jeudi 2 juin 2016

Écrire pour soi

Bonjour !

En pensant au titre de cet article j'ai eu une vague impression de déjà-vu, mais comme je n'ai pas retrouvé d'article sur le même sujet je pense que j'ai dû l'écrire sur le blog précédent (ou alors c'est que je suis un boulet). Quoi qu'il en soit ça fait maintenant plusieurs jours là encore que ça me trotte dans la tête et que j'essaye de construire un argumentaire logique sans m'emmêler les pinceaux et partir dans tous les sens tant j'ai de choses à dire.

Mon problème c'est que, auteurs en herbe comme blogueurs, trop de personnes s'inquiètent de ce que veulent les lecteurs. Et moi, ça, ça me tue.

Depuis que j'ai lancé le projet de recueil commun de contes (qui va lentement va sûrement, comme dit le proverbe), je suis inscrite sur un forum d'écriture dans lequel il y a une partie dévolue aux questions autour des problèmes de constructions, pour que chacun puisse obtenir un peu d'aide. Et certaines questions m'ont laissées... pantoise. Par exemple cette personne qui demandait jusqu'à combien de personnages elle pouvait mettre dans son roman, ou cette autre qui voulait savoir quel style d'écriture plaisait aux lecteurs, cette autre encore qui voulait savoir combien de pages elle devait faire pour un chapitre d'introduction, ou cette dernière qui cherchait absolument à faire original et à laquelle j'ai répondu qu'il fallait plutôt chercher à raconter l'histoire dont elle avait envie.

Depuis un an je suis aussi inscrite à un groupe Facebook sur l'écriture où, de la même manière, on peut poser des questions, s'entraider, etc. et, l'autre jour, un membre a dit ceci : "j'aimerais bien qu'on lance des débats sur les questions qui touchent la lecture afin d'apporter des conseils sur ce que les lecteurs cherchent ou ne cherchent pas dans les romans aujourd'hui". Heureusement que j'étais assise (j'exagère, je sais :P). Je suis absolument effarée !

Les lecteurs ne cherchent rien d'autre que de te lire toi, de lire ton histoire, de lire ce que tu as envie de raconter, les lecteurs veulent être surpris, les lecteurs veulent des policiers, de la fantasy, des romans de gare, des thrillers, de l'épouvante, de la romance, du classique, des vampires, des chatons, des histoires d'amour, des voyages, la mer, le désert, la montagne, des filles, des garçons, des dragons, des inspecteurs, des supers héros... Les lecteurs veulent tout ! Si vous voulez raconter une histoire avec vingt personnages faites-le, la seule chose à laquelle il faudra bien faire attention c'est de faire en sorte que l'on sache toujours où ils sont et/ou ce qu'ils font. Les lecteurs aiment tous les styles d'écriture, les lecteurs veulent être surpris, touchés. Il ne faut pas s'inquiéter du nombre de pages de votre chapitre d'introduction : vous devez écrire la quantité dont vous avez besoin pour raconter ce que vous avez à dire.

La problématique est la même pour les blogs. Bien trop de fois j'ai vu dans mon fil d'actualité sur Hellocoton des questions comme "qu'est-ce que vous voulez voir sur le blog ?" ou "j'ai deux idées d'article : un tuto beauté et un article humeur, vous voulez lequel en premier ?". Hein ? M-m-mais ?! Qu'est-ce que je veux voir sur ton blog ? Ben ce que tu veux bien partager avec moi, pardi ! Quel article je veux lire en premier ? Celui que tu veux écrire en premier, celui qui te fait le plus envie, ou celui pour lequel tu as du temps, évidemment ! Quelles drôles de questions...

Je sais ce que vous allez me dire : oui mais parfois j'ai pas d'inspiration, c'est pour ça que je demande. Certes. Mais entre "que voulez-vous voir ?" et "je n'ai pas d'idées, est-ce que vous avez des choses à me proposer ?" il y a un monde : la première question inclue l'obligation de répondre à la demande alors que la deuxième sont justes des propositions. Ce n'est pas pareil...

