lundi 28 septembre 2015

Qu'est-ce que la richesse ?

Bonjour !

Ce soir j'ai lu l'article de Gladys Wood dans lequel elle revient sur ceux d'autres blogueuses qui se déclaraient riches et ça m'a fait comprendre ce sentiment un peu mitigé que j'ai éprouvé à la sortie de la lecture de l'un de ces articles. D'un côté, oui, c'est vrai, nous avons de la chance d'avoir des biens matériels, d'être nés dans nos pays occidentaux plutôt bien pourvus, mais, de l'autre, ces articles m'ont laissé un peu... ils ne m'ont pas donné d'électrochoc, ils ne m'ont pas émue ou réveillée comme ont pu le faire le film Sur le Chemin de l'Ecole il y a deux ans ou Le Grand Jour mercredi dernier.

C'est vrai, nous sommes nés dans des pays riches, nous avons des écrans, plein d'écrans, que nous trimbalons avec nous, des casques pour écouter de la musique, de l'électricité pour nous éclairer quand tout le monde n'en a pas, de l'eau courante, des voitures, des trains, des bus, des livres, beaucoup de livres, une connexion internet... mais nous ne sommes pas riches. Je veux dire... Le problème de ces articles, pour moi, outre l'étalage de biens matériels sur lequel je vais revenir, c'est qu'ils tendent à considérer la richesse comme quelque chose d'universel. Or je ne pense pas que la richesse le soit, et c'est à ça que j'ai pensé en lisant les premières lignes de Gladys Wood. Pour les immigrés Syriens _ c'est l'exemple que je donnais dans le commentaire que je lui ai laissé _ nous sommes riches, il y a du travail, nos pays ont de l'argent. Mais nous avons beaucoup de chômeurs. Un autre exemple qui peut-être est plus explicite : nos retraités vivent avec difficulté, quand même, alors que quand ils s'expatrient au Portugal ou au Sénégal ils vivent bien. Pourtant l'argent qu'ils reçoivent chaque mois de l'État n'a pas changé, c'est toujours la même somme. Donc la richesse est relative, elle dépend d'où vous vous trouvez. On ne peut pas affirmer que "nous sommes riches" parce que nous avons un ordinateur et une tablette.

La deuxième chose, qui pour le coup est plus une question de "morale" que de choix des termes, c'est l'étalage. Dans ces articles (j'en ai lu un et ai survolé l'autre) je n'ai vu qu'une énumération de biens matériels, de biens technologiques _ et au fond c'est la définition de la richesse : posséder _ mais pas de mention de la famille, des amis, des relations humaines. J'ai vu une liste. Une liste de choses allant du matelas pour dormir au nouveau téléphone portable. Une liste de choses que l'on achète et que tout le monde ne peut pas s'acheter. À tel point qu'au début je croyais que c'était de l'ironie, au moins en partie, et que l'on allait revenir sur ces choses plus... essentielles, disons, qu'un téléphone portable.

Arrivée à la fin de cette liste je me suis dit "c'est vrai". Et je suis passée à autre chose. Ça m'a laissé un goût... indéfinissable, mais loin de la prise de conscience. Plus du genre "j'ai des choses, oui, et alors ?". En fait je crois que cette impression étrange c'est l'impression d'avoir lu une leçon de morale. Je sais bien que ces articles se voulaient optimistes, positivistes, sur le ton du "tu vois, ne te plains pas, nous sommes riches". Mais moi j'y ai vu une leçon de morale. Quelque chose qui tendrait à dire "arrêtes de te plaindre, on a des choses, d'autres n'en ont pas". Comme quand mes parents me disaient "les petits enfants en Afrique ils aimeraient bien manger ton assiette" quand, petite, je refusais de manger. Comme je le disais à Gladys Wood je n'ai vu dans ces articles aucunes mentions de dons offerts à des associations. Pourtant si tu es riche, que tu es conscient que d'autres n'ont pas ta chance, tu peux te permettre d'envoyer un peu d'argent à Médecin Sans Frontières ou n'importe quelle autre ONG humanitaire. C'est ce qui me mitige encore plus. Une liste de biens matériels, un constat, un rappel que nous avons de la chance comme pour nous aider à vivre mieux, mais rien pour aider les autres à vivre mieux. Moins une morale pour dire "aidez les autres" qu'une morale pour nous permettre de continuer de vivre sans nous préoccuper des autres.

