lundi 31 août 2015

Je ne suis pas un monstre

Bonjour :)

Ça peut paraître étonnant de devoir se justifier de ne pas être un monstre mais voilà, je m'y sens presque obligée, obligée d'expliquer pourquoi, non, je ne suis pas un monstre. Il y a un ou deux jours Ginie a publié un article dans lequel elle dit, en gros, qu'elle en a marre des personnes sur les réseaux sociaux qui disent "bien fait" sous les relais d'articles relatant des drames comme cette fourgonnette remplie par quatorze jeunes. Les commentaires sous son article la soutiennent... sauf le mien.

Je ne dis pas "bien fait". Je n'ai pas cette mesquinerie ni cette méchanceté. Je ne dis pas "tant pis pour eux (s'ils sont morts)". En fait c'est presque pire. Presque pire parce que dans ces deux réactions il y a quand même des sentiments. Moi je n'en fais pas, je suis très froide dans ma réaction, c'est vrai. Je dis : ils ont joué, ils ont perdu. Ils ont fait un choix ; celui de monter dans une fourgonnette à quatorze alors qu'elle était prévue pour moitié moins, le tout conduit par un jeune sans permis et éméché. Alors non, je ne les plains pas. Je raisonne la situation avec ma tête, pas avec mon coeur. Parce que ces jeunes qui risquent leur vie en allant se baigner dans des zones interdites à la baignade, ou qui skient en hors pistes, pour la gloriole, pour avoir un truc à raconter, et parce que "YOLO" ont fait un choix. Quand on accepte de participer à une partie on signe un contrat tacite où on s'engage à respecter les règles et la possibilité de perdre. Ici c'est pareil. Ils ont fait un pari : le pari qu'ils pourraient amener la fourgonnette à bon port sans accident. Ils ont perdu. Oui c'est un drame, oui derrière il y a des familles brisées, dévastées, je le comprends, et c'est normal, et je ne dis pas qu'il faut jeter les cadavres dans une fosse commune et les oublier. Je dis que moi, ça, ça ne me touche pas.

Mais ça ne fait pas de moi un monstre.
Je suis humaine.
Je suis capable d'avoir des sentiments.

Je suis capable d'avoir des sentiments pour ces migrants qui s'engagent dans ce qu'ils appellent le "voyage de la mort" pour essayer de sauver leur famille parce que, de toute façon, s'ils restent chez eux, ils meurent ou doivent obéir à l'EI. Je suis capable d'avoir des sentiments pour ces soixante-et-onze migrants asphyxiés dans un camion, certainement abandonnés là par leurs passeurs qui se fichent de leurs vies une fois qu'ils ont empoché l'argent.
Je suis capable d'avoir des sentiments quand je regarde le Tour de France et qu'il y a une chute. Qu'on voit ces gars complètement rappés mais qui, bien souvent, remontent sur leur vélo et terminent au moins l'étape, si ce n'est le Tour, malgré la souffrance. Je suis capable d'avoir des sentiments pour Kris Boeckmans tombé lors de la huitième étape de la Vuelta et plongé dans un coma artificiel à la suite d'un traumatisme crânien sévère, d'une hémorragie pulmonaire, et de plusieurs fractures dont trois côtes cassées dus à une chute.
Je suis capable d'avoir des sentiments. J'ai failli verser ma larme à la fin du documentaire Dancing in Jaffa (très intéressant, d'ailleurs). J'ai assez régulièrement ces derniers temps limite les larmes aux yeux pour des situations qui ne sont pas si graves ou émouvantes que ça et pour lesquelles il n'y a pas vraiment de raison de broncher.

C'est quand même fou de devoir se justifier de ce que l'on ressent.

Oui, je suis capable d'avoir des sentiments. Mais pas pour des jeunes qui foutent leur vie en l'air parce que "l'on ne vit qu'une fois", pour la gloriole, pour avoir quelque chose à raconter, pour se prouver que leurs parents racontent n'importe quoi quand ils parlent de sécurité. Non, je ne vais pas plaindre ce gamin de seize ans qui se baignait durant la canicule dans une zone interdite et qui en est mort. Non, je ne vais pas plaindre les rescapés de la fourgonnette. Non.

