mercredi 13 mai 2015

Trinquons !


Bonjour !

Aujourd'hui j'ai regardé La Nouvelle Edition de Canal+ et dans la première partie ils parlaient de la consommation d'alcool chez les Français en général (la moyenne de l'OCDE est de neuf litres d'alcool pur par personne et par an, c'est l'équivalent de quatre-vingt-dix bouteilles de vin ; en France on est à cent vingt bouteilles tous âges confondus), et, vers la fin de la conversation, des jeunes. Et comme la jeunesse (sa déchéance) est un sujet qui me tient à coeur je ne pouvais pas ne pas écrire d'article.

Le problème c'est le "binge drinking", les beuveries express, le fait que le cannabis soit dans le top trois des consommations, qu'un jeune sur quatre fume quotidiennement ou occasionnellement du cannabis. Mais ce rapport de l'OCDE ne me surprend absolument pas étant donné que l'on a vu passer la mode de la neknomination sur laquelle j'avais pondu un article il y a presque un an. Et surtout parce que je le vois autour de moi avec mes amis et camarades de classe de l'année dernière qui fumaient parfois des trucs pas très très légaux. J'ai un exemple qui date de pas plus tard qu'hier : je mangeais sur le campus avec une amie et ses amies et elles ont commencé à revenir sur une soirée pendant laquelle mon amie a fait des choses dont elle ne se souvient même pas. L'année dernière il y avait trois filles dans ma classe qui se soûlaient régulièrement et, sur la fin de l'année, elles étaient soûlent en classe. Alors, hier, je n'ai fait aucune remarque, j'ai souri, et j'ai gardé pour moi ma désapprobation sidérée parce que je n'ai pas eu le réflexe de la manifester et parce que, de toute façon, on m'aurait rétorqué, piqué au vif, que je ne savais pas m'amuser. Si, je sais m'amuser, je sais "délirer", mais je n'ai pas besoin d'alcool pour ça. Enfin bref.

Dans l'émission, le monsieur qui était invité et représentait une association, je crois, luttant contre les diverses addictions a confirmé au présentateur que retarder l'âge du premier usage était l'une de leurs priorité. Je ne voudrais pas faire ma pessimiste de base mais j'ai envie de dire que c'est trop tard. J'ai dix-huit ans, j'ai passé mon bac l'année dernière, je n'ai jamais redoublé (ça, c'est pour situer ce qui va suivre) : quand j'étais en Sixième seuls les Troisièmes et quelques Quatrièmes fumaient (des cigarettes classiques), quand je suis arrivée en Troisième, des Cinquièmes et quelques Sixièmes fumaient. Ils allumaient leur clope devant le bahut (quel langage :P) et se retrouvaient dans le parc d'à côté pour fumer des chichas. C'est déjà trop tard. Les seules personnes que l'on peut encore sauvegarder du "premier usage" ce sont les primaires et les gosses de maternelle. Mission pas trop difficile à mon avis.

Ils ont aussi abordé les campagnes. Pour moi l'invité a raison quand il dit qu'une seule campagne ça ne suffit pas, qu'il faut répéter encore et encore. Il a aussi raison, je pense, quand il dit qu'il ne faut pas les stigmatiser en leur disant "c'est mal, le fait pas", ce qui risque de leur donner encore plus envie d'essayer. Mais je pense aussi que, et c'est encore mon côté pessimiste et blasé, que même un autre genre de campagne (comme celle qui passait il n'y a pas longtemps et qui dit "pour sa mère [...], pour sa copine [...], pour ses potes [...]" etc.) ne fonctionnera pas non plus. Parce que les jeunes n'en ont absolument rien à faire : ils s'amusent. C'est seulement quand ils seront allés trop loin, quand ils seront momentanément aveugles à cause de la cocaïne (comme le raconte l'auteur du livre "C", une jeune femme qui est sortie de son addiction et raconte dans un roman, au travers d'un personnage, son histoire) qu'ils se rendront compte que, peut-être éventuellement, ils sont allés trop loin.