Le plus grand risque de cet article c'est que, tout en reprochant une leçon de morale, j'en fasse une, et j'espère vraiment que ça ne sera pas pris comme ça, parce que ce n'est pas ce que je veux. Je veux simplement dire que, même si j'ai compris le but de ces articles, qu'ils étaient faits pour nous faire relativiser sur notre situation, ce n'est pas ce que j'ai ressenti. Ce que j'ai ressenti était plus proche du malaise que de l'optimisme.

Je ne crois pas que nous soyons riches parce que nous avons des écrans, d'autant plus que les ordinateurs sont de moins en moins chers parce que nous progressons dans les savoirs technologiques et parce que, ne nous mentons pas, des petits enfants travaillent pour nous (d'ailleurs ça me fait penser à H&M qui fait trimer des gens au Bangladesh mais met des panneaux dans ses magasins pour recycler et soutenir l'Unicef, ironie bonjour !). Je crois que nous sommes riches de nos amis, de notre familles, de nos relations sociales _ même si ce n'est pas le sens premier et admis de la richesse. Nous sommes riches de nos expériences, de notre vécu, de notre savoir. Nous sommes riches de notre personnalité, du pouvoir que nous avons, dans une certaine mesure, de pouvoir décider de notre futur, et de notre liberté. Je ne dis pas que quelqu'un qui gagne cinq à six mille euros par mois (selon un sondage dont j'ai entendu parler il y a plusieurs mois) n'est pas riche. Je dis que nous ne devrions pas en faire le critère principal de la richesse. D'autant plus s'il n'y a rien derrière, si ça ne consiste qu'en une liste.

Vous allez me dire qu'il y avait quelque chose derrière, puisque ça devait nous permettre de relativiser sur nos problèmes mais, vous voyez, ce n'est pas ce que j'ai retenu de ces articles. J'ai retenu une liste de choses.

Nous ne sommes pas riches.
Parce que la richesse est relative.

Qu'en pensez-vous ?
(Je sais qu'on peut ne pas être d'accord avec moi mais les personnes qui ne sont pas d'accord ne se manifestent jamais, ou trop rarement, alors montrez-vous !) (Mince, alors ! :P)

vendredi 25 septembre 2015

Au tour du monde

Bonjour !

Hier soir j'ai eu l'idée d'un article que je n'avais pas prévu d'écrire sur ce blog à la base parce que ce n'est pas trop le genre d'articles que je publie d'habitude mais plus ça allait et plus j'avais envie de le poster ici alors je vais le faire. En fait je me suis dit que ça serait peut-être une bonne idée de vous parler de choses que j'ai découvertes ou que l'on m'a faites découvrir et qui nous viennent de l'étranger. Des choses autour du monde pour que ça soit au tour du monde (oui, je me lance dans les jeux de mots, que voulez-vous, il faut bien se renouveler :P).

Je me dis que ça serait bien d'en faire une série mais il faudra que j'aie des choses à dire pour ça donc on va commencer avec un, ça se sera déjà pas mal, et on verra après ce que ça donne. Aujourd'hui je vais vous parler d'une exposition qui se tient en ce moment et jusqu'à fin Janvier 2016 à l'Institut du Monde Arabe, d'un film que je suis allée voir quand il est sorti il y a deux jours, et d'un groupe de musique dont j'ai entendu parler il y a quelques semaines :)

Les Mystères d'Osiris


Il y a quelques jours je suis allée à Paris pour aller voir l'exposition Osiris, du nom du dieu égyptien qui s'est fait découper en quatorze morceaux par son frère jaloux et rafistolé par sa sœur-épouse Isis. La plupart des objets présentés viennent des fouilles sous-marines de la ville engloutie de Thônis-Héraclion à quelques kilomètres au large d'Alexandrie et qui sont encore en cours. D'autres ont été prêtés par les musées du Caire et d'Alexandrie. Les plus vieux datent de la Basse époque _ en tout cas je n'ai vu aucune date allant au-delà de 650 avant notre ère environ.

