: reformulé: tu es prête à accepter combien de morts dans ta famille pour gagner ce combat? A accepter que ton mec se fasse descendre en mission et ne rentre pas? :)Ou tu n'es pas concernée? :)
      Mourir pour des idées, d'accord! Mais de mort lente, ça t’évoque quelque chose? :)
      Voilà les enjeux. Des VIES. :)
      Tu n'as pas de respawn, et tu en parles comme si un cousin ou un frère mobilisable en cas d'urgence réelle n'était pas concerné? :)
      Ou moi, d'ailleurs, si j'y pense. :)
      Une guerre modifie les règles du temps de paix, tu sais? Cela a déjà commencé.
      Qu'est ce que l'état d'urgence, si ce n'est un levier pouvant modifier la constitution?
      Théoriquement, à part une retenue morale, qu'est ce qui retient un gouvernement de le faire? Réfléchis-y. Et réfléchis aux scores du F.N. Que cherche Daech? Le conflit. Qui est prêt à le lui fournir?
      Où sont nos avions de combat? :)

      Oh, mais c'est déjà le cas. Mais tu n'as pas tant que ça de spécialistes du moyen-orient,tu sais? ^^

      Tu peux gagner ce combat, mais ça exige beaucoup d'intégrité intellectuelle et politique, ainsi qu'une ligne claire, non fracturée, pour limiter les pertes, inévitables. En d'autres termes, du courage, et une connaissance certaine de ses forces: et comme une guerre tue, il y aura d'autres morts.
      Inévitables. Cela peut être moi, demain, ou toi.
      Pas un souci de média, Melgane: à chacun ses spécialistes: mais un souci de facteur temps, que je soulignais simplement. Arriver à démontrer qu'un "yaka" n'est pas une option avec une série de contre-exemple ou une simple phrase pourrait être un embryon de solution.
      Malheureusement,pour ça, il faudrait qu'on arrête de confondre information et connaissance?
      (Cf la pétition d'Anglais pour l'épreuve A?)

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    3. Oui, quand on envoie des soldats donc :) Evidemment que c'est pas pour prendre le thé avec le Chapelier Fou ^^'

      Facteur temps déterminé par notre consommation des média quelque part. On consomme l'information dans la frénésie, on ne parle jamais d'un sujet dans les JT plus de 2 semaines grand max. On veut l'information tout de suite quitte à ce qu'elle soit fausse parce que l'on veut du buzz et que parfois même les journalistes eux-mêmes ne prennent pas le temps de vérifier.

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  7. 2/
    Question de cohérence et de vitesse de frappe. Après n arguments allant dans un sens, il suffit qu'un doute raisonnable s'empare de la cible. Et là… La clef se « scelle », le cryptogramme est en place.
    Le système philosophique de la cible, verrouillé. A moins de donner le mot-code exact, terminé.
    Souhaiter la paix requiert plus d'énergie que vouloir la guerre, comme tu sais.
    Pas UN militaire qui a vu le feu en combat réel n'a envie d'y retourner. Crois-moi ! ^^
    La guerre paraît belle, à celui qui l'ignore, disait une personne que tu reconnaîtras.

    Nous sommes responsables de la naissance de Daech, mais pas coupables. C'est la nuance.
    Tu veux des résultats réels, profonds ? Impôts+ présence sur le terrain de 30 ans.
    L'argent ne tombe pas des arbres. Il y a quoi l'an prochain, en 2017, rappelle-moi ?

    Que sont les réfugiés, si ce n'est des non-personnes, de modernes gladiateurs que l'on sacrifie froidement ? C'est à la télé : ce n'est pas « réel ».
    Les personnes arrivants sont considérées comme perdues d'avance, cela devient un jeu, pas un enjeu. Passera ? Passera pas ?
    Comme si c'était drôle.
    Comme si les femmes que l'on nous présente, si elles sont seules, avec leurs enfants, n'avaient pas été quasi-systématiquement violées, pour les jolies, et rackettées, pour pouvoir s'offrir le passage.
    Comme si ça n'avait pas été le sort de certaines des gamines que tu verras. Regarde les yeux.
    Tu sauras. Tu sais ce qu'est un « récit de vie » ?:)

    Comme si l'on était impuissants.
    Comme si l'on était dans l'incapacité de choisir entre cent/mille/ vingt mille réfugiés, et douze mecs qui chacun est présenté comme « valant plus » individuellement qu'un seul réfugié, courant derrière un ballon. Étonnant, la sélection mentale qu'on en vient à faire. Et c'est délibéré, effrayant.
    Pourquoi donner tort, après tout ? Nous le faisons. C'est exactement ce que nous faisons.