En fait je dirais qu'on a toujours un temps de retard. On avait un temps de retard quand on a voulu lancer une campagne avortée pour demander aux jeunes embrigadés de ne pas partir en Syrie parce qu'il est évident que ces personnes n'allaient pas écouter le gouvernement contre lequel ils étaient près à se battre. Et maintenant que les cigarettes sont déjà entre les mains des Sixièmes c'est trop tard pour retarder l'âge du "premier usage", c'est trop tard pour dire à des jeunes étudiants qui s'amusent bien que l'alcool c'est pas chouette. On a essayé pourtant ! En Cinquième et Quatrième on a eu une espèce de conférence faite par des policiers sur l'alcool, sur base de savants calculs de taux dans le corps, puis en Seconde aussi, par deux policiers, qui nous on dit ce qu'il y avait dans une barre de cannabis de cinq centimètres (un centimètre de drogue et quatre de pneu, de crotte de chameau, et j'en passe). Mais dans ce dernier cas c'était déjà trop tard ! On était trente-six dans ma classe : je suis certaine que plus de la moitié se bourrait la gueule en soirée et fumait devant le lycée. Les leçons de morales... vous croyez vraiment qu'hier, si je m'étais exclamée, sur le ton de l'humour, "ah ! c'est du joli de se bourrer la gueule comme ça, hein !" on ne m'aurait pas répondu "on sait ! Pas besoin de faire la morale !" ? Personnellement je ne mettrai pas ma main au feu. Ils savent très bien ce qu'ils font, ils savent qu'il y a des risques, ils ont assisté aux mêmes conférences que moi. Mais que voulez-vous ?! Ils s'amusent ! C'est vrai que c'est tellement drôle de faire des trucs dont on ne se souvient même pas !

Sincèrement je n'ai pas de solution à apporter. Mais je pense que si les jeunes qui prennent du cannabis lisaient C ça pourrait aider. En fait je pense qu'il ne faut pas essayer de leur entrer dans la tête que c'est dangereux : il faut qu'ils s'en rendent compte par eux-mêmes. Le jour où ils feront un coma éthylique et se réveilleront à l'hôpital ils comprendront peut-être. Alors oui, c'est une proposition assez dure, dangereuse, parce qu'il n'est pas certains que ceux qui tombent dans le coma éthylique se réveillent un jour, mais je crois que l'on est face à une jeunesse qui a été surprotégée par les parents ("met pas tes doigts dans la bouche, ils sont plein de sable, c'est sale !") (et c'est encore pire aujourd'hui) et qui doit apprendre en se mettant en danger. Ou en lisant les témoignages de ceux qui se sont mis en danger.

J'espère que je n'aurais pas à assister à l'enterrement de mon amie à cause de l'alcool.

Qu'en pensez-vous ?

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11 commentaires:

  1. C'est vrai qu'en se rendant compte par soi-même que quelque chose est dangereux, on a plus du tout envie d'y toucher. Personnellement, ayant eu des personnes proches qui ont eu un cancer, j'ai tellement de respect pour ce qu'ils ont vécu que je ne me vois absolument pas fumer..
    Et puis c'est comme dans tout, c'est une fois que l'on sait que ça fait mal qu'on fait attention. C'est comme un enfant qui se brule parce qu'il n'écoute pas sa mère, il a eu mal mais au moins, il ne le fera plus.. On apprends uniquement de ses expériences et ses ratés.

    Bonne soirée :)

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    1. J'aurais aussi pu prendre ton exemple de l'enfant qui se brûle, je suis d'accord avec ça ^^'