Nous ne sommes pas des exécutants, nous sommes des créateurs, des créateurs d'histoires ou des créateurs de contenus. Ce n'est pas aux lecteurs de vous imposer quoi que ce soit. Évidemment ils peuvent faire des propositions, dire "j'aimerais bien un article sur ça, ça serait sympa" mais vous n'êtes pas obligés d'obtempérer. Ce n'est pas aux lecteurs de décider de ce qu'ils veulent voir, c'est à vous de créer, de proposer.

Je vais prendre l'exemple de ces livres où, en fin de page, on vous donne plusieurs propositions de suite et où vous choisissez ce que feront les personnages. Oui, le lecteur choisi s'il veut que le personnage utilise un miroir pour quitter la pièce ou s'il saute par la fenêtre mais il ne crée pas de troisième proposition. C'est l'auteur qui a créé les propositions, qui fait une offre, mais pas le lecteur qui demande. Le lecteur ne crée pas l'histoire dans ces cas-là : il l'agence seulement comme il veut. Vous voyez ce que je veux dire ?

"Des conseils sur ce que les lecteurs cherchent". C'est idiot. Les lecteurs veulent de la nouveauté, ils veulent être surpris, pas lire quelque chose qu'ils ont déjà lu. (Et encore, même là on ne peut pas faire de généralité : parfois une histoire doudou, où on sait comment ça va se terminer, une série télé un peu niaise, ça fait du bien !)

Quand Twilight est sorti plein de livres sur les vampires ont suivi : une fille qui rencontre un beau ténébreux se révélant être un vampire. La barbe ! Les lecteurs ne veulent pas vingt-cinq fois le même livre, ils ne veulent pas de quelque chose de normé. Ils veulent de la nouveauté. Et puis écrire selon ce que veulent les lecteurs pose deux problèmes : en suivant la majorité on exclue la minorité qui ne pourra donc pas trouver son compte et on se compromet.

Par exemple, moi, je n'aime pas les romans au présent en narrateur interne alors que tout le monde dit qu'on s'identifie mieux au personnage principal. Je n'aime pas. Je préfère le passé avec un narrateur omniscient, je m'imagine mieux l'histoire, je suis plus à l'aise. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On arrête de publier des livres à "je" parce qu'une partie de la population préfère l'omniscient ? Ou on arrête l'omniscient parce que la majorité préfère l'interne ? Et le besoin artistique dans tout ça ?

Je parlais aussi de se compromettre parce que, encore une fois, nous créons. Nous avons notre pâte, notre style, alors plaire à la masse pour plaire à la masse c'est parfois aller contre nos envies, contre notre manière de faire. Alors où est le plaisir d'écrire ?

Si on demande à dix personnes d'écrire l'histoire d'un petit écureuil qui a perdu ses réserves de noisettes et demande aux animaux de la forêt de l'aider lorsque l'hiver arrive on aura dix histoires différentes alors même que la trame narrative est la même. Parce que l'on crée, que l'on a notre style, notre façon de raconter, que l'on va davantage accentuer certains éléments que d'autres... De même avec les blogs : deux articles sur le même sujet d'actualité par exemple ne se ressemblent pas forcément ! Il y a même de grandes chances que ça ne se ressemble pas !

Et, pour revenir à cette idée d'exclure une partie en voulant plaire à la majorité, si je ne devais écrire que des articles qui plaisent au plus grand nombre je ne publierais que des articles sur le féminisme ou sur la blogosphère. Mes articles sur le modèle des portraits chinois, dont ceux de la deuxième série tournent autour de trente-cinq pages vues seulement quand je suis à une moyenne de plutôt soixante pour un article classique passeraient à la trappe. À la trappe aussi les articles Au tour du monde (d'ailleurs je m'excuse pour les vidéos qui se lancent toutes seules, c'est embêtant) qui, excepté le premier parce qu'il y a eu un effet de surprise et curiosité, sont autour de quarante visites et seulement une petite vingtaine pour le dernier. À la trappe mon article sur la coiffure de Paul Pogba qui ne dépassait pas les quarante vues avant d'être sauvé par une sélection inattendue d'Hellocoton (et même là ça n'a pas été folichon : ce n'est pas un sujet qui attire) (pourtant il est super cet article ! :P). À la trappe mon roman. Et pourtant, ces articles, surtout ceux de la série Au tour du monde et celui de Paul Pogba, j'ai pris beaucoup de plaisir à les écrire, ce sont même ceux qui m'ont fait le plus plaisir ! Alors qu'est-ce que je fais ? Parce que ça ne plaît pas des masses, que ça n'arrive pas en sélection sur Hellocoton, je dois arrêter de les publier ? Parce que ce n'est pas plébiscité je dois arrêter de les écrire ? Ça n'a pas de sens ! Ce sont ceux que j'aime le plus !

