jeudi 30 juillet 2015

"Ben non t'es pas normale"

Bonjour !

Obtenir cette phrase, jetée avant de changer de sujet en rigolant avec ma soeur, aura été assez laborieux mais je suis tenace et je préfère que les choses soient dites clairement, franchement, plutôt qu'à grands renforts de sous-entendus lancés comme si de rien n'était. Parce que la phrase d'origine c'était "laisse [ta soeur], elle est normale". "Donc en gros tu sous-entends que je ne suis pas normale ?", pas de réponse, il va falloir envisager une approche plus frontale : "Je préférerais que tu entendes les choses au lieu de les sous-entendre. _ De quoi ? _ Que je ne suis pas normale. _ Ben non tu n'es pas normale." Ah ! Ben voilà ! C'était quand même pas compliqué ! Et après c'est moi qui sait pas communiquer, on marche sur la tête ! Enfin bref.

Non, c'est vrai, je ne suis pas "normale", j'ai une amie qui dit que je suis "bizarre", mais _ sincèrement ? _ j'en ai absolument rien à faire. Déjà il va falloir se mettre d'accord sur ce qu'est ne pas "être normal" parce que ça devient rapidement, dans certaines bouches, un trucs plus près de "tu es un monstre" que de "tu es hors normes". Dans un vieil article d'il y a un an j'avais cité le Larousse et Wikipédia qui définissaient la normalité comme le fait d'être conforme à la norme, à l'habitude. Donc non, c'est vrai, je ne suis pas normale. Je ne prends pas des selfies avec la moitié de ma tête hors cadre que je soumets à tout plein de filtres de couleurs et sur lesquels je fais des têtes étranges ; je ne vais pas en soirée une fois par semaine pour me bourrer la gueule à ne même pas me souvenir de ce que j'ai fait et à en rire sans saisir le dramatique de la situation ; je n'ai pas quatre cents amis sur Facebook ; je n'ai pas Snapchat ; je ne suis pas membres de grands groupes d'amis parce que ce n'est pas ma nature et que je suis déjà mal à l'aise avec plus de cinq personnes autour de moi ; je n'ai pas des posters de mes stars préférées dans ma chambre ; j'ai des problèmes de communication ; non, je ne suis pas dans les normes, mais j'aime qui je suis même si je sais qu'il y a des défauts à atténuer.

Il y a trois manières de dire de quelqu'un qu'il n'est pas à l'intérieur des bornes et des convenances que la société a posé : hors normes, anormal, et pas normal. Ces trois choses veulent dire exactement la même chose, désignent les mêmes personnes, et pourtant on ne les utilise pas indistinctement. "Anormal" est péjoratif, "hors normes" est mélioratif, et "pas normal" est quelque part entre les deux, parce que l'on n'est pas bien sûr que la personne soit un atout (au contraire des surdoués par exemple), mais pas bien sûr non plus qu'elle soit une espèce de monstre potentiellement dangereux davantage dans le genre des psychopathes. Alors bon, moi je m'en tire pas trop mal finalement, je ne suis pas "anormale", c'est déjà ça de pris ! ;)

Je crois que je l'ai plus ou moins toujours su en fait. Parce que je me souviens que, dans la cours de récré entre le CE2 et le CM2, je n'étais pas toujours avec des amis, j'ai des souvenirs de moi en train d'arpenter la cours en chantonnant des trucs inventés, et je sais que j'avais tendance à regarder mon reflet dans les vitres quand je parlais aux gens plutôt que les gens eux-mêmes. Ça a mis du temps à s'améliorer, maintenant je me rends compte que je regarde plus souvent les bouches des personnes que véritablement leurs yeux. Au collège les sujets de conversation que je lançais c'était sur l'actualité. Vous connaissez beaucoup de collégiens qui parlent d'actualité ? Là où je me suis vraiment sentie en décalage c'est dans ma classe de Seconde. Mais je pense que c'est en grande partie parce que j'étais dans un lycée scientifique, parce qu'à partir du moment où j'ai été dans une classe de Littéraires c'est allé beaucoup mieux ! Donc oui, je crois que finalement je me suis toujours plus ou moins rendue compte que je n'étais pas pareille, que j'étais différente, ou en tout cas que je n'étais pas un mouton.

