dimanche 1 mars 2015

Les Jolies Plumes #2

Bonjour !

Voici ma deuxième participation à l'atelier des Jolies Plumes. Le sujet était : "Qui suis-je ? ; Votre personnage n'a aucun souvenir, il ne sait pas qui il est, ce qu'il fait, ce qu'il est, où il est, comment il est arrivé là, qui sont ses parents, ses amis, bref, les gens de son entourage, et il ne sait même pas par où commencer pour essayer de rassembler les morceaux ! Que va-t-il faire ? Par où va-t-il commencer ? Retrouvera-t-il la mémoire ?"

J'espère que mon texte vous plaira bien qu'il soit un peu long ^^' :)

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Ce fut la douleur qui la réveilla. Elle ouvrit les yeux et le monde grisâtre chavira autour d’elle. Elle porta une main à l’arrière de son crâne douloureux qu’elle trouva chaud et poisseux. Lorsqu’elle regarda ses doigts ils étaient tâchés de rouge et il ne fallut pas longtemps à la jeune femme pour comprendre qu’il s’agissait de sang. On l’avait frappé et elle s’était évanouie. Et ensuite ? Où était-elle d’abord ? Tout était sale et gris autour d’elle, poussiéreux, et, entre les pierres, s’étalaient des corps plus ou moins intacts. Elle comprit qu’il s’agissait d’une guerre et que les perdants n’avaient certainement pas pu récupérer leurs morts. Mais que justifiait un tel charnier ? Que faisait-elle là ?
Elle tenta de se relever en s’appuyant sur son coude qui céda, la laissant retomber contre le sol que sa tête percuta. La jeune femme grogna et chercha de nouveau à s’assoir, avec plus de précautions cette fois. Quand elle y fut parvenue son regard se perdit un moment sur le sol marqué de traces de pas juste devant elle. Puis elle regarda ses bras afin de savoir comment elle était habillée et fut surprise de la réponse. Une robe. Blanche. Maintenue contre ses bras et son torse par des éléments d’armure rouge et noir. Cela ne semblait pas très adapté à la situation ; on pouvait la frapper aux jambes. Pourtant elle ne semblait pas être blessée et ne sentait aucune douleur. Relevant sa robe elle en comprit la raison : elle portait un pantalon de coton sur lequel étaient sanglées d’autres pièces d’armures et de hautes bottes d’un cuir épais et noir. Plusieurs de ces pièces étaient éraflées et elle se rendit compte que sa robe était trouée en plusieurs endroits. Cela la rassura un peu et, malgré son mal de crâne, elle tenta alors de se mettre debout. Ses jambes tremblèrent et menacèrent de la lâcher mais elle se maintint malgré tout sur ses pieds. Tournant sur elle-même elle observa le paysage désolé. Quelques collines aux formes singulières mais qu’elle ne reconnaissait pas constituaient l’horizon de cette plaine rocailleuse et maussade. Où était-elle exactement ? Que faisait-elle là ? Elle ne se souvenait pas que l’on amenât habituellement les femmes à la guerre, d’ailleurs elle ne se souvenait pas de grand-chose.
Son nom. Il lui fallait son nom. Ainsi, si elle rencontrait un vivant _ ce qui avait relativement peu de chance d’arriver _ et qu’elle lui donnait son nom il pourrait lui dire qui elle était, et peut-être que cela ferait revenir quelques uns de ses souvenirs. La jeune femme ferma les yeux pour se concentrer. Au cours de sa vie on l’avait forcément appelé au moins une fois par son nom. Mais rien ne vint. Elle ne voyait que le noir de ses paupières et se trouvait confrontée au vide de son esprit. Une idée la traversa alors ; elle pouvait réciter lentement l’alphabet et peut-être que la première lettre de son prénom lui reviendrait ! Rien ne coûtait d’essayer, après tout elle avait le temps devant elle. 
A... B ? Non plus. C… D… E, F, G… Aucune de ces lettres ne lui semblait particulièrement familière et, lorsqu’elle fut arrivée au L, elle décida d’abandonner. Elle pouvait essayer de rejoindre une ville ou un village où quelqu’un la reconnaitrait et lui rendrait son nom égaré. Si elle ne s’égarait pas elle-même en chemin ! Comment était-elle censée rejoindre une ville si elle ne savait même pas où elle se trouvait ? Et qu’est-ce qu’il lui prouvait que, même si elle parvenait jusqu’à un hameau, elle ne serait pas en terre ennemie ? Après tout si elle était sur ce champ de bataille c’était qu’elle en avait, des ennemis. Son nom ! Il lui fallait son nom ! C’était une certitude qui grandissait en elle.