À chaque fois que je lis une question du genre "que voulez-vous voir sur le blog ?" je répond la même chose : ce que tu veux partager. Il va falloir commencer à se mettre dans le crâne que les gens vous veulent vous, votre personnalité, ce que vous avez à raconter. Par exemple en ce moment j'essaye d'apprendre le mandarin et j'ai profité d'être en vacances pour m'y mettre sérieusement. J'ai prévu de faire un article en Septembre-Octobre pour raconter un peu comment je me dépatouille. Ce n'est pas du tout le genre d'article que j'écris habituellement. Et je me contre-fous de savoir si ça va plaire ou non, intéresser la majorité de mes abonnés ou non. Ceux qui seront intéressés liront l'article, ceux qui ne le seront pas l'ignoreront et puis c'est tout. Pourquoi se prendre la tête ?

Je veux vous lire vous ! Pas des articles que vous écrivez pour faire plaisir sans vous prendre du plaisir ! Ça vaut pour les blogs et ça vaut pour les histoires, les nouvelles et les romans, ça vaut aussi pour les illustrations, ça vaut pour tout : je veux vous voir vous, vos créations !

Qu'en pensez-vous ?
Vous pensez que j'aurais dû publier cet article ? ;P (mwaha).

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26 commentaires:

  1. Je fais partie d'un club de lecture justement pour ça : pour avoir l'occasion en tant que lecteur de découvrir quelque chose de nouveau, vers lequel je ne serai pas forcément allée spontanément ! En même temps, j'aime bien me tourner vers certains auteurs en sachant exactement à quoi m'attendre, car j'ai besoin de quelque chose de rassurant. Mais l'essentiel reste malgré tout que l'auteur s'amuse à écrire, sans se sentir obligé ! Et d'ailleurs, j'imagine que ça doit être plus agréable en terme de gratification si c'est le fruit d'un travail créatif spontané qu'une reconnaissance d'un devoir fait par sentiment d'obligation...

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    1. Effectivement je crois aussi que c'est plus gratifiant quand quelque chose plaît et que ça vient de notre personnalité propre, peut-être parce que ça touche plus l'ego, que c'est plus proche de "ils m'aiment moi" que quand les gens aiment quelque chose que l'on s'est forcé à écrire en suivant les codes et d'ailleurs je me demande si ça ne peut pas avoir complètement l'effet inverse comme de se dire "ils ont aimé parce que c'était cliché et revu, si je leur faisais lire un truc à moi ils n'aimeraient pas, je suis nul(le)".

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  2. Marie Kleber a écrit sur le sujet… une heure avant toi d’après Hellocoton : https://latmospherique.wordpress.com/2016/06/02/voyages-et-simplicite/
    Voilà. C’était juste pour répondre à ta question première.

    J’aime cet article, il rassure. Souvent je me demande si je dois continuer à faire « pour moi » (par là, entendre : ce qui me plait, ce qui me nourrit) ou pour la majorité afin de faire plus de chiffre. Je fais pour moi généralement, mais je culpabilise de ne pas faire vers la popularité. Et après tout, c’est complètement contradictoire, n’est-ce pas ? Car ce que veulent les gens —les lecteurs, les clients— lorsqu’ils vont vers nous, c’est nous trouver NOUS justement. Sinon, ils auraient été voir ailleurs.

    Tu fais des articles de niche (les portraits chinois, autour du monde) et puis des articles plus populaires. Ce ne veut pas dire que les articles de niche ne méritent pas d’être écrit, et tu as raison.

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    1. Oui, je l'ai lu :) Mais cet article je l'ai écrit avant-hier, quand je l'ai annoncé dans le même message où j'ai dit que j'allais écrire le dernier article des portraits :) Donc je n'ai pas copié son sujet ^^'

      C'est intéressant cette idée de culpabiliser de ne pas faire pour la popularité ! Ça soulève une vraie question ! Je me demande si ce n'est pas un peu lié au fait qu'on a l'impression que de plus en plus de gens cherchent leur quart d'heure de gloire, enfin... c'est une idée très intéressante, je trouve, ça soulève quelque chose !