Mais je ne crois pas que le fait que je sois hors normes (oui, je me permets de prendre le terme mélioratif tant qu'à faire xD) soit l'équivalent d'un boulet à ma cheville, veuille dire que je suis nulle et que je ne sers à rien. J'ai aussi des qualités. Je pense être plutôt intelligente, en tout cas suffisamment pour être capable de réfléchir plus ou moins correctement, je ne pense pas que mon ambition soit un défaut, j'ai plusieurs projets en projet (hrm hrm) même si je ne pense pas qu'ils réussiront parce que c'est vraiment grand et vraiment mal engagé. Je suis gentille, sincère et honnête, je suis vraiment très bon public concernant l'humour, je suis curieuse, je m'intéresse à à peu près tout, même au sport alors que je n'en fait pas, même à la science alors que j'ai fait un bac L ; je pense que je ne suis un pas trop mauvais chef d'équipe, et j'ai l'humilité de reconnaître quand, dans l'équipe, quelqu'un fera mieux le travail que moi et de savoir me contenter d'une place de numéro deux. J'essaye de m'améliorer, pour atténuer mes défauts, être une meilleure personne, mais certainement pas pour entrer dans les normes comme on me le demande.

On me demande de comprendre le monde qui m'entoure, de prévenir tout de suite quand je sais que j'ai mon année de L1 aux rattrapages alors que c'est le genre d'informations qui pour moi peut attendre le soir. On me demande de m'adapter au monde. Mais je ne crois pas que ça soit le genre de choses que l'on puisse faire à sens unique. Les enfants autistes ont des écoles spéciales, c'est une partie du monde qui s'adapte à eux et essaye de les comprendre. Donc je pense que si une partie du monde peut comprendre les enfants autistes, que si les parents de ces enfants peuvent les comprendre, mon entourage peut aussi essayer de me comprendre. Mais non. Parce que c'est moi qui cloche, et c'est à moi de ne plus clocher.

Seulement moi je crois que je suis comme l'on m'a faite. De la chimie de mon cerveau en passant par mon éducation, mes expériences, mes traumatismes, mes apprentissages, en gros, mon passé. Je suis comme l'on m'a faite. Certes, c'est parfois un peu peinant de savoir que l'on est un peu en décalage, qu'il y a un truc qui cloche, sans tout à fait parvenir à mettre le doigt dessus, mais je suis contente, dans les grandes lignes, de qui je suis, et je ne pense pas être un boulet irrécupérable, une nulle. Je n'ai pas envie de changer et même si j'en avais envie je ne pourrais pas parce que l'on ne peut pas changer. On peut évoluer, mais on ne peut pas devenir une autre personne. Demain je ne serai pas cette fille extravertie, avec des dizaines d'amis, qui accepte d'aller aux soirées, et qui sait facilement faire confiance aux autres. Demain je serai toujours plutôt introvertie, avec quelques amis, qui refuse la plupart (toutes) les soirées, et qui ne sait pas faire confiance, se confier et se rendre vulnérable, mais qui peut y travailler. On évolue, on ne change pas. C'est un fait. Et je ne pense pas que contrer cela en faisant semblant d'être une autre personne soit une bonne idée, ni une démarche très honnête.

Donc non, je ne suis pas dans les normes, mais ça ne m'intéresse pas. C'est vrai que depuis le passage collège/lycée j'ai tendance à m'imaginer l'année suivante avec des amis super fusionnels, etc., mais je sais que ça ne m'arrivera jamais, parce que ce n'est pas ma nature, et j'ai plus ou moins fini par m'y faire. J'imagine qu'il y a des personnes hors normes qui aimeraient bien être dans les normes parce que ça serait plus facile, moins pesant, mais ce n'est pas mon cas. Non, je ne suis pas normale, mais le devenir ne m'intéresse pas. Je suis comme je suis et je n'ai pas envie de changer. Je peux essayer de comprendre le monde et ses convenances (rappelez-vous, je suis intelligente :P) et tenter de m'adapter. Mais je ne peux pas changer, faire comme si j'étais une autre personne... Donc il va falloir me prendre anormale ou ne pas me prendre du tout. Ça peut paraître idiot d'être butée comme ça, mais je suis qui je suis et, si je veux bien m'améliorer et m'adapter, je ne veux pas changer.

samedi 25 juillet 2015

Championne du monde et... ? Jolie.

