vendredi 18 décembre 2015

Les réseaux sociaux mangent les enfants

Bonjour !

Hier j'ai appris que l'UE voulait instaurer un contrôle parental sur les réseaux sociaux pour les ados de treize à dix-sept ans et ça m'embête beaucoup. Je trouve que l'UE pense de travers. Vraiment. Vouloir protéger nos jeunes c'est très bien mais je ne suis pas pour tout interdire. Je me souviens que j'avais dit ça une fois en intervenant dans l'émission de Jean-Marc Morandini. Il m'avait répondu que ça permettait de contrôler. Je n'avais pas trouvé quoi répondre mais son argument ne me plaisait pas. Maintenant je sais ce qui ne va pas dans cet argument. Ça tient en quatre mots que l'on pourrait je crois appeler axiome : pas vu pas pris.

Conduire avec de l'alcool ou de la drogue dans le sang est interdit. On contrôle. Des gens sont punis, d'autres pas trouvés. Conduire avec le téléphone est interdit. On contrôle. Des gens téléphonent sans être inquiétés. Pire ! Des gens se font prendre et recommencent le lendemain. Pas vu pas pris. On a interdit, certes, mais est-ce que ça change les mentalités et les agissements ? Non. Si les gens récidivent, à quoi ça sert d'interdire ? Pas grand-chose.

Je me demande comment ils veulent mettre en place un contrôle parental. Si c'est juste une case à cocher, comme ces cases avant d'entrer sur un site interdit aux moins de dix-huit ans, ça ne va pas être très utile. Alors à moins d'équiper tous les ordinateurs d'une webcam et d'un logiciel de reconnaissance faciale je ne vois pas trop comment on va faire. Mais admettons. On le fait, on trouve une solution. Et après ? Parce que c'est interdit de faire sans les parents les ados vont respecter ça ? Certains oui, bien sûr, mais d'autres... laissez-moi rire ! Changer une date de naissance ce n'est pas bien dur. On trouve toujours un moyen de contourner le problème pour la raison très simple que s'il n'y a pas de solution c'est qu'il n'y a pas de problème.

Et puis je ne vois pas en quoi on va protéger nos enfants comme ça. Si effectivement on met un contrôle parental sur les réseaux sociaux généraux, dans le cas d'un blanc dans la loi quelqu'un pourrait décider de créer un réseau social, sans l'appeler comme ça, réservé aux ados, donc sans risque, donc sans nécessité que les parents soient derrière (vivent les vides juridiques). Mais qui pourra garantir que tous les inscrits sur ce réseau social réservé aux ados seront bien des ados ?

Quand j'ai entendu parler de cette décision de l'UE j'ai repensé à La Princesse de Clèves dont j'avais étudié un extrait en Première. Et comme je suis une jeune femme dévouée (héhé :P) je suis allée chercher les phrases qui m'avaient beaucoup marquée cette année-là : "La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.". Je pense que vous voyez déjà où je veux en venir mais je continue. Ce matin j'y repensais et c'est un autre texte auquel j'ai songé : le conte de Barbe Bleue. Barbe Bleue se marie, après la nuit de noce il laisse un trousseau de clé à sa nouvelle épouse et lui dit qu'elle peut aller partout dans la maison sauf dans une seule pièce dont il lui confie pourtant la clé. Poussée par la tentation et la curiosité la jeune femme ne résiste pas longtemps et ouvre la porte de la pièce où son cher et tendre époux a tué ses épouses précédentes. Et là je pense que vous voyez totalement où j'ai l'intention d'arriver : pourquoi interdire et cacher, surveiller, éveiller la curiosité et la tentation, quand on peut éduquer, apprendre, laisser l'ado se faire son idée en le prévenant des dangers ?

Certes, les réseaux sociaux sont pleins de dangers et de choses malsaines et j'en ai eu le récit d'un exemple aujourd'hui même. Je discutais avec la camarade qui va participer à l'émission radio que j'ai en projet et elle me disait qu'elle avait travaillé comme surveillante de collège. L'une des élèves était "amie" sur Facebook avec un garçon qu'elle ne connaissait pas et qui n'avait que des "amis" filles. Ma presque-collègue lui a demandé si elle ne trouvait pas ça bizarre mais la collégienne lui a dit que non, qu'il avait son âge (à savoir treize-quatorze ans). Sauf que. Le garçon en question en avait dix-sept, et c'est quand même un peu bizarre qu'il baisse son âge de trois ans s'il n'est pas déjà dans une logique de prédateur. Ajoutez à ça les personnes jeunes hommes sur les chats de Skyrock qui envoient aux jeunes filles des photos de phallus en érection sans prévenir ni saluer et vous avez la preuve irréfutable que, oui, il y a des malades, des inconscients, et des dérangés sur les réseaux sociaux. Y compris parmi les jeunes.

Mais les réseaux sociaux se sont aussi de jolies rencontre, de jolies expériences, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ouverture d'esprits, d'échanges, de mise en perspectives et d'apprentissages. Des prises de têtes, des lynchages, des insultes, des mensonges, des pièges, des traquenards, des arnaques de toutes sortes, des tromperies et autres filouteries, mais ce sont aussi des amitiés, des découvertes, des expériences qui forgent le caractère et développent la pensée, un petit univers où on peut trouver des gens qui ont les mêmes problèmes que nous, les mêmes questions, peurs, et préoccupations. Du soutien quasiment inconditionnel.

Je crois que les jeunes ont besoin de se faire leurs propres expériences, de prendre en autonomie et en indépendance. Ça ne signifie pas qu'il ne faut pas les protéger, mais ça ne signifie pas non plus qu'il faut leur tenir la main en traversant la rue parce qu'une voiture pourrait débouler sans prévenir ou qu'il faut les empêcher de cuisiner parce qu'un couteau c'est dangereux. Quand on prend un couteau on connait les risques parce qu'on nous les a appris, mais on nous a aussi appris à nous en servir, à le tenir correctement, à faire attention à ses doigts. On nous a appris qu'un couteau ça coupe, qu'un couteau ça tue. Mais aussi qu'un couteau ça permet de nous nourrir en nous permettant de nous faire à manger. Alors oui, internet c'est dangereux, oui, les réseaux sociaux mangent les ados, dévorent les enfants, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de bon à en tirer, et ça ne veut pas dire qu'il faut rester à côté des jeunes apprentis cuisiniers quand ils tiennent un couteau, au cas où ils se coupent. On peut laisser la porte de la cuisine ouverte et rester dans le salon, voire même la fermer, cette porte. Et ça ne voudra pas dire que l'on n'est pas là pour surveiller, que l'on n'est pas inquiets, que l'on ne fait pas attention. Lorsqu'il y a des faits divers et que je lis ou entend "mais où sont les parents" ça me fait doucement rire, parce que les ados trouvent les solutions à leurs problèmes, sinon c'est qu'il n'y a pas de problème.