      Si ça ne méritait pas d'être écrit, les blogs qui sont une niche à eux entiers devraient être supprimés... ça serait quand même dommage !

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    2. Je ne savais si tu avais déjà lu l’article ou pas. Je te l’indiquais simplement au cas où ça t’intéressait.

      Je suis d’accord avec toi : ça soulève une vraie question. Et c’est une question avec laquelle je travaille en ce moment alors ton article a donné un peu de grain à mon moulin. Je ne sais pas s’il y a un lien avec le présumé recherché quart d’heure de gloire. Ce que je remarque de mon côté c’est que j’ai l’impression que le travail qui compte, celui qui a de la valeur, c’est celui qui plait ou celui qui rapporte en monnaie. Il y a ensuite un lien logique qui apparait : plus il plait, plus il plait à un grand nombre je veux dire, plus il a de la valeur.

      Ecrire et que ça ne plaise pas ensuite à beaucoup de monde devient caduc.

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    3. Oh, d'accord, pardon, j'ai eu l'impression que tu sous-entendais que j'avais copié. Autant pour moi :/

      Un peu comme si notre devoir était de faire en sorte de produire quelque chose qui plaît et que si ça ne plaît pas alors les efforts fournis pour produire ne sont pas reconnus ?

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    4. Oui, pas reconnus et même vains. Pour continuer sur le thème de l’écriture, j’ai remarqué que lorsque quelqu’un dit : « J’écris » et que l’on se rend compte qu’il n’a jamais publié, ou que ce qu’il a écrit n’est pas très populaire, on a rapidement tendance à dénigrer l’activité.

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    5. Ah oui, je vois, comme s'il n'était qu'un pâle copieur, qu'il se rêvait artiste alors qu'il ne le méritait pas, qu'il n'était pas à la hauteur. Alors que si quelqu'un dit "je fais du saut à la perche" on s'en fiche s'il n'a jamais battu le recours du monde...

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    6. Je pense que tu as compris ce que je voulais dire. Je pense que cela vient d'une confusion entre "être" et "avoir". Enfin, c'est peut-être cela qui pousserait les écrivants ou autres créateurs à demander ce qui se fait, ou ce que veulent les lecteurs, de façon à être certain de ne pas faire seulement par ou pour eux-même et donc, par un biais de jugement de valeur, pour personne.

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  3. Bel article =) J'écris un roman aussi et au début j'étais un peu gênée car la construction de mon récit ne ressemblait pas à ce que j'ai pu lire jusqu'ici et j'étais là, à me demander "est-ce que ça se fait ? " ^^ Je trouve aussi qu'il y a une certaine pression, que ce soit en terme d'article de blog où de roman, pour être lu/e et beaucoup de personnes reprennent ainsi des sujets populaires, ce que je trouve dommage puisque cela entraîne une uniformisation alors que c'est justement notre individualité qu'il faudrait préserver =)

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    1. Ce questionnement de "ce qui se fait" est apparu sur le groupe FB aussi. La personne dont je cite le message a précisé ce qu'il voulait dire en disant en gros qu'il n'était pas question de se laisser dicter sa loi par les lecteurs mais que c'était intéressant d'avoir des avis pour "savoir ce qui se fait". Je trouve ça tellement dommage...
      Oui, c'est possible qu'il y ait une espèce de course à la popularité qui fait que l'on cherche à attirer des lecteurs et donc à faire ce qui plaît et reprendre les thèmes qui attirent. Et comme on le fait ce sont des thèmes qui gagnent encore plus en popularité et au final c'est sans fin !

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  4. Je suis d'accord avec toi, nous avons le pouvoir de création et autant le faire pour se faire plaisir mais je pense que c'est difficile car on a tendance à vouloir plaire aux autres, de se faire aimer, apprécier à travers nos actes. Ton article me plaît beaucoup et rappelle que nous sommes tous différents et intéressants à notre façon, selon notre personnalité, et c'est ce qui fait la richesse de l'humain.