L'exposition est centrée sur les Mystères d'Osiris qui est un rituel annuel que les prêtres réalisaient et qui consistait à reconstituer l'histoire de la mort et de la renaissance d'Osiris. En plus des informations écrites à côté des objets il y a un guide audio vraiment sympa et que vous pouvez écouter à votre rythme en tapant les numéros affichés au mur, donc vous ne serez pas obligés de vous presser pour suivre les explications de la gentille madame et du gentil monsieur dans vos oreilles. Il y a de tout : des statues, des monnaies, des naos, des objets rituels, le tout allant d'environ cinq mètres cinquante de haut à moins d'un centimètre.

Il y a cependant un bémol. Au niveau du numéro 11 il y a une espèce de renfoncement où sont exposés des objets derrière des vitres. Au centre de ce renfoncement il y a un Osiris allongé sur son lit mortuaire entouré de quatre faucons qui représentent les points cardinaux et surmonté d'un cinquième qui représente Isis. Le problème c'est que cette sculpture n'est pas éclairée et qu'elle est taillée dans... une pierre noire. Autrement dit on ne voit rien. Je n'ai vu aucune lampe au plafond ni sur les côtés qui auraient pu ne pas fonctionner donc a priori ça n'a pas été prévu.

Si vous voulez y aller je vous conseille de réserver une place avant parce que quand on arrive il y a deux files ; une pour les personnes sans tickets et une pour les personnes avec tickets qui va plus vite. A l'entrée ils passent votre sac dans un scanner comme à l'aéroport donc si jamais vous avez des choses étranges et dangereuses dans votre sac enlevez-les ^^'. Vous pouvez trouver plus d'infos sur le site de l'Institut du Monde Arabe !

Le Grand Jour


Quand j'étais à Paris je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer l'affiche du film qui m'a faite penser à celle du film Sur le Chemin de l'Ecole que j'avais adoré et j'ai pensé que ça pouvait être la suite. Eh bien non. Ça ne l'est pas (fichtre !) mais c'est bien le même réalisateur. En fait, si le premier film suivait des enfants sur le chemin de l'école (nooon ? sans blaaaague ?) celui-là suit quatre jeunes qui se préparent à passer une audition ou un concours qui changera leur vie s'ils le réussissent. D'abord il y a Albert, jeune Cubain qui veut gagner les Jeux Olympiques de boxe, puis une Indienne de seize ans qui veut devenir ingénieur et participe au concours du Super 30, une contorsionniste mongole de onze ans qui doit passer une audition, et enfin Tom, Ougandais, qui souhaite devenir Ranger. On les suit pendant leur préparation et leur concours, et à la fin il y a un bon dans le temps pour savoir ce qu'ils deviennent.

J'ai trouvé que c'était un film vraiment très touchant et qui devrait nous inspirer parce que finalement ces jeunes donnent tout ce qu'ils ont pour réaliser leurs rêves. Par contre je suis tombée sur une version doublée en français et je trouve que ça enlève de l'authenticité au documentaire donc si vous pouvez et si ça existe (j'imagine que oui) je pense que la version en sous-titrée est mieux. C'est le seul défaut que j'ai trouvé à ce film ! :)

Light in Babylone


Comme "jamais deux sans trois" et que je ne peux décemment pas écrire cet article sans parler des Carnets du Monde que je me tue à vous demander d'écouter depuis au moins deux ans, je vais vous parler de Light in Babylone. Mais, normalement, depuis le temps que je vous parle de l'émission des Carnets vous devriez avoir déjà écouté l'émission pendant laquelle ils ont parlé de ce groupe ;) Mais au cas où vous seriez quand même passé à côté, je vous mets l'Arbre à Palabres du 6 Septembre !




Vous pouvez retrouver d'autres vidéos sur leur page Youtube et plus d'infos sur leur site internet (en anglais).


Voilà ! :) J'espère que ça vous a plu, parce que moi en tout cas ça m'a plu de faire cet article ! Si vous voulez écouter d'autres musiques venues d'ailleurs vous pouvez aller voir l'article que j'avais spécialement fait ici :)

Source photo

jeudi 24 septembre 2015

Le pays des Droits de l'Homme

Bonjour !

