jeudi 14 avril 2016

Éduquer le regard

Bonjour !

On passe notre temps à dire qu'il y a du sexisme dans notre société, que les femmes ne sont pas égales aux hommes, que ce n'est pas bien et on veut des lois, on veut que les législateurs fassent leur travail et je me demande si on ne fait pas les choses à l'envers. D'une manière générale je n'aime pas trop les lois, je pense que c'est assez contre-productif de tout interdire tout le temps, de tout légiférer, et que l'on ferait mieux d'agir d'abord sur les consciences. Et je crois que ça vaut aussi pour certaines choses du féminisme.

Le problème des inégalités entre les hommes et les femmes est un problème qui naît de l'imaginaire commun que l'on a des hommes et des femmes. Déconstruire l'image des femmes c'est déconstruire aussi en même temps celle des hommes qui pourront donc pleurer sans se voir insulter de tapette. Et je crois que certains problèmes qu'englobe le sexisme viennent d'un problème de regard, du regard que posent les hommes sur les femmes mais aussi du regard que les femmes posent sur le regard posé sur elles par les hommes (vous me suivez toujours où je vous précède ? :P).

Je crois que l'on est dans un rapport femmes-hommes très similaire à un rapport proie-prédateur. Ce qui m'a fait penser à ça c'est un article de KroNiqueuse sur le voile. Elle rappelle que le voile "marqu[e] la pudeur féminine face à une sexualité masculine dite « difficilement contrôlable »". Cacher l'objet du désir pour ne pas avoir à affronter le désir. Mais notre société laïque d'Histoire judéo-chrétienne ne fait pas mieux.

Vous êtes allé voir, le mois dernier, l'enquête sur le viol en France ? Moi oui. A la question "personnellement, que pensez-vous des femmes qui sont violées dans les situations suivantes ?" et à l'entrée "des femmes qui se promènent dans la rue dans des tenues très sexy (jupe très courte, décolleté, etc.)" 27% des sondés déresponsabilisent le violeur (page 14). Alors on peut accuser l'islam d'avoir un millénaire de retard parce que les terroristes (qui ne sont même pas musulmans) et certains Etats cachent leurs épouses et femmes afin d'éviter de gêner ces hommes dont les pulsions sont difficilement contrôlables, mais ça n'empêche pas le fait que des personnes, en France, déresponsabilisent le violeur. Ça n'empêche pas le fait que l'ex d'une camarade l'empêchait de mettre une jupe au-dessus du genou parce que c'est trop court et que ça attire le regard. Ça n'empêche pas qu'à l'entrée "pour un homme, c’est plus difficile de maîtriser son désir sexuel que pour une femme" du sondage, 65% des femmes sondées aient été d'accord, soit quatre points au-dessus des hommes !

Israël Nisand, intervenant dans une émission il y a quelques mois sur Europe 1, disait que l'on est dans un système de "rentrez vos poules je sors mon coq". On apprend aux jeunes filles à ne pas trop se maquiller, on leur inculque de ne pas s'habiller trop court, à faire attention quand elles se baladent seules la nuit, dans le métro, à se tenir à un bras de distance des personnes qui leur paraissent dangereuses. Et, comme me l'a signalé June.W un jour sur un article et une prof lors d'un débat le mois dernier, on dit "se faire violer" et non "être violé". Ce sont aux femmes de faire attention, et non aux hommes de ne pas violer. Comme si l'on disait à un petit oiseau de vite-vite s'envoler dès qu'il voit un chat.

Ce rapport proie-prédateur influe sur l'éducation que l'on donne aux enfants mais aussi sur des problématiques actuelles. Ce rapport proie-prédateur sous-tend la question du voile. La libération des femmes c'est la libération de leur corps alors toutes les femmes qui cachent leur corps pour ne pas être la cible de regards sont forcément oppressées, comme si toutes les femmes qui portent des jupes ou des robes cachant leurs genoux y étaient forcées par leur compagnon. Je ne nie pas que des femmes sont obligées de porter le voile et que le contrôle de leur mari s'exerce en partie sur elle par ce biais. Mais n'est-ce pas trop facile de généraliser ? Les féministes, certaines du moins et dont je ne fais pas partie, veulent absolument dénuder des femmes, faire la monstration de leur corps, dans une société hyper sexualisée où le corps des femmes est utilisé et instrumentalisé pour faire vendre comme si l'on exposait des zèbres pour attirer les lions. N'est-ce pas un tout petit peu paradoxal ? N'y a-t-il pas plutôt quelque chose à faire se rapprochant du juste milieu ?