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    1. Ton commentaire me fait penser à celui de Laetitia qui disait que ça devait être plus gratifiant d'être apprécié pour quelque chose qui vient de nous que quelque chose que l'on s'est senti obligé de faire et ça rejoint l'idée que l'on veuille se faire apprécier à travers nos actes, parce que finalement nos actes peuvent refléter notre personnalité alors forcément, quand quelque chose plaît, on est content, presque fier.

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  5. J'adhère totalement à tes propos. Nous devons rester nous-même quoi qu'il arrive et c'est en respectant cette honnêteté, que nous fidéliserons nos lecteurs. Mais il est vrai aussi que si c'est le succès que nous cherchons, nous devons "séduire" notre public et lui donner ce qu'il aime (du sensationnel, de l'étonnant, du drôle et de l'émotion)... Bref, le plus difficile dans tout cela est de garder un équilibre.

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  6. Débat intéressant.
    Pour apporter de l'eau à vos moulins, l'on retrouve la notion de créativité en sciences dites "dures", en termes d'équations.
    Ainsi que la beauté idoine.

    Autrement, à défaut de "pour" autrui, je crois sincèrement que le but est d'écrire "avec".
    C'est ton pacte avec le lecteur qui importe, tout médias et tout moyens confondus.

    Serviteur.

    Dragon.

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    1. Mais est-ce que justement en écrivant "avec" les lecteurs on ne modifie pas (dans le mauvais sens) ce que l'on souhaitait écrire au début ? Evidemment, si quelqu'un donne une idée et qu'elle nous paraît fabuleuse et tout à fait adaptée c'est du pain béni, mais si on prend toutes les idées à ne plus savoir qu'en faire... Ou alors je n'ai pas compris ce que tu as voulu dire ?

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  7. *Mince sourire* Bon, une fois n'est pas coutume, va falloir que je cause, et je suis homme de silence...
    Ok.

    Quel vision absolue... ^^ C'est d'un chou. :D
    Bon, on oublie l'impératif kantien cinq minutes? :P
    Le binaire, aussi, tiens? :P

    Sans aller jusqu'à être phagocyté par les suggestions, tu as un moyen terme, qui consiste à délimiter son pré carré en tant qu'auteur, tu sais?
    Le pacte avec ton lectorat, quel qu'il soit, sous-tend l'écoute. L'écriture devient ici échange.

    Écouter, c'est "prêter attention à", pas systématiquement "tenir compte de", ni "donner raison".
    Et c'est exactement ce que tu as fait dans ta réponse, d'ailleurs, with all due respect, comme disent les barbares... (les personnes de langue anglaise, au sens grec du terme. :P ;) ).
    Tu as écouté.

    Écouter n'est pas systématiquement cautionner.
    Encore une antinomie que les médias effacent.
    Si pratique. Si lâche, aussi. ...
    *Bref sourire* Navré.

    C'est à toi de poser les bornes des limites, pour paraphraser amicalement une autre blogueuse, blog où tu es intervenue récemment. ;)

    En tant que créatrice. En tant que personne humaine.
    En tant que volonté propre, et unique.
    Quel manque de confiance, de conviction, en tes propres forces, si tu crois qu'un avis peut changer la nature même de tes écrits?
    Tu as l'essence du message que tu veux transmettre: sa nature est inaltérable, comme de l'or.

    A toi de le protéger.

    Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus que de l'or dans ce que tu partages, qu'il n'est pas majoritaire dans l'alliage que tu forgeras, qu'il ne reste pas inaltéré, aka, non modifié.

    Trouver le bon alliage, c'est ton boulot.
    Sans te renier, ni renier ton lectorat.

    Sois prévenue: tu ne pourras jamais faire un alliage parfait, ça n'existe pas, tu en as une conscience aigüe, d'ailleurs, ainsi que ce que j'ai lu de nos pairs, ici.

    Ce qui répond au passage à ceux qui recherchent ce que "veulent" les lecteurs. Réponse: ça dépends, en fonction du temps et d'une tonne de paramètres.
    Combien de bouquins a-t-on apprécié, pour les renier ensuite? Fais le compte? Et pourquoi?

    Parce que la perception de l'alliage parfait, ce que l'on cherche dans un écrit, diffère selon chacun, au fil du temps et du vécu.
    Notre force, notre malédiction, quand on veut, en partage, toucher l'autre.

    L'écriture, c'est un échange, d'abord avec soi, intime, souvent quasi cathartique, puis immédiatement après, avec autrui.