Depuis deux jours on nous parle de ce jeune Saoudien qui va se faire décapiter au sabre en place publique et dont le corps va être crucifié. En soi qu'on en parle c'est naturel, c'est un peu le métier des journalistes mais, ce qui me titille et me dérange et me déçois c'est la manière dont on en parle. On brandit les Droits de l'Homme, on est dans le jugement et dans l'insulte et ça, ça me gêne.

Ça a commencé hier midi avec Jean-Michel Aphatie sur Europe1 qui a qualifié cette condamnation de "barbarie" et d'"abomination", qui ne laissait pas son interlocuteur au téléphone parler et lui a répondu que l'on avait "bien raison de vouloir que les Droits de l'Homme soient universels" quand ce monsieur a parlé de notre tendance universaliste (ce monsieur a dû entendre mes pensées). A ce moment-là je me suis dit que j'étais juste obligée de faire un article. Malheureusement je suis rentrée tard car j'ai fait un détour par le cinéma après les cours. Mais finalement ce n'est pas plus mal car ça me permet d'ajouter ce que j'ai entendu ce matin. Figurez-vous que, ce matin, toujours sur Europe1, Thomas Sotto a cru de bon ton de comparer cette décapitation aux méthodes de l'Etat Islamique. Et là j'ai soupiré en mon fort intérieur. C'est du grand n'importe quoi. Si devenir journaliste m'amène à dire des âneries pareilles mais par pitié ressortez-moi cet article pour me réveiller ! Cette décapitation n'a rien à voir avec les Droits de l'Homme !

Si vous voulez parler des Droits de l'Homme allons-y mais alors disons que ce jeune homme a été condamné pour avoir participé à une manifestation du Printemps arabe il y a trois ans, qu'il n'a pas eu le droit à un avocat, et que ses pourvois en appel ont été rejetés. Bref : parlons de ce procès inéquitable plutôt que de donner des leçons et d'insulter un autre pays _ qui est par ailleurs notre allié contre Daesh _, d'autant plus que je ne pense pas que l'insulter lui donnera envie de discuter avec nous.

Je crois qu'au fond on a plongé la tête la première et les yeux fermés dans notre grande tendance universaliste dont j'ai déjà fait deux articles (ici et ici pour les personnes que ça intéresse, s'il y en a). Cette grande pensée qui voudrait que nous, Français, ayons raison en tout et que, pour cette raison, le monde doive appliquer nos préceptes moraux (oulala ça y est, je sors les mots compliqués xD). Mais si la peine de mort est de la "barbarie" alors nous ferions mieux de traverser, entre autre, l'Atlantique pour nous tourner vers les États-Unis. Si exposer un corps à la foule est contraire aux Droits de l'Homme alors nous pouvons cette fois traverser la Manche. Parce que quand il y avait encore la peine de mort au Royaume-Uni c'était par pendaison et que, pour que les corps restent longtemps, on les enchaînaient, et aujourd'hui il reste apparemment des squelettes (j'ai lu ça dans La Bible du Crime de Stéphane Bourgoin) (super livre d'ailleurs !). Et puis, cerise sur le gâteau, si décapiter quelqu'un bafoue les Droits de l'Homme et est une "abomination" alors je vous signale qu'une part des Français sont abominables étant donné que la dernière décapitation en France a eu lieu il y a moins de quarante ans, en 1977. Oups.

Alors moi je veux bien que l'on parle des Droits de l'Homme, mais peut-être que l'on devrait davantage nous tourner vers nos sociétés occidentales, vers l'Europe, vers notre propre pays, vers notre passé commun ou non, et commencer à nous poser les bonnes questions. Je crois aussi que, au lieu de nous focaliser sur la peine en elle-même, on devrait mettre en avant les procédés judiciaires qui font que ce jeune homme n'a pas eu le droit d'avoir un avocat pour le défendre. Je crois qu'il serait de meilleur ton de traiter ce sujet avec humilité et de réfréner nos ardeurs universalistes. Parce que ces insultes que nous lançons à l'Arabie Saoudite ne sont pas très productives à mon humble avis. Et que, comme nous avons nous-mêmes fait des erreurs dans notre passé et que nous en faisons dans notre présent et que nous en ferons encore dans notre futur, ça serait quand même franchement chouette (oui, j'utilise "préceptes moraux" et "chouette" dans le même article :P) d'arrêter de donner des leçons. Ça ne veut pas dire qu'on ne doive pas parler de cette condamnation à mort, ça veut dire qu'on devrait en parler mieux, de manière plus mesurée, et en mettant le point sur ce qui pose vraiment problème aux Droits de l'Homme dans cette histoire : le procès.