Je suis bien consciente que si les victimes, les familles des victimes, lisent ça, je vais certainement leur faire énormément de mal. Mais c'est ce que je pense. Je pense qu'à un moment, quand on prend un risque, on accepte tout ce qu'il y a derrière. Quand je prends un couteau de cuisine pour manger ou pour préparer à manger j'accepte l'éventualité qu'il m'échappe des mains et que la lame traverse mon pied. Quand je traverse la rue _ la plupart du temps sur les passages piétons d'ailleurs _ j'accepte l'éventualité qu'un automobiliste ne me voie pas, ou déboule soudain de nulle part et me percute. Quand je surfe sur internet je prends le risque que mes données soient piratées, volées, ou que sais-je. Absolument tout constitue un risque et j'accepte les conséquences qui peuvent survenir quand je monte dans la voiture de mon père, quand je monte dans un train, un bus, ou un avion. Quand je prends le métro. J'accepte le risque.

Oui, cette histoire de fourgonnette est triste, dramatique, absolument traumatisante. Mais je ne plains pas les victimes. Parce qu'elles ont fait un choix. Elles ont pris un risque. Certaines d'entre elles voulaient vraiment, d'autres se sont certainement laissées persuader à coup de "mais non, on est large, t'inquiète !", mais le fait est que toutes ont fait un choix et que, toutes, à partir du moment où elles ont foutu le pied dans la bagnole et que les portes se sont refermées sur elles, ont accepté les risques. Des risques qu'ils ont pris pour rigoler peut-être, ou sans trop se rendre compte, ou parce que YOLO. Mais des risques qu'ils ont accepté de prendre.

Je suis consciente que mes propos peuvent choquer. Je suis consciente que certains doivent se dire que j'écris ça juste pour lancer une polémique, pour avoir des vues sur mon blog. Je suis consciente que certains d'entre vous vont certainement me haïr pour ce que je dis. Et ne vont peut-être pas se gêner pour le manifester avec une certaine hargne. Mais non, je ne plains pas ces victimes. Je ne suis pas triste. Je ne me réjouis pas de leur mort. Mais je ne suis pas triste non plus.

Je garde ma tristesse et mes sentiments pour les coureurs cyclistes qui tombent de vélos lancés parfois à soixante-dix kilomètres/heure. Je garde mes sentiments pour les migrants. Je garde mes sentiments pour des personnes qui, oui, mettent leur santé et leur vie en danger, mais pas pour se faire mousser, pas pour faire les caïds sur les réseaux sociaux et parce que "c'est drôle", mais pour se sauver d'une mort certaine, ou parce que c'est leur métier.

Ce n'est pas parce que, dans ce genre de cas _ de skieurs en hors pistes, de baigneurs en zone interdite, ou de jeunes trop nombreux dans une fourgonnette _ je ne suis pas triste, que je suis un monstre, que je suis inhumaine et complètement sans coeur. J'ai un coeur. Mais ce genre de situation je les raisonne avec ma tête et pas avec mon coeur. Ils ont joué, ils ont fait un pari, ils ont pris un risque, et ils ont perdu. Voilà, c'est tout.

Peut-être (parce que ce n'est même pas sûr) que je réagis comme ça parce que je suis hors normes (tant qu'à faire je prends le terme mélioratif au passage).
Mais ne pas être normale ne fait pas de moi un monstre.

Je suis ouverte à toutes les discussions que vous voulez pourvu que ça reste poli ;)

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25 commentaires:

  1. Je viens de découvrir ton article et non tu n'es pas un monstre ou alors tu n'es pas seule.
    Je suis entièrement d'accord avec tout ce que tu viens de dire. Quand j'ai entendu parlé de ces quatorze jeunes et leur accident, je me suis dit : "C'est ça de jouer aux cons." Bien sûr à côté il y a des vies détruites, des familles en deuil et tout ça, mais, eux, ils n'ont pas pensé à tout ça. Ils ont voulu faire les malins, ils se pensaient plus forts et ils en ont payé le prix.
    Ce n'est pas être un monstre sans le moindre sentiment que de penser ça, c'est juste la vérité. Ces personnes ont fait un choix et ont même ignorer les risques qu'ils encouraient. Comme tu l'as dit, ils ont joué et ils ont perdu. J'imagine l'horreur que doivent vivre les familles, mais c'est juste la stricte vérité.
    Ca n'a rien d'inhumain.