    Et c'est toute la différence sémantique entre écrire "pour", et écrire "avec".

    J'écris avec toi, ici. Et j'ai dévoilé une fraction de ma véritable force, ce faisant.
    Mais pas "pour" toi. ;)
    Cet écrit, d'autres peuvent se l'approprier, si je devais élargir le débat.
    Songe-y.
    C'est donc un partage "avec" toi, mais pas uniquement, et n'altère en rien mon alliage, même s'il y a pacte, puisque tu as lue, et que ça a touché des choses en toi.

    Tu peux l'étendre à tes, et nos, autres écrits.

    Amicalement, je déteste avoir à (dé)montrer ça,

    Dragon.

















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    1. Non, pas que l'avis change la nature des écrits, mais que le fait de l'appliquer, ou de réfléchir dessus, peut un peu changer la trajectoire du fond de ce que l'on veut raconter.

      Oh ! OK, je comprends ce que tu veux dire ! Dans ce cas-là, oui, on peut écrire "avec" et c'est ce que l'on fait quand on confie le travail de plusieurs mois à des bêta-lecteurs qui font leur retour !

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  8. J'ai lu cet article y'a plusieurs jours mais il était tard et j'avais pas le courage de commenter. Après ça m'ait sorti de la tête, puis y'avait l'Euro. (Oui dans ma tête ça à commencé avant le commencement ahah)

    T'avais déjà fait cette remarque plusieurs fois déjà et je t'ai vu la faire sur des blogs aussi. Je suis d'accord avec toi, le principe de demander au lecteur ce qu'il veut me paraît carément absurde. L'impression que ça me donne (je parle des blogs pour le moment) c'est que la personne derrière n'a pas de réelle "personnalité" ou qu'elle n'a pas envie de se faire plaisir, de se créer son petit monde et le partager mais qu'elle rechercherait plus les statistiques, la performance, la popularité. C'est peut être ça le problème. Ça manque d’authenticité sur le long terme. Après on peut demander des avis, chercher de l'inspiration via les commentaires de ses lecteurs - parce que sinon l'échange ne sert à rien lui non plus (^^) mais le blogueur ou la blogueuse n'est pas une "machine" à articles qu'on télécharge presque à la demande. Sinon c'est pas drôle.

    Pour l'écriture je suis scotchée de ce que tu racontes dans ton article ! O.O Je ne pensais pas que la bêtise pouvait aller aussi loin. Et surtout, je me demande comment on fait pour écrire de cette manière ? Je veux dire, est ce qu'avant tout c'est pas quelque chose au fond de soi qu'on à envie de sortir ? Est ce qu'il ne faut pas l'inspiration ? On écrit juste pour écrire ? Comme un robot pré-programmé sur la tendance du moment ? Ça me dépasse !
    Ton exemple avec Twilight m'a amusé mais c'est criant de vérité ^^
    Les gens pensent à l'envers, je n'arrive pas à comprendre pourquoi ou comment on en arrive là. Et où est le plaisir au milieu de tout ça ?

    PS: La 1ère raison pour laquelle je ne lirais pas ton livre c'est que je suis incapable de lire sur écran. (Mauvais ménage avec les migraineuse, d'ailleurs je maudit l'invention de ebook)
    La 2e c'est que la lecture et moi ça à toujours été compliqué. Il me faut certaines conditions, et du temps parce que je ne peux pas faire trop de pauses quand je commence un livre. Je fais vite à "ressortir" de l'histoire et je mets aussi énormément de temps à y entrer.
    Bref. Ça fait 6 ans que 2 S.King prennent la poussière dans ma bibliothèque pour toutes ces raisons. Il faut vraiment que je les lise un jour, c'est des cadeaux en plus XD

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    1. T'as pas besoin de t'expliquer/justifier : tu commentes quand tu veux ! Quand t'as le temps ! Même si ça avait été dans 3 semaines, 3 mois, 3 ans, ou 3 matches de foot ! ;)

      Mais oui, je me tue à dire ça depuis... bientôt 5 ans (j'avais déjà commencé avec l blog précédent, c'est te dire ! xD).