Bonjour ! :)

Le Tour de France s'achève, j'ai cru jusqu'au bout, irraisonnablement, que Contador s'en sortirait mais non... et jusqu'au bout j'ai cru que je pourrais tenir ma langue, mais non (en même temps, depuis le temps, j'aurais dû m'en douter xD). Dans un précédent article j'ai dit que deux choses m'énervaient : le fait que les journalistes prononcent les noms n'importe comment et Gérard Holtz. Force est de constater qu'il y en a une troisième. Si si si. Figurez-vous que l'on demande aux sportives d'être jolies.

De tout le Tour, lorsque le commentateur parlait de Pauline Ferrand-Prévot, Française, championne du monde, il disait "la jolie Pauline". Et ça m'a fait penser à cet article de Charlie Dupin. Comment-ça "la jolie Pauline" ? Certes, elle est mimi comme tout, mais là n'est pas la question ! Quand on parle de Peter Sagan ou de Warren Barguil on ne les qualifie pas de "beaux" ou de "mignons" (et pourtant ils sont loin d'être affreux je trouve). Non. Quand le commentateur parlait de Peter Sagan il disait "c'est un artiste". Pauline, elle, elle est jolie. Une jolie championne du monde. Mais on s'en fiche qu'elle soit jolie ! L'important c'est qu'elle gagne !

Certes, on pourrait se dire que c'est anodin, que c'est un compliment et que les compliments c'est chouette, mais alors pourquoi ce genre de compliments on ne le fait pas aux garçons ?

C'est marrant parce que j'ai relu l'article que j'avais écrit y'a plus d'un an sur les commentaires touchant au physique des patineuses, et je pensais tout à fait le contraire x) Ces réflexions ne m'avaient pas choquées... Mon Dieu... dites-moi les blogueuses, qu'est-ce que vous avez fait à mon cerveau ? Vous m'avez retourné la tête ! Je ne vous félicite pas ! xD

Je disais donc : pourquoi est-ce qu'on ne fait pas de réflexion sur le physique des garçons ? Un homme peut très bien complimenter le physique d'un autre homme... D'ailleurs dans le Club Tour sur Europe1 un consultant comparait Warren Barguil à je ne sais plus qui en disant que c'était un coureur un peu dans le même genre et il a utilisé entre autres le terme "beau gosse" donc bon... Alors pourquoi les "jolie Pauline" s'enchaînent et pas les "joli Warren" ?

Ça peut paraître anodin, mais ça ne l'est pas. Ça montre en filigrane une différence entre ce que l'on attend des filles et ce que l'on attend des garçons. Les garçons doivent être forts, doivent nous gagner des records du monde et des étapes, les filles, si elles sont championnes du monde c'est bien, si elles sont jolies c'est mieux. C'est un peu comme toutes les expressions du genre "c'est du gâchis que tu sois gay" ou "c'est bien une réflexion que peut avoir un Noir" (pas la peine que je vous mette toutes celles que j'ai entendues et rapportées sur le blog, vous voyez le genre) qui révèlent un racisme sous-jacent. C'est le genre de phrases ou d'adjectifs qui passent un petit peu inaperçu dans les phrases et conversations et qui pourtant montre quelque chose dans la façon de penser des gens, même si ce n'est pas à mal ou que c'est quelque part entre le conscient et l'inconscient.

En tout cas, je retiendrai de cet article que grâce (j'avoue, spontanément j'avais écrit "à cause") à la blogosphère j'ai un peu retourné ma veste par rapport à l'année dernière. Je ne sais pas encore si je dois remercier les fautives ! x)

Enfin bref ^^'
Qu'en pensez-vous ?