Et si, plutôt qu'interdire, la solution était d'éduquer ? Pour que le couteau ne soit plus une arme contre l'ado mais une arme dont l'ado peut se servir pour repousser les méchants pédophiles et les méchants arnaqueurs. Interdire ce n'est pas intéressant si les mentalités ne sont pas changées, travaillées...

Les réseaux sociaux mangent les enfants et l'UE pense à l'envers...

Qu'en pensez-vous ? Parce que si ça se trouve, de votre point de vue, c'est moi qui suis toute retournée !

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dimanche 6 décembre 2015

Le sexisme des femmes

Bonjour !

Je viens de lire le dernier article de Charlie et je suis... blasée. Je crois qu'il faudrait que j'envoie mes cours d'Histoire contemporaine sur l'Histoire du genre à toutes les femmes de France pour les réveiller un peu. Sinon il y a le livre de Yannick Ripa* aussi... Charlie cite deux articles de magazines féminins à propos d'Adèle et c'est absolument aberrant. Outre le fait qu'il y ait des rappels constants au fait qu'elle soit ronde (comme "mains potelées"), ce que je trouve de très mauvais goût, on s'interroge parce qu'elle ne veut pas se marier, on s'interroge parce qu'elle ne se cache pas de ne pas aimer le caritatif, on s'interroge parce qu'elle en fait soit disant trop quand elle parle de son petit ami, que, peut-être, elle a pris et quittera simplement pour faire un album. Et, le pire de tout, c'est que ces articles sont écrits par des femmes.

Les deux articles que Charlie cite ne sont que des descentes en règles et des diabolisations d'Adèle sous couvert de nous informer sur la situation de son couple (dont, au passage, on se contrefout pas mal). Ce qui transparaît de ces articles c'est une Adèle menteuse, qui en fait trop quand elle parle de son homme, une Adèle manipulatrice qui ne se mettrait en couple que pour pouvoir écrire des albums. Une Adèle _ comble de l'anti-féminin ! _ sans coeur, puisqu'elle préfère boire que lever des fonds pour l'association de son compagnon. On n'a vu en cours que les femmes, depuis au moins le XXème, doivent être du côté du soin et pas de la violence. Les femmes valorisées au front pendant les deux guerres mondiales étaient les infirmières. Donc une femme qui ne se précipite pas pour aider la première association venue c'est louche. Et elle est d'autant moins une femme qu'elle boit et ne souhaite pas se marier.

Sauf que ça coince parce que pendant plusieurs siècles, et jusqu'à il n'y a pas si longtemps, les filles n'étaient éduquées que dans un seul but, un seul objectif, les marier ! La fille devenait jeune femme avec ses règles mais femme par le mariage quand le garçon devenait homme en gagnant des années. D'ailleurs, si le divorce a été créé à la Révolution, Napoléon en avait restreint la possibilité, l'avait rendu plus difficile à obtenir. Puis il a été complètement supprimé, puis de nouveau rétablit dans la deuxième moitié du XIXème. Mais la loi n'a pas vraiment changé les mentalités, au fond. Une fille se doit de souhaiter le mariage. Donc une Adèle, modèle pour beaucoup de jeunes femmes, qui ne souhaite pas se marier, ça la fout mal, quand même. Une raison de plus pour la descendre et sous-entendre de manière plus ou moins dissimulée qu'elle n'est pas normale, qu'elle n'est pas une vraie femme.

Je trouve les deux articles que cite Charlie absolument immondes et indignes. Je ne sais pas si on s'en prend à Adèle parce qu'elle réussit dans sa vie professionnelle sans avoir besoin de se dénuder, ou parce qu'elle réussit avec à côté une vie personnelle un peu chaotique, mais, franchement, c'est indigne. C'est indigne de femmes de s'en prendre à elle comme ça, en véhiculant des clichés sur les femmes qui devraient se marier et faire du caritatif à tous prix. Parce qu'elle ne correspond pas au modèle féminin de la femme mariée bien tranquille qui soutient son compagnon on sous-entend sans trop se cacher que c'est une manipulatrice et une sans-coeur, qu'elle n'est pas une vraie femme. Et on fait des références assez condescendantes et insultantes, je trouve, à son physique. Dirait-on d'un acteur avec quelques kilos en trop qu'il a des "mains potelées" ? Je ne pense pas, en tout cas pas dans un article qui ne serait pas teinté d'une certaine tendresse.

Une femme peut ne pas être féministe, comme un homme peut l'être. Mais utiliser Adèle pour faire passer des messages assez abjectes et l'insulter sous couverture d'information ça dépasse le fait d'être ou non féministe et engagé ou non pour la cause des femmes (et des hommes, puisque quelque part je pense aussi que le féminisme sert à faire en sorte qu'un homme puisse pleurer ou faire de la danse sans qu'on l'insulte). Dans l'Histoire toutes les femmes n'ont pas été féministes et puis, d'ailleurs, il y a eu plusieurs courants de féminismes. Mais lire des trucs comme ça quand c'est écrit par des femmes ça me fait toujours quelque chose. Comme si je lisais un texte écrit par un Noir en faveur de la hiérarchie des races. Ça fait un peu peur.

Alors, pendant que les femmes en Arabie-Saoudite s'apprêtent à voter et d'autres à être élues, deux pseudo-journalistes descendent Adèle parce qu'elle refuse de se marier. Ça laisse imaginer l'étendu du chemin qu'il nous reste à faire pour acquérir l'égalité !

Qu'en pensez-vous ?

*Yannick Ripa, Les femmes, actrices de l'Histoire, Armand Colin (2ème édition), 2010.

mercredi 2 décembre 2015

Je ne suis pas Française

Bonjour !

J'ai un peu de mal à commencer cet article, à trouver mon angle d'attaque. Je crois que c'est mon titre, il me perturbe et pourtant je l'aime bien, provocateur juste ce qu'il faut pour me plaire. Provocateur parce que la nièce Le Pen a eu la bonne idée de déclarer que l'on n'était pas vraiment Français si on n'avait pas vibré au sacre de Reims. Et à une amie de me dire "et alors ?" comme si la déclaration ne signifiait pas qu'il fallait être monarchiste pour être Français. C'est beau, la naïveté. Bref. La nièce Le Pen elle n'a pas dit que ça. Elle a dit d'autres choses, tout aussi stupides, qui m'ont laissée la bouche grande ouverte en plein milieu de la rue (heureusement il était tôt, il faisait noir, et c'était désert, donc personne n'a vu mon air con et ulcéré, plantée que j'étais sur le bitume).