Les jambes lourdes, une intense douleur se répandant dans son crâne, elle décida de se rasseoir. En tailleur sur la terre sèche, en plein soleil, elle se concentra. Comment pouvait-elle trouver son nom ? Elle n’avait aucun souvenir, passer en revue chaque lettre de l’alphabet s’était révélé inefficace, il n’y avait autour d’elle aucun vivant pour lui répondre… Le soleil redoubla d’intensité lorsque le nuage qui le masquait à moitié fut poussé par le vent et l’un de ses rayons provoqua sur un corps un reflet qui l’aveugla. La jeune femme leva une main devant son visage et se releva le plus vivement qu’elle pût. Elle marcha jusqu’au corps d’un homme brun, les yeux grands ouverts sur le ciel, le casque fendu d’où naissait la tache rouge humide qui s’étendait sur la terre. Il était protégé d’une armure semblable à la sienne ; un ami. Malgré la curiosité qui poussait la jeune femme à l’observer davantage ses yeux cherchèrent immédiatement l’objet qui l’avait ébloui. Ils tombèrent alors sur un long médaillon rectangulaire, aux bords arrondis, que le cadavre portait autour de son cou. La jeune femme s’accroupit, grimaçant à cause de la douleur, et saisit le bijou. Elle se surprit de parvenir à lire ce qui y était gravé dans la longueur : Jidrin. Elle ne se souvenait pas avoir déjà entendu ce mot mais elle devina qu’il s’agissait d’un nom. Celui de ce soldat mort pour leur pays. Leur pays. Songer à cela l’emplit d’une sensation étrange. Elle avait un pays, Jidrin était peut-être mort pour la protéger, et elle ne pouvait même pas rencontrer sa famille pour le leur annoncer.
La jeune femme se laissa lourdement tomber sur le sol en soupirant. Cet homme avait un nom, et elle avait égaré le sien. Un nom… Il avait un nom autour de son cou… ! Elle porta précipitamment sa main libre à sa gorge et tâta sa peau avec espoir. La déception la figea lorsqu’elle due se rendre à l’évidence : elle ne portait aucun collier. Elle sentit alors le désespoir l’envahir pour la première fois depuis qu’elle s’était réveillée. Elle n’avait pas de nom, elle n’avait pas de pays, elle ne savait pas où elle se trouvait, si quelqu’un l’attendait, ce qu’elle faisait là… Et sans identité elle n’avait aucune idée de comment retrouver ses souvenirs. Partir à la recherche d’une ville était dangereux : elle ne savait pas qui avait gagné la guerre, ou cette bataille, si elle était en terre amie ou ennemie, et, surtout, elle n’avait ni eau, ni nourriture, ni arme, et elle n’était pas sûre que, si elle prenait l’épée qui reposait à deux pas de Jidrin elle saurait comment l’utiliser, ni même si elle serait en mesure de la soulever. Elle pouvait attendre que les généraux envoient des hommes pour récupérer les cadavres mais elle ne savait pas quand ils le feraient ni même s’ils le feraient un jour. Elle n’était nulle part et elle n’était personne. Mais elle préférait ne pas y penser.
Il lui fallait prendre une décision : rester et attendre, ou partir. Si elle attendait elle économiserait ses forces et elle pourrait essayer de prendre soin de la blessure de son crâne, elle vivrait peut-être plus longtemps et aurait plus de chance de rencontrer un vivant. Mais si la prochaine ville n’était qu’à un ou deux jours de marche c’était plus avantageux. Comment savoir ? Elle n’était même pas certaine d’être capable de se diriger. Et si les premiers vivants qu’elle rencontrait étaient des ennemis ? Il lui fallait une arme. Ne serait-ce que pour décourager d’éventuels attaquants. Même si elle ne savait pas comment ça se maniait. Même si elle ne savait pas qui étaient les ennemis et qui étaient les amis.
La jeune femme posa de nouveau son regard sur Jidrin. Ses yeux grands ouverts la mettaient mal à l’aise ; elle avait l’impression qu’il la désapprouvait bien qu’ils ne soient pas posés sur elle. Elle lâcha alors le médaillon du soldat et lui ferma les yeux. A l’instant où elle eut posé ses doigts sur ses paupières froides elle eut une étrange impression de déjà-vu, la certitude qu’elle avait déjà fait cela dans son passé et sut qu’un jour elle recouvrerait la mémoire.

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Voilà ^^'
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Les autres participants : Virée dans l'espaceFil culturelLexie SwingI feel blueGoldfish Gang BlogBroad Us HorizonsDounia JoyEt si on bavardait

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6 commentaires:

  1. Très beau, parfaitement écrit! Ce serait un bon début de roman!

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    1. C'est très gentil, merci beaucoup ! :D

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  2. Oh j'adore ! On dirait vraiment le début d'un roman de Fantasy :D

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  3. C'est juste...WOW !! Tu devrais, si tu as des idées poursuivre ce début de roman!! Tu écris vraiment très très bien !! :)

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    1. Merci beaucoup !
      J'ai quelques vagues idées, je ne sais pas si je les mettrais à exécution mais en tout cas je ne vais pas oublier ce personnage :)

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