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Oui non, alors si les filles s'y mettent aussi... l'article c'est une interview dont voici un extrait : "Une sportive que vous admirez ? Maria Sharapova. En plus d’être une championne hors du commun, je la trouve très jolie." Qu'est-ce qu'on fait ? Un suicide collectif maintenant ? x)

jeudi 16 juillet 2015

Démographie bloguesque

Bonjour !

Tout à l'heure je suis tombée sur un article de Lula Mhad et l'une des choses qu'elle dit sans son article m'a faite penser à une comparaison que j'avais faite dans un commentaire à une autre blogueuse il y a quelques semaines. En fait il semblerait que les blogueuses mode sont en train de perdre du lectorat, car les gens ne trouvent plus ce qu'ils y trouvaient avant à cause des pubs, des partenariats, etc. Alors que, paradoxalement, il y a tous les jours de nouveaux blogs qui se créent parfois juste pour l'argent. Ce décalage m'a fait penser à la transition démographique que rencontrent les pays quand le taux de mortalité descend mais que le taux de natalité reste élevé parce que les parents ne se sont pas encore rendus compte que les enfants ne mourraient plus.

Ce que je veux dire c'est que, il y a sept ans (à la louche) (puisque c'est l'ordre d'idée dont parlent les blogueuses qui sont là depuis les débuts) les blogs étaient très différents, sans marques, etc. Puis les marques sont venues, les blogueuses sont devenues des stars, influentes, suivies par plein de femmes qui voulaient des bons plans, ne se fiant plus aux magazines, et voyant en elles des "bonnes copines". Et puis les média ont commencé à s'intéresser à ça, à faire des reportages sur certaines blogueuses, à révéler l'étendue des avantages qu'elles peuvent avoir, et donc à donner envie à d'autres personnes d'ouvrir des blogs pour elles aussi gagner de l'argent. Sauf qu'entre temps les blogueuses sont devenues "trop" stars, avec trop de partenariats, pas assez de transparence, plus de réponses aux commentaires (évidemment je généralise), et qu'en deux-trois ans elles ont perdu jusqu'à soixante-dix pour cent de leur lectorat (j'ai piqué le nombre à Lula). Je pense que c'est le genre de chose que les marques savent et donc qu'elles vont se désintéresser du modèle de partenariat tel qu'il existe aujourd'hui. Et ma comparaison est là : il y a un décalage entre l'apogée des blogs et l'afflux de nouvelles blogueuses ; les nouvelles blogueuses arrivant quand la fête est finie (et allant vite déchanter), comme il y a un décalage entre la baisse du taux de mortalité et celle du taux de natalité lors d'une transition démographique.

Je pense que l'on est en pleine transition démographique bloguesque et en pleine transition tout court. Parce que les blogueurs qui veulent vivre de ce qu'ils bloguent vont devoir trouver de nouvelles formules, de nouvelles alliances avec les marques, une nouvelle façon de faire. Sinon ils vont droit dans le mur, puisque le public sait qu'il n'y a pas de transparence. Et d'ailleurs je crois que les blogueuses (mode surtout) sont victimes du succès qu'elles ont commencé à avoir dans les média il y a un ou deux ans. Parce que les caméras les suivent quand elles ont des rendez-vous avec des représentants de marques, ou des agents, et que du coup les spectateurs qui voient ça et lisent des blogs peuvent se demander si les blogs qu'ils lisent sont sincères ou honnêtes. Le problème c'est que les média ont été lents à la détente. Tout va extrêmement vite sur internet : l'info, les modes, les évolutions, et la blogosphère n'a pas échappé à ça. Sur internet il faut être le premier à penser avant les autres, sinon c'est fichu. Je vais prendre un exemple concret : Hellocoton (coucou la Team ! :P) (non, ceci n'est pas une tentative de corruption pour être en sélection ^^'). Le premier réseau en la matière. Il a plusieurs années maintenant, et ça fonctionne bien. Donc des concurrents comme Dokuji ou Inspilia arrivent. Mais c'est trop tard. Ils auraient dû réagir bien plus vite ! Seulement, avant, on ne s'était pas encore rendu compte de l'étendue des blogs, et maintenant c'est trop tard : la deuxième évolution est déjà en court.