Elle a dit, la nièce Le Pen, que "si des Français peuvent être de confession musulmane, c'est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l'influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné" et ça parce que nous ne sommes pas une "terre d'islam", comme elle dit. Elle a ajouté que "chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral et on n'impose pas des mosquées cathédrales au minaret dressé comme une provocation". Voilà-voilà. Que dire de plus ? Ah ! Si ! Je marchais ce matin pour aller à la fac car je devais travailler. Au final je n'ai pas beaucoup avancé mon exposé parce qu'il y avait un débat chez Jean-Marc Morandini sur Europe1 et que ça m'a tellement hérissé le poil que j'ai pris des notes. La dernière fois que j'ai fait ça c'est quand ils parlaient de l'interdiction du voile à l'université.

Le monsieur du FN a dit qu'il fallait réfléchir à interdire les djellabas ou en tout cas à travailler sur les consciences parce que ça faisait preuve d'un communautarisme. Alors de deux choses l'une je ne suis pas certaine que la djellaba soit un vêtement musulman comme peut l'être le voile mais plutôt qu'il est un vêtement arabe, en quel cas on aurait ici un joli amalgame (eh oui, il y a des chrétiens en Orient, et des Juifs aussi), et en plus ça voudrait dire qu'il faudrait aussi interdire les vêtements gothiques. Si. Parce que les personnes qui s'habillent en gothique et autres styles alternatifs on pourrait considérer qu'ils font partie d'une communauté de gens qui s'habillent comme eux, qu'ils ont une culture et des références communes et que donc ils sont dangereux pour l'identité française. Je ris.

Il y a aussi cette histoire d'héritage greco-romain. Pardonnez cette provocation, j'adore ça, mais, personnellement, l'héritage greco-romain, je le cherche. Ce que je veux dire c'est qu'entre la destitution du dernier empereur d'Occident en 476 (précisément !) et nous il y a beaucoup de siècles. Des siècles qui ont vu les incursions de peuples tels que les Alains, les Vandales, les Ostrogoths, les Wisigoths, les Francs, les Lombards, les Arabo-musulmans, et certainement d'autres que j'oublie. Autant de peuples qui, d'ailleurs, n'ont pas attendu la fin de l'empire d'Occident pour s'installer chez nous (mais si ça vous intéresse je peux vous envoyer mes cours d'Histoire médiévale) ! Bref. Donc, oui, nous avons l'héritage greco-romain mais aussi celui que nous ont laissé les Celtes et les Vikings. Et puis on a eu des guerres. La guerre de Cent Ans qui, j'imagine, a certainement vu la naissance de bébé mixtes. Mais aussi des guerres plus récentes. Que fait-on de l'Alsace-Lorraine ? Ben oui, il y a eu des viols des soldats et des histoires d'amour franco-allemandes. Alors on en fait quoi de ces bébé Franco-allemands ? Ne sont-ils pas Français ? Bon. Héritage greco-romain ? Je ris.

Par contre je ris beaucoup moins quand le monsieur du FN dit à la radio que le multiculturel c'est le multiconflictuel. Déjà on peut être en conflit avec des personnes d'une même culture que nous, première chose. Deuxième chose, les autres cultures peuvent interroger la nôtre et l'enrichir. On ne pense pas correctement quand on a l'esprit fermé. Je suis pour l'intégration mais contre l'assimilation ; on ne peut pas demander à des gens d'oublier complètement leur culture d'origine pour épouser exactement celle de la France. Un proverbe chinois dit : "oublier ses ancêtres c'est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines". Alors on ne peut pas demander aux gens de renier leurs origines. Par contre on peut intégrer ces personnes, on peut faire une société où les différences ne sont pas source de conflits permanents, mais source d'enrichissements. Ça commence mal, on est dans un cercle vicieux : ne se sentant pas intégrés et acceptés les étrangers ou personnes d'origines étrangères se replient et nous on les pointe du doigt en disant qu'ils ne s'intègrent pas, donc ils se replient encore davantage, et ainsi de suite. Il faut que quelqu'un prenne la décision de faire un premier pas à l'extérieur du cercle.

Ça ne me gêne pas quand je vois quelqu'un d'origine africaine porter une tenue traditionnelle. Pour être tout à fait sincère, je tique plus quand je vois des hommes en djellaba parce qu'avec un jogging et une doudoune en-dessous ça fait un peu étrange et qu'avec ces histoires de terrorisme, mine de rien, j'ai intégré les schémas, je me dis qu'ils sont peut-être radicalisés. Alors que pas forcément. Bref. Ce qui me gêne ce n'est pas la tenue, ce sont les propos. Quand des jeunes disent "je suis Nigériane" _ et pourquoi pas "Française" ? _, ou "cet été je retourne chez moi", alors que leur carte d'identité est française. Ça, c'est la preuve de notre échec à les faire se sentir Français. Pourquoi ne se sentent-ils pas Français ? On en revient à notre cercle vicieux. Evidemment qu'il y a des profiteurs, des personnes qui se foutent complètement de leur carte d'identité, qui se foutent de nos mœurs, de nos valeurs de libération de la femme et compagnie, mais pour chacune de ces personnes combien y en a-t-il qui veulent vraiment la nationalité française et sont tombés amoureux de notre pays ?

Mais, presque pire que tout ça, c'étaient deux auditeurs. Deux auditeurs qui ne sont pas pour le FN mais qui disent que c'est un vote de protestation et même que v'la l'un d'eux qu'ajoute qu'il espère que le FN gagnera une région ! Wow ! Déjà, première question : qu'est-ce que tu feras si le FN passe alors que pour toi c'était juste un vote de protestation et pas pour les élire ? Tu feras comme les étudiants aux élections européennes et t'iras gueuler dans la rue ? Pas de chance : c'est ton bulletin qui aura participé à ça, t'aura plus qu'à la boucler et à faire profil bas. Mais, surtout, d'une manière plus générale, on ne joue pas avec un vote ! On n'est pas en train de parler de stratégie ou je sais pas quoi ! On est en train de parler de notre avenir ! Voter un truc avec lequel on n'est pas d'accord en espérant que les autres rattrapent le tir c'est juste du gros n'importe quoi ! C'est complètement irresponsable et c'est comme ça qu'on vote François Hollande pour faire sortir Nicolas Sarkozy, et c'est bien là-dessus que compte Marine Le Pen ! On ne joue pas avec un vote ! On n'est pas en train d'élire les délégués de classe, là, merde ! (Désolée, je m'emporte un peu, haha :P).

Alors voilà, je ne suis pas Française, pas vraiment, parce que je ne vibre pas au sacre de Reims. Du coup, des vrais Français, doit pas y en avoir beaucoup dans ce pays x) L'identité française... tu parles ! Si l'identité française c'est faire une uniculture et une pensée unique alors non, effectivement, je ne suis pas Française.

Qu'en pensez-vous ?

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samedi 14 novembre 2015

Les islamistes ne sont pas musulmans

Bonjour !

