vendredi 24 avril 2015

Quelle est cette société

Bonjour !

Ce matin sur RTL (quand mon père écoute RTL, j'écoute RTL, ma vie est un drame xD) ils parlaient de ce bébé né mort (mort-né c'est bien aussi, hein :P) dont les reins avaient servi à sauver quelqu'un. Du coup c'était une bonne occasion de parler du don d'organes mais aussi du problème du repli familial, des 45% de parents de donneurs qui refusent qu'on prenne les organes de leur mort qui lui le voulait. Et le monsieur posait cette question : quelle est cette société où les gens veulent recevoir mais pas donner ? C'est une question intéressante, qui mériterait réflexion, mais moi j'en ai une autre : quelle est cette société où les gens ne respectent même pas la volonté de leur mort ? Et ça concernant le don d'organe comme autre chose.

Alfred de Musset a écrit la pièce de théâtre Lorenzaccio dans le recueil qui s'appelle Un Spectacle dans un Fauteuil. Il voulait qu'on lise sa pièce, pas qu'on la joue. Et que s'est-il passé quand il est mort ? On s'est empressé de mettre Lorenzaccio en scène ! Comme si, une fois mort, son opinion, son choix, concernant son oeuvre, n'avait plus aucune valeur. C'est un peu pareil avec le replis familial sur le don d'organe. On nous répète, toute notre vie, que notre corps nous appartient, que si notre conjoint ou notre conjointe nous impose quelque chose ça s'appelle un viol, que l'on peut faire le choix ou non de donner ses organes, de se faire enterrer ou incinérer, que l'on peut faire absolument tout ce que l'on veut avec notre corps (même nous prostituer). Et qu'est-ce qu'il se passe quand on meure ? On perd ce droit sur notre corps et notre entourage peut décider à notre place ce qu'il se passera avec notre corps. Je trouve ça dingue... Mais ça marche pour tout. La décision d'Alfred de Musset sur sa pièce de théâtre n'avait rien à voir avec sa fin de vie ou sa mort.

Je trouve ça irrespectueux de ne pas suivre les directives d'un mort. Comme si, maintenant qu'il était plus là et qu'il ne risquait plus de bouder, on pouvait passer outre ses décisions. Moi je pense que l'on devrait respecter les morts. D'ailleurs ça me fait penser à cette photo que j'avais vue d'une adolescente gothiques affalée sur une tombe... dramatique. Je ne demande pas non plus à ce qu'on leur voue un culte, hein, faut pas déconner, mais si au moins on pouvait respecter leur souhait, quel qu’il soit et même si on n'est pas d'accord avec... ! Parce que mine de rien la personne qui nous a confié quelque chose, nous a dit quelque chose, elle nous a fait confiance. Et nous on brise cette confiance. Et pourquoi ? Parce qu'on peut se dire que de toute façon l'autre n'est pas là pour nous engueuler... A la limite j'ai presque envie de dire que c'est de l'abus de confiance et, en poussant un peu, de l'abus de faiblesse. Je sais que j'ai tendance à pousser très loin la notion de respect mais, sincèrement, que l'on ne respecte pas la volonté, le vœu, le souhait, de quelqu'un une fois qu'il est mort, que ça concerne ou non ladite mort, ça me choque. Je trouve que ce n'est pas respectueux.

Qu'en pensez-vous ?


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6 commentaires:

  1. Quelle est cette société où on nous impose une pensée et une attitude à avoir ? Perso je pensais qu'on était en démocratie. Mais plus les années passent et plus j'ai l'impression qu'on utilise ce mot à tord et à travers... Et on ne pousse jamais assez loin la notion de respect car c'est sans-doute la seule et unique notion qui permet à une société de ne pas sombrer. :) Merci de nous avoir fait partager ton avis sur la question, c'est rafraîchissant des gens qui pensent par eux-mêmes !

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    1. Ahah c'est gentil :) J'essaye de penser par moi-même en tout cas ^^'

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  2. J'ai à ce sujet un futur problème avec ma mère. Elle est catholique, moi je suis athée. Elle m'a plusieurs fois dit qu'à sa mort, elle veut que j'accomplisse plusieurs rites catholiques. Pour l'enterrement d'accord, je n'ai rien contre, mais elle veut aussi que pour le salut de son âme je fasse régulièrement brûler des cierges, dire des messes, etc. Elle sait très bien que j'ai une dent contre la religion en soi, que je déteste qu'on me force la main, veut que je me convertisse et moi je résiste.
    Le truc, c'est qu'à sa mort, je fais quoi ? Je ne peux pas refiler les messes et compagnie à quelqu'un d'autre car je suis sa fille unique. Ne pas le faire c'est ne pas respecter sa volonté, mais elle, elle ne respecte pas ma volonté non plus en m'imposant ça. Du coup on est dans une grosse impasse. Je n'ai pas envie de passer le restant de mes jours à dépenser des mille et des cent pour des rites auxquels je n'accorde aucune valeur, au nom de la religion d'une personne décédée alors que je ne crois pas à tout ce qui est vie après la mort. Elle, elle croit et veut que je m'investisse pour elle, dans une religion que je rejette.
    J'avoue qu'on a toujours pas trouvé de solution à ça.

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    1. C'est vrai que là c'est un sacré (hrm hrm) problème. Est-ce qu'il n'existe pas des associations ou des organisations qui peuvent faire ça à ta place ? Ça m'étonnerait que personne n'ait pensé avant à ce genre de problème...

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    2. Je ne sais pas. Pour être franche lorsque j'ai tenté de me renseigner, j'ai eu droit à un cours de morale sur le respect des dernières volontés d'un défunt et compagnie, du coup, ça m'a refroidie. Ma mère a beaucoup d'amis dans sa communauté, j'ai déjà tenté de lui dire de refiler les rites aux amis en question, mais comme elle veut me forcer la main elle refuse. Je suppose que c'est faisable cependant, avec un peu de chantage, du genre "Si vous ne le faites pas, moi je ne le ferai pas". J'ai envie de dire, on verra. Mais pour rebondir sur ton article, parfois les dernières volontés du défunt ne sont pas en accord avec les principes, les valeurs des vivants restants, et c'est parfois inconciliable. Même si dans le cas du don d'organe, j'ai envie de dire, ce n'est pas aux vivants de contester la volonté du défunt, à part peut-être pour des raisons religieuses (si le défunt était croyant aussi mais ne savait pas que la religion interdit le don d'organe par exemple).

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    3. Le coup de la morale sur le respect des dernières volontés, dans ton cas, c'est un peu fort. Respect des morts oui, mais il ne doit pas marcher sur le respect des valeurs des autres... "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres" comme on dit.

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