La deuxième évolution je ne sais pas ce que c'est. J'ai envie de croire que c'est plus d'harmonie dans les partenariats (ça doit être mon côté idéaliste et bisounours), plus de transparence entre les blogs "stars" et leurs lecteurs, des partenariats peut-être plus sains, avec des marques qui acceptent que les articles dans lesquelles on parle d'elles puissent être négatifs, tout comme les commentaires que les gens laisseront. Des marques aussi qui ne proposent pas la même chose à trois cent blogueuses dans de grandes campagnes repérables à cinq cent kilomètres. Peut-être aussi des blogueuses qui arrêtent de faire de la comm' en laissant des "merci pour ton blog, viens voir le mien" à tout bout de champ. Mais personne ne peut savoir si ça évoluera comme ça ou pas, par contre je pense que le pouvoir est entre les mains des blogueuses.

Je ne pense pas que ça soit les marques qui mènent la danse. Je pense que les blogueuses et les blogueurs ont le pouvoir de dire "non" quand on leur propose quelque chose d'exagéré, de ni très honnête ni très moral. Qu'ils ont le pouvoir de dire quand quelque chose ne leur plait pas, les dérange, les titille, qu'ils ont le droit d'oser, de négocier, et qu'ils ne sont pas obligées de dire oui à tout et de se laisser écraser ou impressionner. Je pense aussi qu'ils ont le pouvoir de ne pas se laisser attirer par l'appât du gain et de rester entiers, honnêtes et droits. Mais c'est entre leurs mains, entre nos mains. Et l'évolution suivante, qui arrivera certainement encore plus vite que celle-là, sera encore entre nos mains.

Bref. Après ces deux paragraphes très chamallow et licornes en barbe à papa sur lesquels je me refuse à terminer (héhé), je dirais que l'on a un peu de temps pour réfléchir à ce que l'on veut avant que la transition ne soit complètement terminée. Vraiment peu de temps. Parce que internet va vraiment très vite. Alors pour vous qu'est-ce que ça serait une transition réussie ? :)

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vendredi 10 juillet 2015

Une histoire de prononciation

Bonjour !

Ça fait environ une semaine que le Tour de France a commencé et une semaine que je me mets devant à l'heure précise où commence la diffusion. J'adoooooooore le Tour (moins quand les coureurs se cassent la figure) mais il y a quand même une chose (deux avec Gérard Holtz xD) qui me dérange un petit peu : c'est que j'ai un petit peu l'impression que les journalistes/commentateurs ne font aucun efforts pour prononcer les noms des coureurs (et le Micro d'Or revient à Gérard Holtz justement).

J'ai toujours détesté que l'on prononce mal les noms des gens. Je trouve qu'au mieux c'est un manque de respect pour leur nom et au pire pour ceux qui les portent. Un nom c'est une identité et je trouve normal que l'on fasse des efforts pour bien les prononcer. Surtout que c'est pas bien difficile... Je veux bien admettre qu'il y a certains noms et prénoms, à consonance russe notamment, où les sons sont agencés d'une manière pas très habituelle pour notre langue et qu'il faut s'entraîner un peu. Mais les sons dans ces noms ne sont pas comme les sons anglais ou chinois que nous n'avons pas dans notre langue et qui sont plus difficile à trouver pour nous : ce sont des sons que l'on a donc nous n'avons aucune excuse. Quand j'entends Gérard Holtz dire "valverde" alors que Alejandro Valverde est Espagnol et que le e se prononce "é", le même "é" que l'on a dans "école", "récréation" et "vélo" ça m'agace parce que Gérard Holtz ne fait aucun effort. Quand, pour un autre Espagnol, il dit "joaquim" alors que le j se prononce "r", ça m'énerve, parce que ce n'est pas très compliqué, pas du tout même, et que la moindre des choses c'est quand même de bien prononcer.