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    1. Je me doutais bien que je n'étais pas seule ;)
      Le problème c'est que, pour surveiller les réponses qui me sont faites sur l'article de Ginie, je reçois tous les commentaires. Tous plus remontés les uns que les autres contre les personnes qui disent "bien fait". Je comprends que ça choque, je suis désolidarisée du "bien fait" mais quand ces commentaires traitent ces gens de monstres, d'inhumains (même avec des guillemets le mot est dit), ou de cons, et que moi je lis ça, ben je le prends pour moi, je me sens concernée par ces insultes, et c'est pas cool (pauvre petit canard xD).

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  2. Je ne pense pas que tu sois un monstre...(loin de là) mais je te trouve bien dure quand même! :) C'étaient des jeunes, on fait tous des erreurs..! Et tu parles de risques, je pense que le cycliste est plus conscient des risques qu'il prend (et qui ne valent pas plus le coût? pour le sport?) que des jeunes qui font des bêtises...
    Sans aller jusqu'à dire qu'ils l'ont mérité (c'est vrai qu'ils n'auraient pas du etc) : on peut quand même être triste et compatir pour leur famille, on peut être triste pour ces vies gâchées...
    Si je te prends un autre exemple : j'ai fumé. Je savais que c'était mal, que derrière il y a l'éventualité d'un cancer, mais je n'allais pas bien à cette époque et j'ai dit yolo ! Aujourd'hui j'arrête péniblement, je sais bien que c'était débile, mais si je développe un cancer quand même, plus tard : est ce que ce sera bien fait ? Est-ce que ce sera triste ? (la réponse est oui...) ;)
    Personne n'est parfait...! :)
    Après bon, tu justifies le fait de pas être triste, tu n'as pas à le faire, car on n'a pas à dire aux gens ce qu'ils doivent ressentir ! Tu ne peux pas te forcer à être triste non plus ;) Mais c'est normal aussi d'être triste / empathique :)

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    1. Oui, on peut être triste pour ces vies gâchées, je comprends tout à fait qu'on le soit, et je sais que mes propos sont durs, mais moi je ne le sus pas, je ne suis pas triste.
      Non, ça ne sera pas "bien fait" je ne pense pas que l'on puisse dire ça...
      Je ne fustige pas les gens qui sont tristes ! Je les comprends parce que oui, la situation est triste, dramatique même, mais moi elle ne me touche pas, et quand je vois se succéder les commentaires sous l'article de Ginie j'ai vraiment l'impression d'être visée par les divers qualificatifs.

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  3. Je pense que cela me "choquerait" davantage si tu étais de ceux qui disent "Bien fait", parce que je trouve ça d'une cruauté sans limite. Là, ton raisonnement est neutre et je peux même le comprendre. Personnellement, j'ai souvent de la peine pour les victimes collatérales (genre la famille qui revient de vacances et meurt car un mec sous l'emprise de l'alcool les a percuté, ça me révolte) , car elles n'ont pas de fait de "pacte avec le diable", elles étaient là au mauvais endroit au mauvais moment. Les autres, je plains surtout leur famille, ceux qui restent en sachant qu'un de leur proche a été assez inconscient pour mettre sa vie en danger (quand il y a marqué baignade interdite par exemple, c'est pas pour embêter le monde, au bout d'un moment il faut réaliser que s'il y des lois et des interdictions, ce n'est pas pour rien). Quoi qu'il en soit, je me dis surtout qu'à chaque fois, c'est un véritable gâchis, de tels drames ne devraient pas arriver...

    (j'espère que tu n'auras pas mon commentaire en triple, mon ordi joue avec mes nerfs xD)

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    1. Je n'ai ton commentaire qu'en un seul exemplaire a priori ! ;)
      C'est vrai que les victimes collatérales qui n'ont pris de leur côté aucun risque particulier sont celles pour lesquelles on peut avoir plus de peine parce que finalement ce n'est pas de leur faute...

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  4. Ma petite Melgane, tu vas devoir apprendre le politiquement correct ;)
    Si tu avoues publiquement que le drame de ces jeunes gens te laisse froide, sauve ton image en plaignant très très fort leurs familles !