Voilà. Si vous connaissez des journalistes qui ne sont pas tombés dans le piège j'aimerais bien les lire ou les entendre. Parce que là je suis un peu désabusée x)

jeudi 17 septembre 2015

De la célébrité des blogueuses

Bonjour !

Tout à commencé avec un article de All and co l'autre jour dans lequel elle réagissait aux propos d'une blogueuse qui pense que les blogs tuent la presse. Dans le commentaire que j'ai laissé, j'ai dit que ce n'était pas possible que les blogueuses tuent la presse pour la simple et bonne raison que pas mal de gens ne connaissaient pas les blogs. Le meilleur exemple que je puisse donner est celui d'une amie de mon âge, qui vit totalement avec son temps, suit les youtubeuses et a donc accès à une passerelle avec la blogosphère puisque certaines d'entre elles ont des blogs, mais qui, quand elle a appris que j'avais un blog, s'est fendue d'un sourire un peu narquois parce qu'elle avait l'image des Skyrock kikou lol dans la tête. C'était l'année dernière. Alors oui, croyez-le ou non, mais il y a encore des personnes en ce monde qui ne connaissent pas la blogosphère, pour qui c'est un peu obscur, un peu secret, un peu loin et inconnu. Beaucoup de personnes.

De notre point de vue à nous, il y a des blogs "stars", des incontournables, et Hellocoton participe à ça ou en est l'image puisque, dans son annuaire, il y a la partie "débutantes" et la partie "stars" alors même que l'on aurait pu les appeler "confirmées", par exemple. Et c'est vrai que, quand on regarde les deux blogueuses qui ont le plus d'abonnées _ qui sont en Mode et en Humeur et ont presque seize mille personnes qui les suivent _ on se dit que c'est beaucoup. C'est la même chose pour les youtubeuses, qui atteignent le million, ou presque, comme Sandrea et ses sept cent quarante-quatre mille cinq cent vingt-huit (précisément) abonnés sur Youtube. Mais si on regarde par rapport à la population française, et belge, puisque ça s'étend au moins jusque-là, un million sur soixante dix-sept ce n'est pas énorme. Ce n'est même rien du tout. Et je suis prête à parier que si pendant une après-midi entière j'arrête des personnes, hommes et femmes, dans la rue, à peine quelques unes diront connaître les blogs, et encore moins en avoir un.

C'est vrai que les média ont fait quelques reportages, ont recruté des blogueurs (M6 notamment sur 100%Mag et Le Meilleur Pâtissier), mais globalement, on n'a pas non plus été envahi d'interviews et d'informations sur la blogosphère et les blogueuses, et ça n'a pas duré bien longtemps. Peut-être parce que la blogosphère est déjà en mutation, ou peut-être parce que les journalistes ne s'y sont jamais vraiment intéressés, ou s'en sont désintéressés... Je ne sais pas, mais quoi qu'il en soit il n'y a pas un réel engouement médiatique autour des blogueurs. Pourtant c'est vrai aussi que TF1 a fait appel à EnjoyPhoenix pour son émission Danse Avec les Stars (même si jusque-là il n'y a pas eu de confirmation officielle je crois). Mais c'est différent, je trouve.