Je ne demande pas que les journalistes prononcent parfaitement, avec la bonne accentuation sur la bonne syllabe, mais à un moment il faut quand même faire un effort... Il y a un coureur Polonais qui s'appelle Michał Kwiatkowski. On entend tous les intervenants dire "michal" alors que ça se prononce "mihaou" (avec le h aspiré des anglais) et que le journaliste a dit au début du Tour qu'il avait demandé à un confrère Polonais. Il n'a donc aucune excuse. Et pourtant les "mihal", "michal", "mihaol" se succèdent. Michał Kwiatkowski ; si son nom fait un peu peur au premier abord ça se prononce en réalité comme ça s'écrit, et pourtant on a le droit à chaque fois à "katofski". Grrr. Pareil avec l'un de ses compatriotes Rafał Majka. Le l est accentué, c'est donc "ou" ; "rafaou" et pas "rafal". Au moins ils prononcent correctement son nom, c'est déjà ça. Même chose avec l'un des hommes présents dans l'échappée aujourd'hui, un Croate du nom de Kristijan Đurasek. Comme en espagnol, le u se prononce "ou", et le d accentué est "dj". Pas très compliqué à prononcer, et pourtant les "durasèk" se sont succédés. Pourtant ce n'est pas le bout du monde. Je ne demande même pas que l'on roule les r ou que, pour les Espagnols comme Valverde on prononce bien le v "b". Mais juste un minimum d'efforts pour les noms des coureurs. Surtout quand on dit qu'on a demandé à un confrère de la même nationalité que le coureur en question...

Au début du Tour, à la première ou deuxième étape, un journaliste a dit "on est en France, on s'adresse à un public français, on peut donc prononcer les noms à la française". J'ai cru que j'allais m'étouffer. A ce train-là autant ne pas dire Tony "martine" mais "martin". Ou ne pas dire Vincenzo Nibali mais Vincent. Ça me dépite. Certes, on s'adresse à un public français, et alors ? Un nom reste un nom, et j'estime qu'il faut faire un minimum d'effort pour les prononcer correctement... Ce n'est pas "piteur" Sagan mais "pétér" parce qu'il est Slovaque et non Britannique. Mes parents disent que je chipote ; oui, peut-être, mais encore une fois j'estime que c'est la moindre des choses de prononcer correctement un nom... Surtout que ma mère est mal placée parce qu'elle s'agace quand on prononce mal notre nom en disant qu'il n'y a rien de compliqué et qu'il suffit de savoir lire (ce qui est vrai). Pour Peter Sagan aussi il suffit de savoir lire, pour Alejandro Valverde aussi il suffit de savoir lire, et pour Michał Kwiatkowski, Rafał Majka, et les autres coureurs qui nous viennent des pays de l'Est il suffit de se renseigner (et de savoir lire). Enfin bref. Ça m'agace.

Qu'en pensez-vous ?

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jeudi 9 juillet 2015

Répandre les clichés

Bonjour !

Hier soir ma soeur regardait une vidéo sur son téléphone d'un certain Mister Video qui a tenté de faire un canular téléphonique (mais il a oublié que les policiers ne sont pas nés de la dernière pluie et il s'est fait prendre, convoquer, et à dû payer quarante euros ; comme quoi les histoires qui se terminent bien ça existe) dans lequel il dit qu'il a un problème : il ne peut pas s'empêcher de violer des filles. Et comme ça serait quand même franchement dommage que vous ne perdiez pas deux minutes cinquante-six de votre temps je vais vous mettre un lien (je voulais l'intégrer mais je n'ai pas réussi).