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    1. C'est moche le politiquement correct ! ;)
      C'est pas que ça me laisse froide enfin... ma réaction l'est en tout cas. Oui, je plains leurs familles qui sont dévastées et certainement pour longtemps, mais ces jeunes... ben voilà quoi. Mais je suis prête à assumer les regards noirs et médusés de mes petits camarades si jamais je suis amenée à le dire en public (je n'arriverai jamais à me retenir si la discussion dure trop longtemps xD).

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  5. Je ne suis pas d'accord quand tu dis que tu n'es pas normale/ hors-normes mais bon ^^.
    Je comprends totalement ta réaction !
    Mais en même temps, je me dis qu'on n'est pas mature à 14 ans...
    Après moi je suis plus de genre à déplorer les morts enfin je crois que ça dépend de la situation. Par exemple, je me souviens avoir liké la page "soutien au bijoutier de Nice" parce qu'il était en état de légitime défense et que selon moi, il aurait dû être relâché parce qu'il y a marre des voyous qui se croient tout permis ! Alors oui tuer c'est mal et tout ce que tu veux mais à un moment donné si je vois une de mes soeurs se faire agresser par exemple, je sais que je réagirai d'instinct (ça m'est déjà arrivé hein) et je la défendrai.
    On est tous des humains et tu n'es pas un monstre t'inquiètes haha.

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    1. On n'est pas mature à 14 ans mais on a quand même atteint l'âge de responsabilité et de raison et on est quand même capable de se rendre compte que passer la quantité de passagers du simple au double est une chose stupide !
      Oui, ça dépend des situations, il y a des situations qui touchent plus que d'autres. Le bijoutier, ma foi... est-ce qu'il n'aurait pas simplement pu le blesser plutôt que de le tuer ? Après peut-être qu'il a mal visé mais bon... je comprends qu'il veuille se défendre mais aller jusqu'à tuer...

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    2. Pas d'accord, j'ai connu des gens vraiment idiots à 14 ans ^^. Mais qui ont mûri 4 ou 6 ans plus tard ^^.

      Ben si tu te fais braquer souvent et que tu as la peur au ventre en faisant ton travail, je comprends perso qu'on peut péter un câble.

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    3. C'est sûr que si on vit la peur au ventre, le jour arrive effectivement l'objet de notre peur on peut péter un câble !

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  6. Je comprends ton raisonnement. Et puisque tu avais lancé un débat sur mon blog il y a quelques jours, je t'offre le privilège d'en avoir un sur ton propre site. Je ne te promets pas de le tenir très longtemps, hein ?, mais enfin : je me lance.

    Je ne pense pas que l'on soit un monstre parce qu'on est pas sensible à un événement où il y a eu des morts. Tu es tout à fait humaine. Mais tu laisses trop parler ton cerveau et un peu moins ton humanité.

    Tu pourrais par exemple être touchée par le fait que des jeunes ne soient pas sensibilisés au risque qu'ils encourent.
    Tu pourrais être touchée par le fait qu'ils s'embarquent tous vers leur péril, sans avoir une once de pensée pour leur parent, par la beauté de la vie, que leur petite expérience leur semblait plus importante.
    Tu pourrais être touchée par le fait qu'ils sont tellement en manque de vie, en manque d'envie, d'expérience, de découvertes, qu'ils pensent que cette virée en fourgonnette aurait pu leur apporter quelque chose.

    Ce n'est pas que l'histoire de jeunes qui ont fait un choix et que ce choix leur a couté la vie. C'est aussi l'histoire d'un manque de rêve, de création, d'humanité peut-être ? de leurs parts.

    Qu'en penses-tu ?

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    1. J'adore les débats, peu importe où ils se tiennent, haha ^^'