On voit un grand élan de pensées, de solidarité, moi j'aimerais passer à l'étape suivante, anticiper un peu sur ce qui va arriver : le communautarisme, les amalgames. Je ne sais pas si c'est parce que je ne suis pas Parisienne, ou parce que je ne connais personne qui était en danger à Paris, mais depuis hier j'ai gardé la tête bien froide. Je n'ai pas peur. Je savais que ça allait arriver, c'était évident. Bref. Je voudrais passer l'étape suivante. On s'en fiche des pourquoi, des comment. Pourquoi ? C'est évident : nous sommes engagés en Syrie, et Daesh a décidé de se battre contre tout le monde : Belgique, Tunisie, Liban, Russie... chacun son tour. Donc je voudrais passer à l'étape suivante.

L'étape suivante c'est celle où on se dresse contre les amalgames et où on dit "les islamistes n'ont rien à voir avec les musulmans". Parce que je n'ai pas l'impression que ce soit bien clair dans tous les esprits... ma soeur a dit un truc du genre "les islamistes c'est comme les musulmans mais en pire". Non. Ce ne sont pas des musulmans. Ce sont des dégénérés qui utilisent une religion comme prétexte. Comme Joseph Kony en Ouganda qui n'est pas chrétien : il veut juste renverser le gouvernement ougandais et le diriger avec sa vision des Dix Commandements. Pour ça il embrigade des enfants et leur met des armes dans les mains. Il utilise une religion. Les islamistes sont pareil : ils ne sont pas musulmans : ils utilisent une religion. Ce sont des dégénérés intelligents, qui ont tout compris à l'embrigadement, qui ont choisi un jour idéal, qui sont assez bien organisés et qui savent ce qu'ils font. Mais ce sont des dégénérés du bulbe quand même. Pas des musulmans.

Sur Europe1, de quatorze heure à dix-huit heure, il y avait une édition spéciale où les auditeurs qui le souhaitaient pouvaient appeler pour poser leurs questions. Un monsieur a dit qu'il avait perdu des amis à l'Hyper Cacher. Il a dit que s'il n'y avait pas eu Charlie on n'en aurait pas parlé, de l'Hyper Cacher. Mais, surtout, il a dit que les musulmans étaient responsables. Que c'était un peu de leur faute, quand même. Je trouve ça très grave. Qu'on se laisse emporter par les émotions je peux le comprendre même si ce n'est pas vraiment mon cas mais dire des choses comme ça c'est très grave. Les musulmans n'y sont pour rien. D'ailleurs la moitié, voire plus, des recrues de Daesh sont des convertis et pas du tout musulmans originellement (ni musulmans après la conversion, du coup). Je trouve ça grave de dire des choses comme ça. Parce que des auditeurs pourraient le croire, pourraient se dire "oui, finalement, oui c'est vrai" alors que pas du tout. Comme le rappelait l'une des personnes présentes dans le studio la plupart des victimes de l'Etat Islamique sont des musulmans.

Alors voilà, je prends l'initiative de passer à l'étape suivante ; l'étape après l'émotion, l'étape après l'indignation, l'étape après la colère, l'incompréhension : l'étape où l'on dit que ces gens qui se sont fait sauter la cervelle en prenant d'autres vies avec eux n'ont rien à voir ni avec l'islam ni avec les musulmans. Je trouve que c'est important de le dire, de le marteler. Ça évitera peut-être à des abrutis de dire à la radio qu'il faut interdire le voile à l'université parce qu'il y a de la radicalisation dans les facs. Et à d'autres abrutis en herbe de les croire. Ça évitera peut-être qu'on stigmatise des innocents. Donc je passe à l'étape deux, l'étape où on évite l'amalgame. La suivante ce sera l'humour noir, parce qu'on peut (et doit) rire de tout.

Que pensez-vous de tout ça ?

dimanche 8 novembre 2015

Discrimination invisible

Bonjour !

Ce matin je jetais un œil dans le fil d'actu d'Hellocoton et je suis tombée sur un article de Laura à propos des phrases que l'on peut lire parfois ; "je mange comme un gros", "repas de gros", etc. J'ai lu les commentaires (ce que je fais rarement) et certaines choses m'ont fait halluciner...

Des personnes qui crient à la liberté d'expression en passant par celles qui se plaignent qu'on ne puisse plus rien dire jusqu'à celles qui plaident l'expression et le détournement des mots ; on a le droit à tout. Je crois que toutes ces personnes ne se rendent pas compte de la violence de telles expressions ; assorties au fameux "ça fait pédé" de ma soeur, "c'est du gâchis que tu sois gay" et autres "le prof il fait son juif". Juste des expressions, des remarques, des trucs juste comme ça qui jouent sur les représentations collectives des gros qui se gaveraient de hamburgers matin midi et soir, des gays qui seraient plus faibles, plus petits, plus ridicules que les hétéros et qui ne pourraient pas être beaux. C'est pas grave, c'est vrai, ce ne sont que des expressions après tout.

Mais les mots ont un sens. Un vrai sens, un sens profond. Pourtant pas grand monde ne relève. C'est de la discrimination de tous les jours, de la discrimination suintante, insidieuse, invisible. De la discrimination qui se cache derrière l'excuse de l'expression, de l'humour, de la dérision, du second degré. Mais de la discrimination quand même. Le pire, ce sont les personnes qui se dédouanent en disant qu'elles ont des amis gays qui utilisent l'expression "c'est pas un truc de pédé" et qui en rient. Ce n'est pas parce que les gays l'utilisent que c'est bien. Dirait-on que les femmes doivent ne pas demander l'égalité des droits parce que certaines femmes disent que la gent féminine doit rester à la maison ? Puisque ma voisine dit que son homme a le droit de la tabasser pour la punir j'ai le droit de le dire et de le penser aussi ? Comment ça ce n'est pas pareil ? Ah bon ? Vous êtes sûr ? Réfléchissez-y et on en reparle dans quelques heures quand ça aura mariné un peu.

Bien sûr, avec ses amis, on peut se permettre plus de choses, on peut se permettre de les traiter de bougnoules tant que eux ça ne les dérange pas. Mais si je vais voir vos amis, que je les interpelle dans la rue en les appelant "sale arabe" ou "bougnoule" je pense qu'ils vont me regarder de travers. Vous voyez ma soeur a un ami Noir, un jour elle s'est amusée à lui dire "attends, t'as un truc là... ah nan ça part pas en fait". Elle peut, c'est rigolo, c'est second degré, c'est son ami. C'est un peu le même principe de dérision que quand mon amie commence une phrase par "tu sais j'ai réfléchi" et que je la coupe, avec un grand sourire, par "ah bon ? t'as réfléchi, toi ?". Parce qu'on accepte la dérision venue de nos amis, mais pas celle venue des simples camarades ou collègues auxquels on dit seulement bonjour le matin sans que ça n'aille jamais plus loin. Parce qu'on ne les connait pas, on ne sait pas s'ils rigolent vraiment, ils ne sont pas assez entrés dans notre "cercle" pour avoir le droit de se foutre de notre gueule avec insolence. Et c'est pas grave, c'est humain.