Ce rapport proie-prédateur certaines féministes le véhiculent, même ! Je pense ici au Projet Crocodiles qui dénonce les viols et autres agressions sexistes dans des BD où tous les hommes sont représentés en crocodiles. A savoir des prédateurs. La grande erreur d'après moi de ce Projet Crocodiles c'est de dépeindre tous les hommes sous forme de crocodiles et pas seulement les agresseurs et les criminels. Tous. Comme si tous les hommes étaient des violeurs en puissance et les femmes leurs pauvres victimes. Je trouve ça d'un triste... comment voulez-vous que les hommes deviennent massivement féministes si vous les insultez et les considérez comme des bêtes irrespectueuses de l'Autre ? Là où, d'après moi, le rôle des féministes est de casser et déconstruire l'imaginaire social autour des hommes et des femmes et de briser les stéréotypes et les clichés, elles tombent en plein dedans et les véhiculent... Un pas en avant, deux pas en arrière.

Je crois que la clef c'est d'éduquer le regard des hommes. De ne plus dire aux jeunes filles et femmes de faire attention, de ne pas s'habiller trop court, mais de dire aux jeunes garçons qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, que les femmes ne sont pas des trophées, des prises de guerre, qu'elles méritent le respect. De discuter sur le consentement. Je vais reprendre l'exemple de cette question posée par un collégien à Israël Nisand : "mais monsieur, si la meuf elle veut pas est-ce qu'un pote peut la tenir ?". Elle ne veut pas tout dire cette phrase ? Il pose la question sérieusement, il ne voit pas la question du consentement. Et, à côté de ça au contraire, les filles, qui regardent moins de pornographie et rêvent davantage du prince charmant (c'est un fait, pas un cliché), vont être complètement perdues. Lors de l'émission où cette question été rapportée _ je l'ai déjà raconté sur ce blog _ le chroniqueur était allé sur un forum d'adolescents. Une jeune fille dont le copain voudrait essayer la sodomie se voit répondre qu'elle doit faire plaisir à son copain, et une autre qui n'aime pas le sperme se voit répondre de se boucher le nez et d'avaler. Voilà.

La proie. Le prédateur.

Tant que la société ne changera pas de voie, ne changera pas son discours, on pourra faire tous les spots publicitaires que l'on veut contre le viol : rien ne changera parce que l'annonce de prévention diffusera un message contraire de celui du cadre dans lequel elle évolue.

Ça me fait un peu penser à une expérience que j'avais vue dans une émission de National Geographic. Ils avaient introduit dans un groupe d'acteurs la personne test et avaient diffusé un questionnaire. Il fallait par exemple dire lequel des bâtons A, B, ou C avait la même taille que le bâton de l'exemple. Tous les acteurs donnent une mauvaise réponse. La personne de l'expérience essaye d'abord de les raisonner mais, dans la grande majorité des cas, elle se range à l'avis de la masse. Là où je veux en venir c'est que les campagnes de préventions propagent un message minoritaire dans notre société et donc ne changera, globalement, rien du tout tant que n'y sera pas joint à un changement de message de la société elle-même.

Il faut changer le regard que les hommes (je généralise évidemment) portent sur les femmes. Mais aussi celui que les femmes portent sur elles-mêmes. A chaque fois je m'étonne quand une femme dit des choses sexistes mais je ne devrais pas ! Les hommes reçoivent le message proie-prédateur... tout comme les femmes. Pourquoi penseraient-elles différemment ? Pourquoi ne verraient-elles pas qu'il n'y a pas de sports de fille puisque la société montre l'image d'un corps féminin faible, plus frêle, qu'il faut cacher et protéger du regard des autres ?

Je crois vraiment qu'il faut changer le regard porté sur les femmes pour qu'on ne les empêche plus de porter des jupes au-dessus du genou sous prétexte que c'est trop court et attire le regard, sous prétexte que c'est une (chimérique) cause de viol. Il faut éduquer le regard pour détruire le rapport proie-prédateur que l'on a installé.