Dans ce genre d'émission les directeurs des programmes et les producteurs veulent fédérer des gens de tous les âges, et de tous les sexes, pour faire de l'audience et gagner plein plein de fric. Alors ils n'ont pas fait appel à EnjoyPhoenix parce qu'elle est youtubeuse et qu'elle est une "star" (d'ailleurs les stars dans cette émission on les cherche souvent) mais parce qu'elle est la caution "jeune". Comme l'était Rayane Bensetti l'année dernière, et comme aurait pu l'être Kev Adams cette année, par exemple. Ce que je veux dire c'est que l'on n'en est pas encore au point où ce sont les blogueuses et les youtubeuses qui font et défont les programmes (surtout sur une chaîne comme TF1) et que si Danse Avec les Stars a fait appel à une youtubeuse ce n'est pas pour qu'elle apporte à elle seule cinq millions de téléspectateurs et sauve le programme mais pour amener des jeunes (et montrer qu'ils sont à la page et font appel aux "stars du web"). Je ne sais pas si je suis très claire... Là où je veux en venir tient à une question que je trouve assez explicite : combien de gens, le soir-même ou le lendemain de l'émission, vont taper dans Google "EnjoyPhoenix" ? TF1 a besoin d'EnjoyPhoenix pour amener des jeunes mais elle pourrait trouver ces jeunes avec quelqu'un d'autre, et EnjoyPhoenix a besoin de TF1 pour se faire connaître hors d'internet qui la connait déjà (et pour gagner de l'argent et rencontrer des gens connus).

Et, en plus de ça, la blogosphère fonctionne quand même en circuit relativement fermé. Il suffit d'aller jeter un œil aux annuaires des concurrents de Hellocoton comme Dokuji et Inspilia pour se rendre compte que la plupart des inscrits, si ce n'est tous les inscrits, viennent de Hellocoton ! Ou d'aller voir les commentaires laissés sur les blogs pour se rendre compte que, d'un blog à l'autre, ce sont un peu les mêmes noms qui reviennent. Ou encore d'aller jeter un œil dans les statistiques des blogs pour se rendre compte que ce qui amène le plus de trafic ce n'est pas Google, c'est Hellocoton (en tout cas c'est mon cas), parce que les blogs sont lus essentiellement par des blogueurs. La blogosphère est relativement coupée du monde aussi, dans le sens où elle importe mais n'exporte pas. Ce que je veux dire c'est que les blogueurs vont parler cinéma, littérature, cuisine, culture (expositions, sorties, voyages, etc.) mais que le monde Extérieur ne va pas tellement parler des blogs et importer des choses des blogs. La blogosphère s'étant dans l'Extérieur avec une cérémonie des Awards, mais les JT n'en parlent pas : il n'y a pas d'échange, c'est quasiment à sens unique.

Donc tout ça pour dire que les blogs ne peuvent pas tuer la presse tout simplement parce qu'ils n'en ont pas le pouvoir. Nous ne sommes pas suffisamment forts pour ébranler la presse. Nous ne sommes pas influents. Nous vivons dans une bulle. Plein de gens ne connaissent pas les blogs. Si j'arrête quelqu'un au hasard dans la rue et que je lui donne le nom de Et Pourquoi pas Coline ou Garance Dorée (que je ne connais que de nom d'ailleurs, je me souviens être allée sur son blog par curiosité mais il ne m'a pas marquée) combien est-ce que j'ai de chance qu'il me regarde avec de grands yeux en me demandant qui c'est ? Quinze sur vingt ? Dix-sept sur vingt ? Dix-neuf sur vingt ? Plus ? Beaucoup en tout cas. Parce que les blogueurs sont connus dans leur village. Et encore ; dans leur quartier. Parce que si on me demande de citer trois grandes blogueuses beauté, trois blogueuses mode, cuisine, déco, DIY, etc., et même humeur ! je n'y arriverai pas.

Les blogueuses ne sont pas célèbres.

Qu'en pensez-vous ?

lundi 7 septembre 2015

Pourquoi un bureau ressemble-t-il à un corbeau ?

Bonjour !

Hier Cyanhydrique m'a tagué. Quand j'ai lu son message je me suis dit que je n'allais pas le faire (parce que oui, c'est le fameux tag des onze questions). Et comme je crois que je l'ai déjà fait (au moins sur mon blog d'avant), qu'il n'est pas très passionnant, et qu'il est grand temps qu'il arrête de tourner, mais que j'ai bien aimé les questions que Cyanhydrique m'a posé, je vais y répondre et ne pas faire le reste du tag (mwaaaahahahaha !).