Mais, franchement, il ne me viendrait pas à l'idée d'interpeller une amie lesbienne en lui disant "eh la gouine !". Même si c'est mon amie. C'est comme les gens au lycée qui s'appellent "ma salope" ou "ma pute". Je suis désolée mais c'est une insulte. Jamais, jamais, jamais je ne parlerais de mon amie lesbienne en disant "la gouine". C'est d'une violence... ! Je ne pourrais pas.

"C'est pas grave, c'est une expression". Moui. Mais c'est bien sûr. Ce ne sont pas des expressions. Il y a un mot pour qualifier ces phrases, un mot dont on n'aime pas trop se faire accuser parce que l'on sait que c'est mal, pas gentil, et que non ô grand jamais on ne correspondra à ce terme. Ce mot c'est "discrimination". Dire "je mange comme un gros" ou "ça fait pédé" ça s'appelle de la discrimination. Et j'irai même plus loin en faisant un rapprochement avec un sujet de société dont on a pas mal parlé ces derniers jours, moi y compris, qui est le harcèlement scolaire. Pour deux raisons : premièrement parce que même si vous n'utilisez ces phrases que de temps en temps, si tout le monde le fait, dans les fils d'actualité une personne peut le lire quinze, vingt fois (répétition donc harcèlement), et deuxièmement parce que le harcèlement est le seul délit pour lequel on n'est pas obligé de prouver la volonté de la personne de harceler, de vexer, de faire du mal. Autrement dit, même si vous n'utilisez pas ces expressions à mal, comme les mots ont un pouvoir, vous faites du mal.

Dirait-on que des élèves qui insultent leur camarade de "sale roux" ou qui disent "tu pues le roux !" ce n'est pas grave ? Que ça ne se rapproche pas de ces expressions que l'on peut lire sur Instagram et entendre au coin d'une rue ? Ah non ? Ah... bon.

Le simple fait que vous ne voyiez pas le problème dans ce genre d'expression prouve que c'est de la discrimination invisible. Quand ma soeur dit "ça fait pédé" (même si j'ai l'impression qu'elle le dit moins ces derniers temps) mes parents ne relèvent pas. Quand je suis partie en vacance avec ma famille et des amis de la famille cet été et que les fils d'à peu près notre âge parlaient de "taffiole" (je sursautais intérieurement à chaque fois et serrais les dents mais franchement je pense que j'aurais dû dire quelque chose !) aucun des quatre adultes (je ne me compte ni moi ni la fille de vingt-deux ans _ qui a pas dû voir le problème non plus d'ailleurs) n'a réagi. Jamais. En deux semaines. Deux semaines ! Ben non. Parce que ce n'est pas grave. Ce sont des expressions. De simples expressions. De l'humour. De la dérision, du second degré. Des expressions.

De la discrimination.

Alors s'il vous plait, vraiment, faites attention à ce que vous dites ! Même si vous avez des amis homosexuels qui utilisent ce genre "d'expressions" ; ne les laissez pas faire ! Parce que ça n'aide vraiment pas à lutter contre le racisme, l'homophobie, et la discrimination en général. Dans les commentaires de l'article de Laura une personne disait qu'elle était surprise d'un article "pour si peu". Ce n'est pas "peu". C'est au contraire beaucoup. Autant que quand une fille de ma fac dit qu'elle n'est bonne qu'aux "sports de filles". Parce que c'est le genre de choses qui passent un peu inaperçues mais incruste dans les esprits les clichés, les sous-entendus, les idées selon lesquelles tel ou tel groupe de personnes vaut moins, est moins important, moins fort, moins intelligent... Ce n'est pas "si peu". C'est au contraire beaucoup.

Qu'en pensez-vous ?

vendredi 30 octobre 2015

Ce harcèlement scolaire trop tabou

Bonjour !

Je n'aurais pas dû me doucher ce matin, parce que j'ai raté le début du débat sur le harcèlement scolaire chez Jean-Marc Morandini sur Europe1 et ensuite je n'ai pas osé appeler. Ce qui revenait beaucoup dans les témoignages, c'est que quand ils en parlaient à leurs parents ces derniers ne prenaient pas la mesure du problème, prenaient ça pour des "jeux d'enfants". Mais ça ne m'étonne absolument pas ! En Terminale, il y a deux ans, une experte en harcèlement nous avait dit que c'était un sujet tabou, qu'on en parlait vraiment que depuis cinq ans (donc sept maintenant), et que si c'était si tabou c'était parce que c'est un délit, et que l'on ne peut que difficilement admettre que des délits se déroulent dans le bras éducatif de l'Etat.

En début d'année, au collège surtout, les professeurs et les CPE vous répètent que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir. Seulement, en réalité, quand vous allez les voir pour parler ils minimisent le problème. En Terminale, avec deux camarades, on avait participé à une espèce de concours de reportages et on avait fait le nôtre sur le harcèlement scolaire. Pas très loin du lycée il y avait un collège et on était allé demander un rendez-vous à la CPE. Elle nous a dit que dans son établissement il n'y avait absolument pas de harcèlement, seulement de l'incivilité (quand on sait que l'experte en harcèlement nous a dit que le harcèlement se faisait majoritairement au collège on est en droit de se poser des questions). Ensuite, on est allé demander un rendez-vous à la COPsy de notre lycée, qui travaillait aussi dans ce collège, et elle nous a confirmé qu'il y avait du harcèlement dans ce collège.

Dans le même genre, en Quatrième je crois, j'avais un ami gay. Et une bande de pestes dans la classe s'amusait à lui faire des remarques du genre "tu es sûr que tu vas dans le bon vestiaire ?" quand on était en sport. Un jour il s'est passé une scène amusante à base d'un ballon passant au-dessus d'un élève, j'ai souri et l'une de ces filles m'a dit que l'on ne devait pas faire de discrimination de taille ou de poids. J'ai halluciné. Je lui ai dit que vu ce que j'entendais, c'était pas moi la plus raciste des deux. Et à partir de ce jour je n'ai plus jamais entendu la moindre remarque ! Mais la prof de sport n'a jamais rien dit, alors que je suis sûre qu'elle entendait les remarques de cette bande d'abruties. Parce que c'est innocent, des jeux d'enfants...

Des "jeux" qui peuvent aller jusqu'au suicide. Et qu'on ne me dise pas "où sont les parents ?" comme ça m'arrive de le lire sur d'autres sujets ou même celui-là. Parce qu'on est dans le même processus que pour les victimes d'un viol par exemple : la honte. La dévalorisation de soi aussi, la peur, l'appréhension, l'idée que ça va passer. Et quand les victimes trouvent le courage de trouver un professeur ou un CPE _ vous savez, ces mêmes professeurs et CPE qui vous disent, à votre entrée au collège, que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir _ et qu'ils vous répondent que c'est juste pour rire, que c'est de l'incivilité, ça donne vachement envie d'essayer d'en parler à quelqu'un d'autre...