      Je suis assez d'accord avec toi, il y a un peu tout ça même si j'ai plus de retenue sur le terme "humanité". Mais je crois qu'à 14, 15, ou je ne sais pas quel âge ils avaient, on est quand même capable de faire la part des choses (encore faut-il ne pas aller se bourrer la gueule tous les samedis soirs mais c'est un autre sujet). Même si tu as raison et qu'il y a la question du fait qu'ils veuillent pimenter leur vie avec une virée en fourgonnette ça ne change pas le problème. Ils ont fait un choix. Ils auraient pu faire celui de faire une randonnée entre amis, de se payer un saut à l'élastique s'ils voulaient des sensations fortes, mais ils ont fait le choix de monter dans la voiture. C'est assez dingue que, pour pimenter une vie, on en soit à prendre de tels risques, risques peut-être pas tout à fait mesurés même si chaque année dans les collèges et les lycées la police vient faire sa petite intervention sur l'alcool etc, et donc qu'ils savaient mais qu'ils ont décidé de passer outre et de ne pas écouter les flics. Ils savaient. Peut-être que sous le coup de l'alcool, l'euphorie du groupe, ou l'envie de ne pas se faire exclure, de passer pour un rabat joie (situation que je connais bien) ils se sont dit qu'on s'en foutait, et ont décidé de monter. Ils savaient (à 14 ans y'a déjà eu au moins 3 interventions de policiers dans les établissements) (j'imagine qu'ils font ça partout en France). Ils savaient et ils ont fait leur choix. C'est dramatique qu'on en arrive là pour pimenter sa vie, mais je ne crois pas que ça change vraiment quelque chose au problème. Le problème c'est qu'ils ont pris un risque. A la limite peu importe pourquoi ils l'ont pris : le fait est qu'ils l'ont pris en connaissance de cause. A partir de ce moment-là ils acceptent de perdre leur pari. C'est pas comme s'ils avaient eu 6 ou 8 ans, entraînés par leurs grands frères et soeurs. Ils ont fait leur choix eux-mêmes, ils ont atteint l'âge de responsabilité et de raison.

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  7. J'aime ton article ! et tout en confirmant que tu n'es pas un monstre.
    Rien ne me choque dont ce que tu écris, car moi aussi je pense tout comme toi que les personnes qui ont fait le choix de prendre des risques doivent assumer les conséquences. D'ailleurs avec mes enfants, je leur fais bien comprendre que dans la vie il y a toujours des choix. Comme par exemple, la petite qui ne veut pas faire ses devoirs, eh bien, je lui dis, tu peux ne pas les faire, mais attends toi à ce que la maîtresse te blâme ou bien que tu redoubles plusieurs fois etc, et ne viens pas te plaindre que les autres copines sont toutes dans une autre classe. Lui faire comprendre que c'est ELLE qui choisit, moi ça ne dérange pas mais faut pas venir se plaindre que ce soit la faute des autres .... malgré que cela me ferait mal au coeur qu'elle fasse le "mauvais" choix car je suis humaine...
    Ceci dit je suis navrée pour les familles.

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    1. En fait je crois que tu mets le doigt sur l'une des grandes questions qui entourent ce sujet (Céline l'a fait en parlant du pourquoi du choix) qui est la question de la déresponsabilisation. Tu apprends à ta fille qu'il ne faut pas se plaindre que c'est de la faute des autres alors que c'est elle qui a fait le choix. Eh bien là c'est un peu pareil, quelque part, dans le sens où ces jeunes ont fait un choix qui amènent à des conséquences. Ici il n'y a pas de conducteur fou qui a percuté la fourgonnette : ce sont eux qui sont allés s'encastrer dans un arbre (il me semble). C'est de leur faute. Ça n'enlève rien au dramatique de la situation, à la tragédie, à la culpabilité que vont peut-être ressentir les parents qui vont se dire qu'ils n'auraient pas dû leur permettre de sortir, à la culpabilité des survivants que vont ressentir les jeunes rescapés qui vont se dire que s'ils avaient fait ça ou ça... mais ils ont fait un choix et ce choix entraîne des conséquences, comme tous les choix.

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  8. Heya !
    Alors non tu n'es pas un monstre en pensant cela (heureusement), et surtout tu n'es pas toute seule, j'ai eu la même réaction que toi (et mes parents aussi pour la peine). C'est triste POUR les familles, mais en rien ce drame n'a à nous toucher. Pour moi ça serait simplement de l'hypocrisie pure (après ce n'est que ma vision. Etant relativement rationnelle, mes sentiments parlent peu à ma place ). C'est peut-être cru et cruel, mais en effet, ils ont fait les cons et ils ont perdu, qu'on le veuille ou non, ils n'ont pas à être plaint d'un quelconque façon. C'est " Bah écoute, il fallait réfléchir à deux fois... " et voilà tout. C'est triste pour ces parents, mais pas pour le reste de la population. Sachant que penser pour sa pomme est un comportement totalement "humain" , et oui c:.

