mardi 1 septembre 2015

Les Jolies Plumes #7

Bonjour !

Chaque mois les personnes inscrites reçoivent un thème (si vous voulez vous aussi le recevoir vous pouvez le faire à cette adresse mail : latelierdesjoliesplumes@gmail.com) et cette fois-ci c'était : « Le sel sur la peau, des grains de sables coincés entre les doigts de pieds, un chapeau en paille ou bien un foulard dans les cheveux. Pour certains, c’est la définition parfaite des vacances. Pour d’autres, ce sont de grandes randonnées entres les massifs qui ne sont plus enneigés. Vous ou votre personnage êtes aussi en vacances. Mais que sont les vacances pour vous/lui ? A quoi se résument-elles ? Avec qui êtes-vous/est-il ? A-t-il vraiment des vacances ou en rêve-t-il juste ? Et si les vacances c’était aussi seulement s’échapper 5 minutes dans ses pensées lors d’une réunion ? ». J'ai eu un peu de mal à faire coller ça à la fantasy qui est ce que je préfère écrire mais j'ai finalement trouvé une idée :) 

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Assise en tailleur, nue, le dos droit, les bouts des doigts joints, les mains posées sur ses chevilles, ses yeux noirs fermés, Shoko ne pensait à rien, laissant l’eau glaciale de la cascade percuter sa peau laiteuse et immaculée. Ses cheveux collaient à son visage, une mèche blonde s’agrippait à l’aile de son nez, une autre lui barrait le front, mais elle ne les sentait pas. Elle avait créé le vide dans son esprit ; elle ne pensait à rien, même pas à l’eau froide parcourant son corps, accélérant le rythme de son cœur, rendant glissante la pierre sombre sur laquelle elle s’était assise près de deux heures auparavant. Elle faisait abstraction de ses sentiments, de ses troubles, et de ses sensations. Elle combattait paisiblement la morsure de la cascade. Elle ne pensait à rien. Aucune idée, même vague, abstraite, ne passait par son esprit, recentré sur le vide. La jeune femme n’avait qu’un seul but : apaiser son âme tourmentée par des dizaines de préoccupations ; par les bribes de son passé qui jaillissaient dans son sommeil, se mêlant aux images de la guerre dont elle devait régler les combats et préserver les plus faibles, par l’inquiétude de savoir que Fei ne reviendrait peut-être pas de la Lande aux Morts dans laquelle il était parti chercher les esprits malins, par la peur, la rage, sa vulnérabilité qu’elle haïssait presque autant que sa faiblesse…
Depuis combien de temps ne c’était-elle pas accordée une pause ? La possibilité de penser à autre chose ne serait-ce que l’instant de quelques heures ? De chasser de son esprit les images de sang, de morts, les lettres qu’elle recevait de ses généraux partout dans le royaume, des pleurs des veuves lorsqu’elles recevaient les armes et les biens de leur époux ? Une éternité. Bien trop longtemps en somme.
Lorsque Shoko rouvrit les yeux l’eau glissa de ses cils et flouta sa vue. La jeune femme se leva lentement, pour prolonger le plus qu’elle pouvait cette bulle de temps où elle n’avait rien d’autre à faire que de ne penser à rien. Puis elle retrouva habilement la rive en plusieurs bonds souples sur des rochers glissants et enfila un peignoir violet brodé d’or et de turquoise. Elle était en train d’en nouer la ceinture autour de sa taille lorsqu’elle entendit un bruissement dans les buissons.
— Qui est là ? demanda-t-elle avec autorité.
Un gringalet s’extirpa difficilement des hautes herbes, un rouleau d’ébène à la main, gravé du blazon des messagers de la maison Heidan. Shoko ferma les yeux et soupira.
Il était grand temps de revenir à la réalité.

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Voilà :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! :)


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2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ton univers, qui plus est parce que c'en est un que je ne maîtrise pas. Déconnexion garantie.
    Merci Melgane.

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