J'ai failli être harcelée. Deux fois. En primaire, et au collège. Quand on me disait "t'es moche" je répondais d'un ton désintéressé "je sais", sans même prendre la peine de regarder la personne. Ils ont essayé plusieurs fois, de temps en temps, puis comme ils voyaient que ça ne marchait pas ils ont fini par arrêter. D'autres évitent le harcèlement en utilisant l'humour qui est une arme redoutable. Mais la plupart du temps on n'a ni le caractère pour se défendre, ni l'humour pour retourner la situation à son avantage, et comme derrière il n'y a pas le soutien que l'on devrait attendre des adultes, la situation s'enlise.

Le harcèlement est un sujet tabou parce qu'il ne peut pas y avoir de délit dans un établissement scolaire publique, c'est comme un policier meurtrier ou violeur, c'est pas possible vous comprenez. Le harcèlement est tabou parce que l'on sait que c'est quelque chose de grave et que l'on ne peut pas imaginer que des adolescents si jeunes puissent se livrer à une pratique aussi destructrice pour leurs semblables. Je ne crois pas que ça soit aux parents de lutter contre le harcèlement scolaire. Evidemment ils peuvent rester attentif, ouvrir bien grands les yeux pour repérer les petits signes, mais ce sont aux professeurs de faire le gros du travail. Et surtout, il ne faut pas se dire que comme tel élève est mignon comme tout, n'a pas de signe particulier qui pourrait prêter à la moquerie, c'est qu'il ment. Les enfants trouvent toujours quelque chose, et ça peut aller jusqu'à se moquer du groupe de musique préféré...

C'est un sujet tabou qui a déjà fait beaucoup de victimes depuis des décennies mais je pense que si on le prend réellement au sérieux on peut lutter efficacement contre.

Qu'en pensez-vous ?

mercredi 28 octobre 2015

Du plaisir de bloguer

Bonjour !

Ça fait au moins une bonne demie douzaine de fois que j'essaye de pondre cet article, mais comme mes idées ne sont pas vraiment ordonnées dans ma tête, c'est encore plus compliqué à écrire. En fait, hier, je suis tombée sur un article de Parispagesblog qui m'a un peu fait penser à celui de DeboBrico, et depuis ce matin je me dis que l'on parle rarement du plaisir de bloguer. En fait, quand je lis des articles sur "pourquoi je blogue" et autre du genre, ce qui revient beaucoup, et je le dis aussi dans les miens, c'est le partage. Jamais le plaisir, ou en tout cas je ne me souviens pas l'avoir lu.

Dans ces deux articles il est question de la perte d'envie, de l'obligation que l'on peut ressentir d'écrire des articles, de la recherche d'idées faites pour faire plaisir aux lecteurs mais qui oublie le plaisir des auteurs. Il est question de plaisir. Est-ce que finalement le plaisir n'est pas censé être avant le partage ? Est-ce que le but ce n'est pas plutôt de partager des choses qui nous font plaisir parce que ça nous fait plaisir de partager, plutôt que de partager des choses pour partager des choses, pour plaire aux lecteurs ? Et d'ailleurs c'est qui "les lecteurs" ? Je ne crois pas, au fond, que l'on puisse vraiment dire "les lecteurs". Je veux dire... le public est fait d'individus, tous différents. Alors ce qui va plaire à l'un ne va pas forcément plaire à l'autre, même si des majorités et des tendances se forment.

Debobrico disait qu'elle avait commencé à chercher de quoi faire plaisir aux lecteurs en oubliant ce qui lui faisait plaisir à elle. A partir de son cas je crois que l'on peut répondre à la question que posait Laura de Virée dans l'espace : la blogueuse doit-elle justifier son absence ? Là où je veux en venir c'est que si on publie juste pour faire plaisir aux lecteurs, que l'on s'y sent obligée, c'est un peu comme si on se rendait esclave des lecteurs, que l'on entrait dans une espèce d'état de servitude. Comme je le disais à Laura, on s'excuse quand on blesse, ou que l'on fait une bêtise. Si l'on se sent obligée d'écrire, ou que l'on cherche absolument des articles pour faire plaisir aux lecteurs et que l'on n'y arrive pas, c'est là que la culpabilité arrive et que l'on ressent le besoin de s'excuser. Si je prends mon cas, cet article est seulement le quatrième de ce mois alors qu'habituellement je tourne plutôt entre le double et le triple. Mais je ne me suis pas excusée. Sincèrement, j'y ai pensé. Mais je ne l'ai pas fait, parce qu'au final je n'en voyais pas l'utilité. Et je ne publie jamais des choses pour faire plaisir aux lecteurs sans que ça me fasse plaisir à moi. Donc je pense que la culpabilité et la manière dont on aborde ses articles sont liées. Je ne me sens pas coupable de ne pas écrire, je me sens un peu embêtée parce que j'aime bien écrire ici, mais qu'en ce moment je n'ai pas tellement d'idées... Enfin bref.

Je pense que c'est important de se faire plaisir, de ne pas se sentir obligée de jeter quelques mots sur internet pour faire plaisir à ses lecteurs. Quel que soit l'article que l'on publie, il y a toujours quelqu'un pour l'apprécier. Du coup, à chaque fois que je lis un message sur Hellocoton qui demande "est-ce que vous préférez que je publie ça ou ça ?" ou "qu'est-ce que vous voulez voir sur le blog ?" je répond immanquablement la même chose depuis au moins deux ans, si pas trois : je préfère ce que toi tu préfères, je veux voir ce qui te fait plaisir. Autant je me prononce sur le contenant, sur le design du blog, autant sur le contenu je ne dis rien, et je laisse faire.

Je ne sais pas trop d'où vient cette perte de plaisir. Des partenariats peut-être, d'une réelle envie de faire plaisir qui se transforme en obligation, peut-être aussi un peu de la recherche des statistiques ; sur tous les blogs il y a des articles qui marchent moins que d'autres. Par exemple quand j'ai publié Au tour du monde je savais que ça ne fonctionnerait pas comme article, et pourtant j'avais vraiment envie de le publier, et comme je suis suicidaire j'aimerais même en faire une série, pourtant, il n'a pas marché. Parfois je me dis que faire tel ou tel genre d'articles, ceux à la mode, ça serait bien, ça ferait certainement plaisir aux lecteurs, puis après j'abandonne : je n'ai pas envie d'écrire un article qui ne me plait pas. Et, en plus, c'est peut-être super prétentieux de balancer ça comme ça mais je pense que les personnes qui viennent sur mon blog viennent pour moi. Ce que je veux dire par-là c'est qu'elles ne viennent pas pour des do it yourself, ou le récit rigolo d'une anecdote assez commune. Je crois que chaque lecteur attend de chaque blog quelque chose de différent et que donc ça ne sert à rien de vouloir faire comme les autres.