Qu'en pensez-vous ?

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6 commentaires:

  1. D'habitude je suis tout d'accord avec toi - quoi que sur l'article du terrorisme j'avais des points divergents aussi mais tellement pas envie de polémiquer sur ce sujet qui finit par me sortir par les trous de nez que je n'avais pas commenté.
    J’ai l’impression de tu englobes trop de choses différentes pour en faire un raisonnement lié et général. Sauf qu’il y a différents problèmes évoqués, qui certes, peuvent se faire englober sous une même thématique mais ne peuvent pas être solutionnés de la même façon. (Et n’ont rien avoir)
    Le problème du viol selon moi est bien plus profond que ça. Les personnes qui commettent ce genre d’acte ont un souci personnel bien plus profond qu’il faut « soigner » et je ne pense pas que ce soit bêtement une question de l’image de l’homme et de la femme telle qu’elle est vue (caricaturée, déformée ou autre) par la société. Il y a une expérience personnelle qui agît, parfois familiale, etc… c’est du cas par cas. Il à par exemple ceux qui violent leur partenaire/conjoint, un(e) inconnu(e), des enfants, etc… tout ça n’est pas à mettre dans le même panier.
    Et à côté de ça, il y a la pure bêtise inconsciente de légitimer le viol en disant « faut dire qu’elle s’habillait de manière trop provocante ». Je crois que la plus part des personnes disent cette phrase sans prendre réellement conscience de sa portée. En leur expliquant par exemple qu’ils viendraient de légitimer l’acte du violeur et donc, de le défendre lui, je suis sûre que la plus part ajouteraient que ce n’est pas ce qu’ils voulaient dire. D’autres vont réellement le penser j’imagine mais ça restera une minorité. Le viol reste un crime qui choque bien plus qu’un autre généralement.
    Alors okay le regard à besoin d’être éduqué mais ça ne résoudra jamais tous les problèmes. Pour les jeunes et leurs questions débiles je pense que ça leur passera avec l’âge, en rentrant dans la vraie vie. Ou tout simplement c’est une future génération de « détraqués » (lol). Les meurs évoluent constamment et ce qu’on considère comme banal, comme faisant partit de notre façon de vivre aujourd’hui – légitimement – était vu comme de la décadence quelques années auparavant.
    Le fond du problème c’est que le sexe est devenu un moyen de vendre, un produit commercial. Y’a qu’a regarder les clips d’aujourd’hui. Qui véhicule la femme objet ? La femme qui n’est qu’un corps qui s’expose et se comporte comme une chienne ? (Oui je suis crue) La Miley Cirus et j’en passe qui se mettent à quatre pattes devant un mec se secouant son popotin et qui – avec sa notoriété et la portée de ses gestes ou paroles – va engrainer toute une génération de fille à faire pareil. Parce que c’est ce qui sera « être cool ». Tant que des visages publiques continuerons de trainer la masse vers le bas ça n’ira pas. Tant que l’industrie fonctionnera comme ça ça ne changera pas Tant que sexe = argent on est pas sorti de l’auberge.
    Les Musulmans sont peut-être trop radicaux dans un sens, et les occidentaux dans l’autre. (à suivre...)

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    1. Je ne prétend pas que tous les sujets abordés peuvent être solutionné de la même façon, mais qu'ils ont un point commun dans la manière dont ils se posent (le rapport proie-prédateur) et que si on résout ce point commun on est en bonne voie, mais, évidemment, il faut une solution personnalisée à chacun des problèmes ! :)
      Evidemment que c'est bien plus compliqué ! Mais on voit bien, avec la question du jeune collégien par exemple, que le problème du "proie-prédateur" participe à ça ! Ce que ce collégien propose n'est ni plus ni moins qu'un viol en réunion ! Et il n'y a derrière ça ni pulsion malsaine d'un dérangé psychopathe ni des problèmes dans l'enfance, traumatismes etc.
      Je ne suis pas certaine... tu vois l'autre jour on regardait une série télé. La mère disait à sa fille collégienne qu'elle ne pouvait pas se maquiller pour aller au collège. J'ai dit sur le ton de l'humour "oui parce que bon, tu vois, ben si tu te maquilles on va te prendre pour une pute, et tu vas te faire violer, et ça s'ra d'ta faute". Mais ma soeur a répondu très sérieusement "je me maquillait déjà hein ! et il m'est rien arrivé encore... heureusement". Et même quand je lui ai fait la remarque elle n'a pas semblé prendre conscience qu'elle venait de légitimer un viol et de déresponsabiliser le violeur ! Donc je pense que certainement effectivement certaines personnes ne se rendent pas compte quand elles disent des choses de ce genre mais d'autres oui ! Et, surtout, la question posée dans le sondage est posée de manière à ce que la réponse soit sans équivoque possible !
      Non, non, je ne dis pas qu'éduquer va régler tous les problèmes, et puis éduquer, en plus, ça prend du temps !
      Donc avec ton exemple de Miley Cyrus on revient bien à la "proie-prédateur" : le sexe attire comme un troupeau de gnou traversant le Nil attire les crocodiles.