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  2. Je pense comme toi, que c'est trop tard. Je ne trouve pas que les campagnes de prévention soient utiles, car les gens n'en ont rien à foutre et se croient au dessus du commun des mortels : oui ils sont bourrés au volant, mais ils savent ce qu'ils font. Oui ils fument du cannabis dès la sixième mais ils sont pas accro hein, ils savent ce qu'ils font. Ils n'écoutent pas la moindre figure d'autorité et plus la prévention est forte plus ils continuent. Je ne sais pas si c'est parce que les jeunes sont de plus en plus cons ou si c'est parce que de nos jours plus personne n'a d'autorité, mais oui, c'est trop tard. On ne parvient même plus à les empêcher d'entraîner les plus jeunes dans leurs conneries et ça commence de plus en plus tôt. Ça me dégoûte mais bon, si c'est pour qu'on me rétorque encore que je suis une coincée qui ne sait pas s'amuser voilà quoi. Je me tais, les jeunes n'ont qu'à se droguer jusqu'à frôler la mort, ce n'est pas mon problème. Ils ne veulent pas qu'on leur interdise quoi que ce soit ? Eh bien qu'ils crèvent dans le caniveau puisque c'est ce qu'ils veulent.

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    1. moi qui suis née en 1950...oui...suis une vieille peau...je me rends compte de tout le mal qui a été fait en 68...en fait c'est là que tout a commencé à merder...bon courage...bonne analyse.

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  3. Déjà merci pour ton com, d'une analyse parfaite, tu as raison ce n'est sans doute pas une question de culture, mais ça fait peur quand même!
    je tire un grand coup de chapeau à tes parents pour ce que tu es, le problème, c'est que vous êtes de moins en moins nombreux...
    Ton article sur l'alcool est d'une grande clairvoyance...tu fais comment pour ne pas être contaminée par cette jeunesse qui ne sait pas s'amuser? Les enfants de mon mari sont comme ça, ils ne savent pas s'amuser sans "picoler" et les miens, sans fumer le pétard...quoique maintenant ils n'en sont plus au stade pour s'amuser, il fume ça à la place des cigarettes, sauf que c'est de l'herbe de bonne qualité, mais qui fait autant de mal...mais moins que l'alcool quand même...je crois que la jeunesse actuelle est sans espoir, on a dévalorisé les métiers manuels, c'est pour cela que se sont les étrangers qui viennent le faire, puis qu’ici ils ont tous plus ou moins des bagages qu'ils ne peuvent poser nulle part, vu le taux de chômage...alors que les métiers manuel manquent cruellement de main d’œuvre...sans compter qu'en 2012 ils ont supprimer les aides aux apprentis...et viennent juste de s'apercevoir que c'était une belle idiotie, mais 3 ans après, comme tu dis c'est trop tard...C'est vrai que tout ce que tu proposes pour la réforme des collèges est plein de bon sens, et pas besoin d'avoir fait L'ENA pour ça...mais ils sont tellement pourri par leur pouvoir qu'ils n'en font qu'à leur tête, et ce que se soit tout partis confondus...on va dans le mur, mais eux avec nous..tien, je viens de regarder cette vidéo...j'espère que je ne serais plus de ce monde pour voir ça...
    http://sousesprit.com/le-mensonge-dans-lequel-nous-vivons/
    bon WE...au fait, tu fais quoi comme étude? tu peux me répondre en MP...kiss!

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  4. J'ai 16 ans, et je n'ai jamais bu/fumé. J'ai récemment eu de gros ennuis de santé, en ayant un mode de vie "sain". Jamais, je ne prendrais le risque de remettre ma santé en péril parce que j'ai envie je me bourrer la gueule ou de fumer deux ou trois trucs, juste parce que "c'est cool, et qu'on s'amuse bien". Certaines de mes copines racontent leurs péripéties en soirée, quand elles étaient à moitié inconsciente de ce qu'elles faisaient. Parfois, j'ai envie de leurs répondre "C'est ça qui vous amuse ? Ca vous plait ? Avez-vous réellement conscience que vous vous mettez en danger ?". Mais je ne dis rien. Je n'ai pas envie de passer pour la "vieille fille" ou la rabat-joie de service. Trop de jeune, se plonge dans l’alcool, dans la drogue ou dans la clope pour suivre l'effet de mode, parce que les autres le font. Mais pas moi. Je tiens à me préserver. Il y a tout autres manières de s'amuser sans se mettre en danger. Mais ça, ils n'en prendront conscience que lorsqu'il sera trop tard ...