Ces dernières semaines, il y a eu assez régulièrement des articles sur la mort des blogs. Dans l'un d'eux, la blogueuse prenait en exemple les blogs qui charrient des dizaines de milliers de vues par jour comme preuve que les blogs n'étaient pas morts. Mais je ne crois pas que l'on puisse mesurer l'état de santé des blogs par leur nombre de vues. Je pense que les blogs seront morts quand ils seront tous identiques, tous blancs avec seulement le cadre des modules en coloré, tous dans des couleurs pastel, quand ils publieront tous sur les mêmes sujets, s'adresseront aux lecteurs tous de la même manière, que tout sera uniforme et sans personnalité : là, on aura perdu les blogs. Mais pour éviter ça il faut le plaisir, et arrêter de se demander ce que les lecteurs veulent. Les lecteurs vous veulent vous !

Qu'en pensez-vous ?

jeudi 22 octobre 2015

La nullipare qui voulait le rester


Bonjour !

Aujourd'hui j'ai mangé avec une amie et, au détour de la conversation, comme l'occasion se présentait, je lui ai parlé de l'article de Lina que j'ai lu hier. Mon amie était d'accord pour dire que les phrases rapportées dans cet article sont de stupides survivances du rôle que l'on donnait à la femme dans la société aux XIX et XXème siècles : procréer. En revanche, quand je lui ai dit qu'une autre amie m'avait répondu que "j'étais encore jeune" (autrement dit que je pourrais changer d'avis) quand je lui ai dit que je ne voulais pas d'enfants, elle était d'accord avec elle. Comme quoi, les survivances sont plus tenaces qu'on ne le croit.

Je ne veux pas d'enfants. Je n'en ai jamais voulu. Je n'ai jamais dit "mes enfants s'appelleront comme ça et comme ça" quand j'étais petite, ou alors je ne m'en souviens pas, ce qui revient un peu au même, au final. Je ne m'imagine jamais mère. Tante, éventuellement. Mais pas mère. Même pas mère adoptive et, d'ailleurs, quand j'envisage l'adoption (oui, j'aime bien imaginer différents scénari d'avenirs, chacun ses manies xD) je ne la vois pas comme un moyen pour moi d'avoir un enfant, mais un moyen pour l'enfant d'avoir un parent. Je ne sais pas si je suis claire mais disons que je la vois plus comme... une action humanitaire pour donner un parent à un orphelin, et pas pour correspondre et assouvir un quelconque désir d'enfant. Je ne m'imagine pas mère, je ne veux pas être mère, la simple idée d'être enceinte me... répugne. Je sais que je viens certainement de m'attirer les foudres de quelques personnes en disant ça, et pourtant c'est bien le mot le plus proche. Je ne veux pas d'enfants. Je ne le raisonne même pas en disant "on vit dans un monde pourri, on ne sait pas comment l'avenir sera" : c'est juste que je n'en veux pas. J'aime bien les enfants (de deux à huit ans), je m'entends bien avec eux ; je ne veux pas grandir, je suis une grande enfant dans l'âme, mais je n'en veux pas. C'est même pas que je ne veux pas être mère, c'est que je veux ne pas être mère. C'est une différence subtile mais importante, je crois.

Et toutes ces phrases ; celles que rapporte Lina, celles que j'entends, je pense, sont des survivances de ce passé dans lequel les femmes doivent avoir des enfants, ne se définissent que par leur rôle dans la société, où les jeunes filles ne deviennent femmes qu'une fois mariées, où on leur apprend la cuisine, la couture, et à garder un ménage, où l'Eglise compte sur elles pour toucher les enfants, où ce sont elles qui éduquent les enfants, des femmes au foyer. Ce passé où une femme sans enfants, célibataire, est mal vue, rejetée et marginalisée. Ce XIXème où, si la folie de l'homme vient de l'extérieur, de l'ivresse par exemple, celle de la femme vient de l'intérieur, de son cerveau défectueux, et où il faut lui éviter les facteurs aggravant comme... la lecture.

Mon amie s'est défendue de cette survivance en disant que c'était humain de vouloir des enfants. Donc je ne suis pas humaine ? Je sais qu'elle ne l'a pas dit dans ce sens-là : elle voulait inclure les hommes. Oui mais. Si un homme dit qu'il ne veut pas d'enfants on lui demandera certainement pourquoi, mais il n'y aura pas toute la pression sociale qu'il y a pour les femmes, en partie parce qu'eux peuvent avoir des enfants tout au long de leur vie, au contraire des femmes qui ont une date de péremption (j'ai failli mettre les guillemets puis je me suis dit qu'en fait non).

Je n'ai pas seulement cité Lina quand je lui parlais. J'ai cité deux autres blogueuses qui avaient dit dans un article ou un commentaire qu'elles ne voulaient pas d'enfants mais que leur entourage continuait de les enquiquiner. Mon amie m'a dit que je lisais beaucoup de blogs de femmes qui ne voulaient pas d'enfants. Dans le métro j'ai pensé que... je lis beaucoup de blogs de femmes. Tout court. Je veux dire... Certes, en France il y a encore plus de deux enfants par femme, mais plein de femmes ne font pas d'enfants. Sa remarque m'a fait penser à quelque chose du genre "ben dit donc, tu lis beaucoup de blogs de personnes homosexuelles" : de personnes minoritaires : de personnes marginales. Mais je me demande si les femmes qui ne veulent pas d'enfants sont minoritaires de beaucoup... Je ne lis pas "beaucoup de blogs de femmes qui ne veulent pas d'enfants". Je lis beaucoup de blogs de femmes. Ça ne veut pas non plus dire qu'aucune femme ne veut des enfants, ça veut simplement dire que l'on ne sépare pas les femmes qui n'en veulent pas des femmes qui en veulent.

Il y a autre chose à laquelle j'ai réfléchi dans le métro. Cette histoire de genre humain pour lequel il serait naturel de vouloir des enfants. On disait avant que c'était le rôle de la femme d'avoir des enfants et on la définissait comme épouse, et comme mère. Et je pense que l'on est tous d'accord (je sais bien que non mais l'espoir fait vivre !) pour dire que c'est un peu n'importe quoi, et mon amie fait partie de ses personnes. Mais en disant que je vais avoir envie, plus tard, d'avoir des enfants parce que les humains doivent avoir envie d'enfant est-ce qu'on ne fait pas la même chose ? Est-ce que l'on ne commence pas à donner un devoir de reproduction aux humains ? On ne règle pas le problème de la définition d'individus par la production d'enfants : on l'élargit à tous les individus, joignant les hommes aux femmes. Mais il existe des hommes qui ne veulent pas d'enfant. Et je doute que mon amie leur dirait "mais tu vas voir, tu vas changer d'avis !".