      Je ne sais pas si pour les blogs c'est une recherche des statistiques... enfin pas que. Quand je fais mes réponses aux messages en disant "je veux voir ce que tu veux montrer" parfois on me répond "oui mais j'ai pas d'inspiration". Après, quant à savoir si la suite de la phrase c'est "j'ai pas d'inspiration pour faire plein de vue" c'est autre chose, mais je ne pense pas que ça soit la majorité des cas !

      Comme toi ça me dépasse ! Chez moi le processus d'écriture se fait de moi à moi, je ne parle pas de ce que je suis en train d'écrire si ça ne sert pas un argumentaire (pour répondre à une question posée sur le forum par exemple), je ne fais pas lire, je ne raconte pas, c'est limite si je ne vais pas cacher que je suis en train d'écrire (je préfère écrire quand je suis toute seule chez moi). C'est de moi à moi, ça ne regarde que moi... mais je crois qu'il y a des personnes très "scolaires" pour reprendre un terme utilisé par un membre du forum justement qui ont besoin de règles précises dans lequel s'inscrire (comme un nombre de personnages à ne pas dépasser). Je trouve ça tellement dommage de se préoccuper à ce point des règles... Les règles, en art, il n'y en a pas ! Alfred de Musset a écrit une pièce de théâtre (Lorenzaccio, super bien !) qui ne respecte ni l'unité de temps, ni l'unité de lieu, ni l'unité d'action, c'est un calvaire à mettre en scène (d'ailleurs il ne voulait pas que ça soit fait mais comme on est con, après sa mort, on a tenté de la faire jouer, enfin bref). Il ne s'est pas préoccupé des règles !

      Haha je te comprends ! J'aime pas non plus lire sur écran (et pourtant je prends mes cours à l'ordi, des fois faut pas chercher à comprendre xD).
      Mon problème, moi, quand je lis, c'est que, assez souvent, ça arrive que mes yeux parcourent les lignes mais que je pense à autre chose en même temps donc je dois recommencer... Comme je ne m'arrête pas de penser c'est handicapant parce que quand je lis je ne demande pas beaucoup de choses à mon cerveau alors mes pensées bondissent... Ça me le fait moins sur les mangas parce que les dessins occupent ma tête pendant que je lis x) Ou alors il faut vraiment que le livre soit très très très prenant ou que je sois un peu fatiguer pour pas pouvoir penser. Enfin bref x)
      6 ans ! Ben dis donc ! x'D

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    2. Je disais presque ça à moi-même en fait. Parce que si je ne fais pas les choses au moment même où je suis dedans c'est le risque que ça ne se fasse jamais ^^'

      On est tous confronté au manque d'inspiration, combien de fois je me suis dit depuis l'ouverture de mon blog "mince, je vais faire quoi pour mon prochain article ?!" (trop de fois même surement) Mais c'est pas pour autant que j'ai été dire "vous voulez voir quoi sur mon blog ?" Peut être parce que ça me paraît aussi étrange que toi de formuler ça comme ça. Ou pour ne pas dévoiler que parfois je ne sais pas trop ce que je vais faire sur mon blog xD (J'suis pas organisée du tout, je l'ai déjà dit ? Lol)

      Ça dépasse les règles et le côté scolaire, là c'est presque "qu'est ce qu'il FAUT écrire ?" c'est quand même absurde. Trop de conseils tue le conseil. Il faut aussi se faire plaisir à soi, sortir ce qu'on a envie de sortir. Si les artistes s'inquiétaient trop de ce que penserait le public on s'ennuierait bien ! Beaucoup de choses n'auraient jamais vu le jour ! (Comme l'exemple de la pièce de Musset) Et puis ça ne paraît plus être un processus d'écriture sincère et naturel.

      J'ai le cerveau tellement en ébullition que je me dis parfois que j'écrirais bien moi aussi, mais je me verrais pas pour ça aller "brider" ce que j'ai en tête avec un quota de personnages, ou autre débilités de ce genre.
      Et idem sur les blog, l'intérêt c'est d'avoir ENVIE d'écrire ce qu'on écrit. On ne va pas s'amuser à faire un article sur quelque chose qui nous déplaît juste parce que c'est la mode du moment ? (Sinon je suis mal barrée ^^')