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    1. Je me reconnais beaucoup dans ton commentaire, être la "rabat-joie de service". Ça ne fait pas plaisir quand on entend ça donc on finit par se taire. En fait j'ai presque l'impression que c'est pire depuis la mode du YOLO. D'ailleurs, quand on sait qu'un rappeur qui l'employait souvent a tweeté un truc du genre "à 300km/h sur l'autoroute, YOLO" et que 10min après il était mort, ça fait réfléchir. Normalement.

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  5. Ton article est un peu vieux, mais je lisais un peu ton blog ( au lieu de lire mon livre de philo.... ah làlà... ). Et j'avais envie de réagir ici. Même si c'est pas très constructif.
    J'ai un copain ( oui, un bonhomme que j'aime plus que les autres.) . On se connait depuis très longtemps. Moi je ne vais jamais en soirée ( parce qu'on ne m'invite pas xD, de 1/, mais de 2/ c'est qu'en plus je n'arrive pas à comprendre les principes, et si j'y vais c'est dans une but totalement sociologique //PAN// ). Lui y va régulièrement... De plus en plus régulièrement en fait. On en a parlé, je lui expliqué que ça ne me plaisait pas, et j'ai pris le temps ( en essayant d'être le plus calme possible ) de lui expliquer ce que ça faisait à son corps et pourquoi ça m'angoisser et m'agacer. Il a entendu et fera ce qu'il peut. C'est ce qu'il me dit. Je lui fais confiance... Du moins j'essaye.
    Mais c'est toujours les mêmes arguments : c'est pour s'amuser, et je fais ça avec modération. ( mouairf. on ne fera pas de commentaire ).
    Des fois j'ai l'impression d'être à l'ouest, moi je m'amuse pas avec de l'alcool, mais avec des raclettes party ( les vrais savent c: ). Pourtant dans tout ça, moi aussi j'aime bien l'alcool, parce que ma famille m'a expliqué ce que c'était, comment ça fonctionnait, et pourquoi trop jeune ça pouvait être destructeur. En fait je pense que y'a des soucis avec notre chère jeunesse, parce que c'est un soucis "d'éducation". Il ne faut pas forcément interdire, mais apprendre.

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    1. L'étude sociologique des personnes en soirée est quand même très intéressante ! x)
      Je suis d'accord pour dire qu'il faut apprendre. Mes parents, à Noël par exemple, ils nous faisaient goutter une toute petite gorgée d'alcool, pour assouvir la curiosité, et c'est tout. Et je n'ai jamais été attirée par l'alcool, il n'y en a qu'un que j'aime et ma soeur n'en aime aucun. Mais le problème c'est que si on commence à faire des campagnes demandant aux parents d'apprendre à leurs enfants, on va s'entendre dire que ce n'est pas au gouvernement de se mêler de la manière des parents d'éduquer les gosses à la découverte et l'apprentissage de l'alcool.

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    2. Et voilà le soucis...
      Mais à ne rien faire c'est pas folichon non plus. Mais on a beau dire, les beuveries de ce genre ça existe depuis longtemps, même du temps de nos parents et à notre âge ( les récits des rallys de mon géniteur... ah là là. )
      C'est vrai que ce n'est pas forcément au gouvernement de se mêler de ça, mais même une toute petite sensibilisation un peu intelligente, ça ferait du bien. je pense.
      Je me souviens qu'au collège, on nous avons fait assister à une conférence d'un ancien drogué, qui nous a expliqué son parcours. C'était très cru, mai juste et vrai.
      Alors peut-être que ça rentre pas dans la tête de tout le monde, il n'y a pas assez de recule. Mais moi je sais que ça m'a secoué, et que les fois où j'ai pensé à me faire du mal par l'alcool, la drogue ou que sais-je de choses sanglantes... Bah j'ai pensé à lui. Et j'ai rien fait.
      Y'a aussi une histoire de recule, ce qu'on a pas forcément car comme tu le dis, on est surprotégé D8 !

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    3. Je pense que l'on devrait tous assister à ce genre de conférences, parce que pour la majorité des ados, les flics c'est comme les parents : les adultes qui ont l'autorité et qu'il ne faut écouter, les vieux cons qui nous empêchent de nous amuser...

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