    Que se passe-t-il dès qu'il est question de contre-pouvoir réel, depuis la mise en place de l'état d'urgence ? Tu veux la vérité ? :) Qu'on parle de la loi travail, de l'article 49-3 , de la nuit debout ?
    Parlons-en. Élargissons le débat, je me plante sûrement, je ne suis qu'un dragon qui regarde le monde des hommes, hein. .:)
    Parlons force militaire, aussi, tiens : tu sais combien de temps des unités de combat d'infanterie peuvent rester opérationnelles sans roulement/repos ? Tu veux réellement savoir ? :)
    Où sont nos troupes au sol ? En Syrie ? En Irak ?
    Sur les territoires de Daech ? Ou bien ici ? Pourquoi ?
    Une guerre se gagne uniquement sur le terrain, et pas avec des idées seulement.
    Et une guerre, moderne, comme antique, se gagne avec des morts.
    Seulement des morts. Seulement, les morts, pour nous... Ce n'est plus « normal ». Pas vrai ?;)

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    1. Je crois que si, en ce moment, on ne parle pas des réfugiés c'est parce qu'il y a l'Euro, donc il ne faut pas donner une trop mauvaise image de la France (raison pour laquelle on peint les pelouses...) (raté, mais tenté quand même). Mais il y aura toujours quelque chose de plus important à raconter pour les journalistes (on ne parle jamais d'un sujet plus de deux semaines grand grand maximum, une information en chasse une autre) et pour les gens lambda... Je crois que dans ces temps-là on n'a pas envie de penser à la misère des autres, c'est malheureux d'ailleurs...

      Je veux bien savoir mais je crains la réponse !

      Une guerre se gagne avec des morts mais on parle de plus en plus de guerre propre, étrangement...

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    2. J'ai dû louper un truc: je pensais candidement que la liberté, la fraternité et l'égalité étaient universelles.
      Va falloir que je revois l'humanisme pour les nuls. :)
      On me fera pas gober qu'une victime de guerre est un terroriste, à fortiori quand ils recrutent les personnes dans les pays ciblés (dur de tuer ton cousin/ami d'enfance, guerre civile, tout ça), pas les pays ravagés, mais je comprends la carte risque zéro du gouvernement.

      Entre comprendre et valider...

      Approuver, c'est autre chose.

      Valable pour toute unité de combat en situation d'alerte renforcée: quelques jours.
      Après les perfs chutent. :)
      Cela n'empêche : cela dissuade, et plus qu'à raison. En situation de combat, un terroriste SERA abattu avant d'être en position d'atteindre ses nouvelles cibles. Un FAMAS, ça reste un FAMAS, et une balle, une balle.
      Et ça tue.
      La logistique, ça pousse pas sur les arbres, et les RH non plus!

      Le concept de la guerre propre, j'connais! J'connais! C'est Alexandre de Macédoine qui l'a utilisé pour la première fois! Il balançait les pestiférés des villes qu'il assiégeait sur les défenseurs! Monsieur propre!
      Mets toi à sa place: il voulait pas de bo...*** dans son camp! Plus moyen de faire un siège correctement!

      Bon: vanne mise à part: faudra m'expliquer en quoi le rayon létal d'une explosion a changé depuis l'invention de la poudre. La degré de précision ne change pas le rayon, que je sache?
      J'ai dû louper un truc. Fondamental. """-_-

      (Pour le reste, cf précision des F-117 "Nighthawk", bombes "intelligentes" et amalgame entre précision et dommages collatéraux civils. Bagdad. 1991. Première guerre du Golfe. Incompatibilité avec les efforts des pilotes d'atteindre les bonnes cibles? Zéro.)

      La guerre propre est plus médiatique qu'une vraie guerre. Oups?
      On parlait de propagande?
      Chacun la sienne. Oui, c'est une guerre. :)
      Et on fait ce qu'on peut. :)

      Je crois. ^^

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  8. 3/
    Et tu sais le plus beau ? Daech le sait, nos gouvernants aussi.
    Et les deux tirent les marrons du feu, paradoxalement : pour les uns comme pour les autres, affaire de pouvoir. Daech n'a pas les moyens de lancer mille assassins, et ils le savent. De plus, leurs ressources humaines sont ce qu'elles sont, hein. Pas assez de cellules, trop de surveillance.
    Ils ont affaire à une très sérieuse offensive terrestre, même si la ligne de front ressemble à du gruyère. Nizarites, je te dis.