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  2. Mon pessimisme me dot que c’est un problème insolvable, que ce soit des lois ou des blablas c’est un changement qu’il faudrait opérer à trop grande échelle pour que ce soit réalisable.
    Et puis d’ailleurs le port du voile n’est pas lié au viol il me semble. Je veux dire, ce n’est pas pour empêcher ça. Mais encore une fois tu fais un parallèle maladroit dans ton article. (De mon petit point de vue de crustacé ^^)
    Il faut faire la part des choses entre la vraie vie et ce qu’on voit à la télé. C’est ça le problème de la jeune génération aujourd’hui : le virtuel.
    Et pour ce qui est du porno d’ailleurs (parce que oui je suis une fille qui en regarde parfois :-P) la mode est au « gang bang » c’est encore un problème. Encore quelque chose véhiculé par le virtuel. Les femmes sont de plus en plus dominée dans ces vidéos et même maltraités ! On les gifles en plein visage (pas sur la fesse, c’est has been) on les étrangle, et on se jette sur elle à plusieurs. Les jeunes regardent ça et se disent que c’est comme ça qu’il faut faire. Quand j’étais ado le porno n’avait rien avoir avec les images d’aujourd’hui. On a beau dire « ils ne sont pas bête, c’est juste des vidéos » l’importance des réseaux sociaux et du virtuel dans la vie des jeunes à prit des proportions effrayantes !!! Ils DOIVENT suivre le mouvement, se mettre à la page, être dans le coup. Si demain le selfie à la mode est de se tailler les veines sur une photos ils le feront tous pour gagner le maximum de « like ». J’exagère peut être un peu mais dans le fond ça n’est pas si éloigné de la réalité.
    Alors pour éduquer tous ces jeunes regards ne faut-il pas travailler sur le problème des réseaux sociaux ?
    Et parallèlement oui, ne plus dire des bêtises comme « sport de fille » etc… ce qui pour moi tient plus du langage, de son automatisme des clichés.
    Enfin bref, j’ai fait un roman et je crois que je n’ai pas vraiment dit ce que je voulais @.@ Ca m’énerve mdr.

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    1. Je pense que ce n'est effectivement pas réalisable à court terme, mais tu l'as dit toi-même : les mœurs évoluent et c'est à nous de les faire évoluer dans le bon sens !
      Si je fais un parallèle maladroit alors je vais de ce pas le corriger. Je ne dis pas que les femmes musulmanes portant le voile le font pour se protéger du viol (encore heureux) mais en revanche je dis qu'il y a la notion de protéger le corps du regard, que si l'on montre son corps on n'est pas assez dans la pudeur. Et que, le port de la jupe courte qui légitimerait le viol ramène aussi à cette question du regard sur le corps (d'où l'ex de ma camarade qui refuse qu'elle porte des jupes "trop courtes"). Si le corps est montré alors ces pauvres hommes victimes de leurs désirs et de leurs pulsions ne pourront pas se retenir et en plus il y a un jugement moral sur la femme qui serait impudique ! C'est ça que je dis et c'est en ça que je fais le parallèle. Evidemment est ajoutée au voile la question religieuse que l'on ne trouve pas dans le port de la jupe, mais dans les deux cas on trouve la question du regard sur le corps et le jugement sur la femme qui porte son vêtement.
      Je ne vois pas le rapport avec le virtuel ? :/
      Ils se disent que c'est comme ça qu'il faut faire, d'où la question du jeune collégien à Israël Nisand !
      Je crois effectivement que tu n'exagères pas tant que ça malheureusement ! Pas sur l'exemple mais peut-être sur les proportions, je pense qu'il y a quand même une part importantes de jeunes, et heureusement, qui ne suivent pas aveuglément les modes, du moins j'ose l'espérer !
      Oui bien sûr ! L'utilisation du réseau social, ce que l'on y voit, la question de l'anonymat qui permet plus de choses, l'esprit critique, mais aussi dans tout ça la question du regard, ce que l'on montre, ce que l'on cache...
      Au pire tu pourras toujours dire ce que tu voulais dire en répondant à mes réponses ;)