1. Raconte-nous l’histoire de ton Blog.
Il était une fois une Melgane l'Oeil-qui-traîne qui tomba sur un mail par mégarde dont le titre était assez explicite. Alors, pour sauver l'honneur (oui bon, hein, voilà !), la Melgane l'Oeil-qui-traîne supprima son blog et en bâtit un autre dans une contrée fort fort très très lointaine beaucoup.

2. Quel est le premier objet à ta gauche ? A quoi ça sert ?
Bon, là, j'avoue, je choisis parmi les objets à ma gauche. Il y a ma Grande Encyclopédie du Merveilleux qui me sert quand je cherche l'inspiration :)

3. Est-ce que tu joues d’un instrument de musique ? Depuis combien de temps ?
Pas du tout. Mais comme chaque élève de ma génération et de celles d'avant j'ai eu le droit à la flûte à bec au collège :P

4. Ta musique/Playlist fétiche du moment ?
Oulala. Euh...
Je n'écoute pas trop de musiques en ce moment, mais j'aime bien ce que fait Ramin Djawadi (si son nom ne vous dit rien je vais tout de suite vous le replacer en un rien de temps, ça tient en trois mots : Games of Thrones).

5. T’as des passions dans la vie ?
Les animaux, l'écriture, et... c'est tout. Ma vie est passionnante.

6. Qu’est-ce que les gens trouvent étrange chez toi ?
Je sais pas trop en fait. J'ai une amie qui me dit que je suis bizarre, "mais bizarre cool" mais je ne sais pas quoi. Donc je ne sais pas.

7. C’est quoi le film qui t’a le plus marqué ? Pourquoi ?
Le Voyage de Chihiro qui est le premier Ghibli que j'ai vu je crois, et Princesse Mononoke et Mon Voisin Totoro et d'une manière générale les Miyazaki. J'adore les univers qui sont développés ainsi que les histoires ! :)

8. Quelque chose sur toi dont personne ne peut se douter ?
Je rêve secrètement de devenir impératrice de France et de diriger le monde.
Convainquant ? :P J'espère, parce que la tout de suite maintenant une réponse plus sérieuse j'ai pas.

9. Comment décrirais-tu ton style vestimentaire ?
D'un classique à mourir d'ennui. Absolument pas extraordinaire et absolument pas à la mode.
J'espère qu'aucun d'entre vous n'avait prévu de me rencontrer en vrai parce que je suis en train de tuer le mythe là (oui, je suis un mythe ! xD).

10. Ta saison favorite ?
Si je dis l'automne c'est du vu et revu, l'été il fait trop chaud même si j'adore absolument les orages, le printemps ne casse pas trois pattes à un canard... alors je dirais l'hiver, parce que j'aime bien marcher dans le noir l'obscurité (j'ai vu au JT ce midi que la pollution lumineuse avait augmenté de quatre-vingt-quatorze pour cents en vingt ans).

11. Pourquoi un bureau ressemble-t-il à un corbeau ?
J'avoue : c'est pour cette question que j'ai décidé de faire le tag ^^' :P ;)
Les bureaux ressemblent aux corbeaux car il y a fort fort longtemps dans une contrée fort fort lointaine (je commence le tag par une histoire donc je le clôture par une histoire), un magicien qui travaillait fort fort beaucoup, de nuit comme de jour, et ne levait le nez de ses papiers, de ses feuillets, de sa plume, de ses épuisettes et de ses grimoires que lorsque sa bougie s'éteignait et qu'il devait en allumer une nouvelle, tâtonnant dans le noir, ses binocles relevées sur le front. Il avait vraiment fort fort beaucoup de travail, si bien qu'un jour il n'eut même plus _ ou ne prit même plus ! _ le temps de répondre aux nombreuses lettres et messages qui lui parvenaient. Des piles et des piles de missives s'empilaient sur son bureau, tombaient en cascades sur ses notes, ses fiches, ses grimoires et ses sortilèges ; il se noyait littéralement sous la masse accumulée. Alors, agacé, le magicien lança à un sort à son bureau. Des centaines de corbeaux naquirent à partir du bois du meuble et commencèrent à trier les lettres, à y répondre, et à les apporter à leur destinataire. C'est donc parce que les corbeaux viennent des bureaux qu'ils leur ressemblent.
Voilà.
Et à la question "et tu trouves ça malin, peut-être ?!" je répondrais oui, absolument ! :D

Voilà ! :)

mardi 1 septembre 2015

Les Jolies Plumes #7

Bonjour !