    Je n'ai pas de réponse, et tout ceci n'est pas une attaque, donc relax. Je m'interroge. ;)

    On a quoi en 2017, déjà ? Les élections américaines sont quand, rappelle-moi ? Celles d'Autriche étaient quand ? Tu réalises seulement que nous sommes en guerre, que là où tu débats, des personnes cessent de respirer, noyade, viols, meurtres par balles, tortures, que la guerre tue, et pas seulement ceux en face ? ;) Et ce que ça signifie réellement ?:)
    Combien en ont seulement conscience ? Se souviennent ? Savent ?
    L'ont déjà vu autrement que par médias interposés ? Sont allés chercher l'horreur de leurs yeux ?
    Ont cherchés l'empathie, dans des yeux morts ? A comprendre ? Juste comprendre ?
    Connaissent la lutte pour seulement pouvoir boire, manger, s'abriter, quand d'homme, l'on est revenu à un statut d'animal devant évoluer pour survivre ? :) La guerre avilit, Melgane. Beaucoup.

    Je ne sais pas quand la guerre réelle est (re ?)devenue un combat de gladiateur, Melgane, rien de plus, pour nos sociétés. Je ne sais vraiment pas. Tu sais quoi ? C'est effrayant.

    Difficile de prendre au sérieux une guerre qu'on nous présente comme un Kho-Lantha, quelque chose pouvant être réglé avec des Rafales, et que si peu de choses changent ici, tu ne crois pas ?:)

    Certains mots sont si justes : https://www.youtube.com/watch?v=nRleElukwoM

    Tu sais quoi ? Je n'ai pas de réponse.
    Juste des questions.

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    1. C'est parce qu'ils n'ont pas les moyens qu'ils envoient des terroristes tout en formant des enfants au maniement des armes. Ils misent sur le futur !

      Ah mais je ne prends pas ça comme une attaque, loin de là ! C'est intéressant ! Et puis ça serait quand même culotté de prendre ça comme une attaque alors que c'est moi qui t'ai encouragé à donner ton avis ! x)

      Je ne réalise pas maintenant que nous sommes dans un certain type de guerre (encore heureux) mais je réalise maintenant que les solutions proposées ne prennent pas en compte le volet psychologique de la guerre.

      Si, je crois. Mais, déjà, si l'Europe daignait se réformer ça pourrait peut-être apporter un (petit) (minuscule) élément de solution : pas de membre permanent du Conseil et, en tout cas, pas de droit de veto, une voix pour tout le monde : pas de blocage de la part de la Russie. Ça ne changera peut-être pas grand-chose, mais ça sera déjà ça.

      Je vais dire un truc complètement naïf et le pire c'est que je vais sauter dedans avec mes gros sabots et sans aucun regrets : accueillir les réfugiés ne serait pas si compliqué que ça... On a des villages qui se vident (quelqu'un avait fait cette proposition d'ailleurs), on a, parmi les réfugiés, des médecins (et on a des déserts médicaux), des profs, des gens tout à fait aptes à travailler, à gagner leur vie ici au lieu de se faire (mal) assister. Evidemment, ça demande un petit effort de base pour leur apprendre le français, mais l'échange au bout serait tellement enrichissant je pense... Même si certains ne veulent absolument pas venir en France et sont piégés ici. Justement ? Ne serait-ce pas mieux, au lieu de dire "mais de toute façon ils ne veulent pas être ici" faire en sorte qu'ils nous trouvent mieux que l'Angleterre ?

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    2. Il y a un problème de logistique qui rentre en ligne de compte, oui.

      On ne m'a pas surnommé "Dragon" pour des prunes, même si je fais partie des souples, voilà pour le "je n'attaque personne". :)

      Toucher à la politique de l'Europe, c'est toucher à son système économique. :)
      Pour l'O.N.U, remettre en cause le système du conseil de sécurité, c'est rendre plus difficile la gestion de quantité d'autres points qui ne concernent pas la guerre: aide aux pays, réchauffement climatique, soutien en cas de sinistre... Sans compter que tu déverrouilles le plein libre arbitre de pays ayant tous l'arme nucléaire, ainsi que des intérêts géopolitiques qui ne sont pas toujours compatibles avec le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Problématique. :/

      Ce n'est pas naïf. C'est noble, mais la noblesse est une des premières choses qui tombe en temps de guerre: et le gouvernement est face à une problématique majeure: s'il régularise en bloc ces réfugiés, la raison morale profonde pour laquelle il n'en régularisait pas d'autres auparavant, présents depuis plus longtemps, tombera. Régulariser est un parcours du combattant, et contrairement à une légende urbaine, est très difficile.
      Ajouter à ça que la destination de beaucoup n'est pas la France: rien contre le pays: mais la famille est en Angleterre ou bien déjà aux states.
      Pour ne parler que de localisation géographique.:)

      Régulariser est très difficile: crois-moi. :)
      Le taux d'échec des demandes frôle le 80%.
      Pouvoir discrétionnaire des préfets, qui ont leurs consignes. :)
      Sans même parler d'autres choses. :)

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  9. Pour élever le débat:
    http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/06/21/ces-etudiants-qui-mettent-la-langue-de-moliere-a-portee-de-tous_4954521_4401467.html
    ++. :)

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