      Arf je prenais mes cours à la main, old school power ! Mais ne serais-ce que lire des articles à la longue j'ai aussi du mal. C'est très désagréable de lire sur un écran x)
      MDR on est vraiment pareil sur ce plan, c'est pour ça aussi que j'ai du mal à lire et entrer dans les livre. J'ai parfois dût relire une même page des dizaines de fois à cause de ça ! Si j'ai l'esprit qui divague c'est mort - et ça me le fait aussi quand je dois rédiger mes articles. Pour ça que parfois ça me prends des plombes xD Mais ma concentration est limitée dans le temps, faut que je fasse des pauses sinon à trop être sur la même chose ça ne fonctionne plus lol.
      Ouais déjà 6 ans, ils sont plein de poussière. Mais depuis le blog j'ai encore moins de temps pour ça x')

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    3. Moi non plus je ne suis pas organisée DU TOUT et là ça fait 12 jours que j'ai pas écrit parce que je sais pas quoi écrire, que je regarde le foot, le Tour de Suisse, le foot, que j'essaye de me mettre dans la tête les caractères de mandarin (d'ailleurs j'étais trop contente d'en reconnaître certains sur la barre publicitaire pendant les matches de foot xD), et que du coup j'écoute presque pas la radio, je regarde pas les infos, donc je sais pas quoi écrire x)

      Tu prêches une convertie ! ;)
      Le pire du pire du tue-l'inspiration c'est tous les conseils d'organisation type "faites des fiches de personnages" "faites des cartes de vos mondes" "faites des plans détaillés, par chapitres". Mais si moi je fais des fiches de personnages et des plans par chapitre je me flingue mon inspiration ! Laissez-moi bosser en paix ! C'est fou... Et après t'as des gens qui s'inquiètent, qui disent en gros, pour schématiser, "j'ai tout bien fait comment on m'a dit et ça marche pas, j'y arrive pas"... grrrrr.

      Ouiiiii écrit, essaye, tu vas voir c'est chouette ! :)
      Ah oui, plus mal barrée que toi ce serait dur à trouver x) En fait, les gens se plaignent que les marques envoient des mails avec des "instructions pour écrire l'article" (même pas "conseils" (genre pour le référencement) non-non : instructions !) mais ils suivent le même principe en demandant "que voulez-vous voir ?" aux lecteurs...

      Pour rédiger ça va parce que je suis bien concentrée, je suis en mode "développement d'une idée alors ne me coupe pas la parole espèce de malpropre" x) Mais c'est aussi arrivé une ou deux fois que je m'arrête pour vérifier un truc et que de fil en aiguille je revienne à l'article qu'une heure plus tard x'D
      Lance-toi un défi genre "une page par jour" x)

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    4. Navré de poser mon mufle, les filles.
      Mais il y a UN cas où l'on écrit "POUR" quelqu'un, et encore moins qu'"AVEC".
      J'y ai pensé que maintenant (j'ai le cerveau lent) mais c'est quand on fait un CADEAU.

      Là, c'est un cas si particulier que l'on peut retrouver ces conditions.

      Dans le cadre d'un univers qu'on crée "pour" une amie, par exemple. On lui demande son avis, et elle choisira les ingrédients: mais c'est comme de la cuisine. C'est nous qui cuisinons, au final, même ainsi.

      Ou dans le cas où l'on écrit un conte pour quelqu'un qu'on aime/a aimé.
      Merde, je redeviens humain, moi. *Grogne*
      (La première qui me sort que j'ai fait cette connerie, hein, bon. )
      Autrement, deux métavers sur lesquels je bosse, et je finis le tome 1 (700 pages+, 240~ personnages)du premier.
      Soucis de structure, j'essaie de mettre tout ça à niveau, parce qu'en 8 ans, le style d'écriture change.

      Au début, j'écrivais "pour".
      Jusqu'au jour où l'on m'a collé le marché clef en main: "Bon, maintenant, tu tiens quelque chose, alors soit tu l'écris, soit je te laisse!"
      Un des plus beaux savons de ma vie. :D
      O tempora, o mores. :P

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    5. Ne soit pas navré, c'est tant mieux ! :)

      Oui, évidemment, mais dans ce cas c'est comme les illustrateurs qui prennent des commandes !

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  9. Voilà. A toi de préserver la nature même du message, c'est ton boulot. Les autres peuvent donner un avis mais il doit être, et rester, strictement consultatif.

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  10. Il me faudrait beaucoup plus de temps pour me lancer dans l'écriture.

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