Chaque mois les personnes inscrites reçoivent un thème (si vous voulez vous aussi le recevoir vous pouvez le faire à cette adresse mail : latelierdesjoliesplumes@gmail.com) et cette fois-ci c'était : « Le sel sur la peau, des grains de sables coincés entre les doigts de pieds, un chapeau en paille ou bien un foulard dans les cheveux. Pour certains, c’est la définition parfaite des vacances. Pour d’autres, ce sont de grandes randonnées entres les massifs qui ne sont plus enneigés. Vous ou votre personnage êtes aussi en vacances. Mais que sont les vacances pour vous/lui ? A quoi se résument-elles ? Avec qui êtes-vous/est-il ? A-t-il vraiment des vacances ou en rêve-t-il juste ? Et si les vacances c’était aussi seulement s’échapper 5 minutes dans ses pensées lors d’une réunion ? ». J'ai eu un peu de mal à faire coller ça à la fantasy qui est ce que je préfère écrire mais j'ai finalement trouvé une idée :) 

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Assise en tailleur, nue, le dos droit, les bouts des doigts joints, les mains posées sur ses chevilles, ses yeux noirs fermés, Shoko ne pensait à rien, laissant l’eau glaciale de la cascade percuter sa peau laiteuse et immaculée. Ses cheveux collaient à son visage, une mèche blonde s’agrippait à l’aile de son nez, une autre lui barrait le front, mais elle ne les sentait pas. Elle avait créé le vide dans son esprit ; elle ne pensait à rien, même pas à l’eau froide parcourant son corps, accélérant le rythme de son cœur, rendant glissante la pierre sombre sur laquelle elle s’était assise près de deux heures auparavant. Elle faisait abstraction de ses sentiments, de ses troubles, et de ses sensations. Elle combattait paisiblement la morsure de la cascade. Elle ne pensait à rien. Aucune idée, même vague, abstraite, ne passait par son esprit, recentré sur le vide. La jeune femme n’avait qu’un seul but : apaiser son âme tourmentée par des dizaines de préoccupations ; par les bribes de son passé qui jaillissaient dans son sommeil, se mêlant aux images de la guerre dont elle devait régler les combats et préserver les plus faibles, par l’inquiétude de savoir que Fei ne reviendrait peut-être pas de la Lande aux Morts dans laquelle il était parti chercher les esprits malins, par la peur, la rage, sa vulnérabilité qu’elle haïssait presque autant que sa faiblesse…
Depuis combien de temps ne c’était-elle pas accordée une pause ? La possibilité de penser à autre chose ne serait-ce que l’instant de quelques heures ? De chasser de son esprit les images de sang, de morts, les lettres qu’elle recevait de ses généraux partout dans le royaume, des pleurs des veuves lorsqu’elles recevaient les armes et les biens de leur époux ? Une éternité. Bien trop longtemps en somme.
Lorsque Shoko rouvrit les yeux l’eau glissa de ses cils et flouta sa vue. La jeune femme se leva lentement, pour prolonger le plus qu’elle pouvait cette bulle de temps où elle n’avait rien d’autre à faire que de ne penser à rien. Puis elle retrouva habilement la rive en plusieurs bonds souples sur des rochers glissants et enfila un peignoir violet brodé d’or et de turquoise. Elle était en train d’en nouer la ceinture autour de sa taille lorsqu’elle entendit un bruissement dans les buissons.
— Qui est là ? demanda-t-elle avec autorité.
Un gringalet s’extirpa difficilement des hautes herbes, un rouleau d’ébène à la main, gravé du blazon des messagers de la maison Heidan. Shoko ferma les yeux et soupira.
Il était grand temps de revenir à la réalité.

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Voilà :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! :)