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  3. Hello Melgane,

    Je suis plutôt d'accord avec ton analyse. La phrase "l'annonce de prévention diffusera un message contraire de celui du cadre dans lequel elle évolue" est très juste.
    Et pour faire évoluer la société, lentement certes, mais pour pouvoir espérer un changement progressif, il faut d'abord analyser la situation.
    Comprendre les tenants et les aboutissants. C'est ce que tu fais avec ta théorie "Proie - Prédateur".
    Je la trouve d'ailleurs très intéressante:
    Les filles sont élevées (sans généraliser bien sur, mais simplifions le modèle) en apprenant à faire attention au monde, aux hommes, à se "protéger" etc..
    Les garçons, à l'inverse, ne s'entendent jamais dire "attention, les femmes peuvent t'agresser, tu dois te protéger, ne pas tenter le diable" etc.. mais plutôt, si les parents sont attentifs : "attention, tu ne dois pas te laisser tenter par les filles, tu dois les respecter etc.." (je schématise) Comme si cela n'allait pas de soit.
    Filles : proies victimes
    Garçons : prédateurs devant maitriser leurs pulsions

    Je ne sais pas si tu as vu cette vidéo qui est passée sur Youtube "Vidéo: Quand des étudiantes montrent les idées reçues effarantes sur le viol - https://www.youtube.com/watch?v=PHVNnh1CPYM".
    Cela rejoint en tout point le rapport sur le viol que tu as cité en début d'article.

    Je pense qu'il est possible de faire évoluer les moeurs, la société, l'image de la femme. Mais cette évolution devra se faire par une analyse complète des schémas de pensées actuels, et des croyances limitantes qui en découlent.
    Il ne suffit pas de pondre tout un attirail de lois, textes, et campagnes de prévention pour avancer.

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    1. Je crois que précisément pour ce cas on peut généraliser. On dit aux enfants de ne pas parler aux inconnus, de ne pas répondre quand on frappe à la porte, et on dit aux petites filles de faire attention. Un exemple tout bête : l'autre soir je suis allée au cinéma avec une amie. On est sorti il était à peu près 22h. Son père est venu la chercher parce qu'elle habite un peu loin. Moi j'habitude à 5min à pied même pas. Il m'a proposé de me raccompagner et a dit "ce n'est pas dangereux ?". Est-ce qu'il se serait inquiété tu danger du quartier si j'avais été un homme ? Peut-être. Peut-être pas. Ca ne veut pas dire qu'il est misogyne ni rien du tout, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais il a pensé à mon intégrité physique peut-être parce que je suis une fille.

      Oui, j'ai vu cette vidéo l'autre jour. La jeune fille en brassière est provocante pas dans son attitude mais dans son habillement : c'est vrai que ce n'est pas la norme de mettre une simple brassière dans la rue, donc elle provoque la norme, les habitudes, et le regard pour déclencher quelque chose. Mais elle n'est pas provocante dans son attitude, et au final même son habillement est assez sage : elle ne montre pas plus que si elle était en T-shirt décolleté. Ou si elle était sur la plage. Et les réactions qu'elle obtient sont exactement celles attendues : non, elle ne mérite pas le viol, mais bon, quand même, il faut faire attention. Je trouve ça assez affreux... son vêtement ne justifie en rien que l'on l'agresse, physiquement ou verbalement.

      Non, surtout que les lois, textes, campagnes et compagnie risquent de crisper encore plus les gens en mode "mais qu'est-ce qu'ils viennent nous faire chier encore ?!".

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