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    1. Le problème surtout, c'est que ce drame ne va pas retenir les autres. J'ai une amie qui prend régulièrement des cuites : elle ne va pas s'arrêter, va peut-être monter dans la voiture d'un mec bourré... Oui c'est tristes pour les parents et pour les amis, pour les personnes qui ont perdu un proche... c'est un accident dramatique mais peut-on encore appeler ça un accident quand tout est fait pour amener à la mort ? Une fourgonnette trop chargée, des jeunes qui sortaient de soirée : donc fatigués et alcoolisés ; un conducteur qui n'avait pas le permis, d'ailleurs il n'avait même pas l'âge, et qui en plus était éméché... ça ne m'étonne même pas qu'ils aient fait une sortie de route !

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  9. J'ai moi aussi lu l'article de Ginie et tous les commentaires qui ont suivi... et le tien m'a apparu être le seul à être réfléchi et pas "je revendique d'être bisounours" et depuis, j'ai découvert ton blog et tes autres articles, j'aime beaucoup tes idées et la manière dont tu les exprimes!
    Je rejoins d'autant plus Gigi ci-dessus sur le fait qu'en tant que mère, j'apprends à ma fille d'assumer ces choix, à la hauteur de ses (presque) 2 ans, le tout dans la limite de la sécurité (s'attacher en voiture est non négociable par exemple).
    Je pousserai même l'idée à dire que de plaindre ces gens qui ont, comme tu dis "joué et perdu", c'est ne pas leur rendre service car ils n'apprendront pas que leurs actions ont des conséquences sur eux, mais aussi sur leurs autres! Je serai curieuse d'avoir le ressenti des survivants des gamins de la camionnette: est-ce qu'ils recommenceront? Est-ce qu'ils sauront faire des choix moins dramatiques à l'avenir? J'espère...
    Dans tous les cas, un grand merci pour ce débat très intéressant!

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    1. Haha c'est gentil ! Ravie que mes articles te plaisent !
      C'est vrai que pas mal de commentaire sont très "je préfère fermer les commentaires et vivre dans mon monde naïf de bisounours et de licornes qui pètent des arc-en-ciel".
      Effectivement, je te vois mal dire "vas-y t'attache pas", d'autant qu'à 2 ans on a pas forcément conscience du risque pour le coup, parce que la ceinture c'est surtout un truc chiant qui empêche de bouger comme on veut (bordel de merde xD).
      Moi aussi j'aimerais beaucoup savoir ce qu'ils pensent de tout ça et avoir leur version de l'histoire (est-ce qu'ils sont montés parce qu'ils avaient envie, ou pour faire comme les autres, est-ce qu'il y en avait un qui a essayé d'avertir les autres du danger...). J'ose espérer qu'ils ne recommenceront pas et même avertiront les autres... mais une blogueuse m'avait dit qu'elle connaissait des personnes qui s'étaient encastrées dans un arbre et qui avait continué de rouler bourré... à 30 ans ! (ou presque) Donc rien n'est moins sûr... Mais j'imagine qu'il va y avoir les parents derrière, plus vigilants que jamais.

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  10. perso, j'ai dit mais que font et où sont les parents? kiss!

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    1. Je pense que c'est facile de contourner les parents ! Un monsieur racontait qu'il avait appris à sa fille de quinze ans à conduire sur des petits chemins de campagne. Un soir elle a attendu qu'il dorme, elle est descendu dans le salon, elle a chipé les clés de la voiture, et elle est partie en virée avec une amie sans qu'il le sache.

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  11. Je suis tout à fait d’accord avec toi :) Ils ont fait un choix et ils ont perdus voilà tout ♥ Tu n'es pas un monstre, tu n'es pas hors-normes et je suis comme toi, ou alors on est hors-normes toutes les deux dans ce cas je suis heureuse d'être différente :)

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    1. Je ne disais pas que je suis hors normes parce que je pense ça, je disais que je pensais que peut-être éventuellement je pense ça parce que je suis hors normes ;) ^^'

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  12. Non, tu n'es pas un monstre. Il y a des drames qui nous touchent plus ou moins, selon nos sensibilités...

    Sable

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