L'explication du "je ne peux pas retenir mon zizi" m'a achevé. Je suis de ceux qui pensent que l'on peut rire d'ABSOLUMENT tout : de la misère, de la faim dans le monde, du sida, de la guerre, des femmes battues, des viols, des meurtres, des religions, des juifs, des Arabes, des musulmans, des chrétiens, des immigrés, du racisme, des Noirs, des Blancs, des maladies, du handicap, et de tout autre thème que l'on pourrait qualifier de "tabou" et de "gênant". Je suis allée voir Jérémy Ferrari en spectacle, et j'irai le voir pour son nouveau s'il passe dans ma ville (steuplait-steuplait-steuplait viiiiieennnns), parce que ce qu'il fait est drôle, quelque soit le sujet qu'il aborde. Là où je veux en venir c'est que, dans cette vidéo de ce jeune homme, ce qui me dérange, ce n'est pas le thème abordé, c'est la manière de le traiter. Ce n'est pas drôle. Quand Jérémy Ferrari fait un sketch sur un sujet difficile (c'est-à-dire tout le temps xD) il dénonce les choses. L'autre jour sur France Ô y'avait une diffusion de Rire Ensemble Contre le Racisme 2012 et le sketch d'Anthony Kavanagh était drôle. Mais cette vidéo de Mister Video n'est pas drôle.

Je pense que la problématique ici est la même que pour les youtubeuses. Se rend-il compte que son public est constitué de jeunes de plus ou moins dix-sept ans ? Se rend-il compte qu'il a un impact sur ce que ces personnes vont penser ensuite sur le viol ? Qu'ils vont peut-être se dire que c'est un acte anodin, contre lequel la police ne fait rien quand on appelle (alors que là le monsieur avait juste compris que c'était une "blague") ? Se rend-il compte de ce que presque cinquante mille vues et trois mille "j'aime" représentent ? L'autre jour je vous faisais part sur Hellocoton de mon malaise quant à la propension de ma soeur à aligner les clichés sur les viols. Maintenant je comprends. C'est avec ce genre de vidéos légères que des jeunes, filles comme garçons, vont arriver à penser que la fille mérite le viol, que ce n'est pas grave, ou qu'ils vont se conforter dans cette idée.

J'ai lu un article dans lequel la blogueuse disait que c'était facile d'accuser les jeux vidéos de rendre violents alors qu'en réalité c'est la société qui crée la violence. Je crois qu'elle a raison, mais je crois que le contraire fonctionne aussi. En fait je crois que l'on est dans un cercle vicieux, et que c'est un peu le même principe dans ce cas-là. Ma soeur pense que, en gros, si une fille s'est faite violer c'est parce qu'elle l'a cherché ; voir ce genre de vidéos la conforte dans cette idée donnée par la société ou du moins peu démentie ; elle va répandre elle-même ces pensées et participer au mécanisme de la société (en gros).

Alors je me doute bien que ce jeune homme a juste voulu rigoler deux secondes et faire rigoler son public, qu'il ne pensait certainement pas à mal et ne voit pas le problème d'utiliser l'argument du "les hommes ne peuvent pas se contrôler", qu'il ne prend peut-être pas la mesure de l'impact que ça va avoir. Je ne vais pas m'insurger contre lui, signaler sa vidéo, et le traiter de tous les noms. Déjà parce que j'ai pas envie de me faire lyncher par ses fans, haha xD mais surtout parce que ça serait contre-productif. Je ne suis pas une féministe décérébrée qui essaye de lancer une polémique à la con ; je suis une jeune fille à peine sortie de l'adolescence qui a vu dans cette vidéo quelque chose de dangereux et qui essaye de l'expliquer et de l'analyser calmement, pour que le message soit entendu ou du moins écouté et que les oreilles des principaux intéressés ne se ferment pas parce qu'ils se sentiront agressés.

Ce canular n'était pas drôle. Je crois que ce jeune homme devrait essayer d'écouter ceux de Jean-Yves Lafesse avec sérieux et de prendre religieusement des notes. Ou de choper le numéro de Jérémy Ferrari et de discuter avec lui de comment on fait rire avec un sujet aussi épineux que le viol. S'il s'en sort bien il pourra même essayer d'allier les deux et de retenter un canular téléphonique sur fond d'agression sexuelle. Parce que pour l'instant tout ce qu'il a réussi à faire c'est de répandre un cliché stupide qui voudrait que les hommes ne soient pas capables de se contrôler (sinon il faut leur interdire les plages).

Qu'en pensez-vous ?

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