Peut-être, oui, qu'il y a des personnes qui changent d'avis. Mais pas moi. Je suis nullipare (en même temps à dix-neuf ans c'est plutôt rassurant ! xD) et je souhaite le rester. Et entendre que je verrai, que je suis encore jeune, que "j'étais comme toi avant", que je vais changer d'avis, ça me désole. C'est même pas que ça m'énerve, c'est que ça me désole, ça me dépite.

Mon amie m'a dit que, effectivement, si elle tombait enceinte fortuitement et qu'elle n'avait pas la situation stable pour le garder elle avorterait, mais que sinon elle le garderait. Alors quoi ? Une femme, dès qu'elle a une situation stable, doit se mettre à produire des enfants ? Mon amie m'a dit "mais imagine t'avortes et tu regrettes plus tard de l'avoir fait, tu te demandes "et si je l'avais pas fait ?"". De mieux en mieux. Donc. Si je suis bien : je tombe enceinte, je ne veux pas d'enfants mais je dois garder le gosse au cas où plus tard j'ai envie d'un gosse ? Euh... Oui ? C'est un peu absurde quand même. Pauvre enfant, je vais le mettre où pendant tout ce temps ? Je le stocke dans ma cave ? Va élever un gosse que t'as pas désiré, toi. Bonne chance et mon courage : j'aimerai bien voir ce que le psy dira quand il sera adulte ! C'est absurde.

Et si c'est absurde c'est parce que l'on est encore dans l'idée qu'une femme doit avoir un enfant. Un enfant assez rapidement (dès la relation et la situation stables). Les mentalités n'ont pas tant changé que ça : la femme doit procréer. Si toutes ces phrases sont absurdes, c'est parce qu'elles essayent de rattacher à une société moderne dans laquelle les usines à enfants peuvent décider de ne plus en produire (ma formulation est un peu barbare) la vieille image de la femme dans la conscience collective qui est de donner des enfants, d'assurer l'avenir. Et ces phrases essayent de les rattacher en faisant des compromis sur d'autres critères, comme quand on dit à Lina que ce n'est pas grave si elle n'a pas une situation stable, ou qu'elle peut prendre un mec juste pour lui faire un enfant, ou quand on me demande ce que je vais faire si j'avorte et que plusieurs années plus tard je veux un enfant. C'est absurde. Ça l'est parce que ça cherche à tous prix une solution pour que la femme, cette terre nourricière (j'ai lu la métaphore dans un bouquin), produise.

Voilà.
Des idées, des avis, des arguments et contre-arguments ? Je prends tout ! :D
Autrement dit : qu'en pensez-vous ? D'autres futures vieilles filles dans l'assistance ?

Je suis contente d'avoir écrit cet article et de renouer avec mes articles habituels !

mercredi 14 octobre 2015

Le truc qui cloche

Bonjour !

Ceux qui me suivent depuis un moment savent que je suis hors normes (autant prendre le terme mélioratif au passage) même si je sais que si Charlie me lit elle s'apprête déjà à me dire qu'elle n'est pas d'accord avec moi :P Oui mais. Aujourd'hui j'ai une preuve. Si. Parce que je suis tombée par hasard sur un livre à Nature&Découverte, sur un type de personnes, et la liste des caractéristiques à la fin ben... ça collait. La grande majorité des caractéristiques. Ce livre, il parle des personnes à "raisonnement global". Avant de tomber sur ce livre je ne savais même pas que ça existait.

Concrètement, pour moi, ça ne va pas changer grand chose, peut-être améliorer ma communication avec les autres, mais c'est surtout que j'aurais quelque chose à répondre quand on me dira que je suis "bizarre" ou que mes parents diront qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi et que j'ai besoin d'un psy. J'ai pas besoin d'un psy (enfin, tout le monde a besoin d'un psy mais vous m'avez comprise) ; j'ai besoin de mettre le doigt sur le truc qui cloche.

En gros, dans la liste à la fin du livre, ils disent que les personnes à "raisonnement global" ne prennent pas en compte les éléments de manière séquentielle (je ne sais pas ce que ça veut dire xD), ont une forte capacité de raisonnement et de résolution des problèmes (je ne trouve pas particulièrement, m'enfin), lisent régulièrement (ça oui !), ont un vocabulaire étendu et on m'a déjà fait remarqué que je sortais des mots "intelligents" ou que le vocabulaires dans mes textes était assez large, sont hypersensibles voire susceptibles ; le deuxième non, le premier je ne trouve pas, mais je crois que je ne saisis pas trop le sens de "hypersensible" parce que pour moi c'est pleurer pour rien (pardon pour les hypersensibles xD). Il parait que les personnes qui raisonnent globalement sont plus sensibles aux sons et aux odeurs mais... bof... (en gros jusque-là c'est à ce demander pourquoi je pense faire partie de ces gens vu que je démonte tout xD). Par contre la grande ouverture d'esprit, la grande curiosité, et aimer débattre et échanger des idées, ça j'ai ! Aussi le besoin de mener de front plusieurs projets (le Projet Recueil, Histoire à 1000 mains, ce blog, mon second roman _ qui patine dès le premier chapitre d'ailleurs _, une autre histoire quand je m'ennuie en cours, mes cours, et cette émission de radio que j'essaye de lancer : ça va aller, je crois :P). C'est vrai aussi que je m'entends mieux avec des personnes plus âgées, ou en tout cas je préfère parler avec des adultes, et, plus jeune, je ne voulais pas être à la "table des enfants". La persévérance ça colle, mais pas le sens de l'humour particulier (je comprends les blagues où y'a rien à comprendre), comme les idées pas possible à réaliser, je vois pas trop... par contre le grand sens moral j'ai, mais l'incompréhension devant les personnes dont je me sens différente... bof (heureusement que la liste s'arrête là parce ce paragraphe devient vraiment un peu long et que les grands gourous de la blogosphère ils ont dit qu'il fallait faire de petits paragraphes) (ça se voit qu'ils lisent pas mon blog) (c'est une erreur ;P).

C'est pas que je veuille me mettre une étiquette, mais c'est toujours plus facile de mettre des mots sur les choses. Par exemple du jour où j'ai su que j'avais des "compulsions alimentaires" elles ont été moins fortes voire ont quasiment disparues. Et je ne pense pas que le "raisonnement global" réponde à la question "qui" mais à la question "ce que". Parce que "qui" c'est pour définir la personne, l'individu, mais même si je suis effectivement une personne à raisonnement global, je reste un individu, donc je pense que c'est mieux de dire "ce que je suis" plutôt que "qui je suis".

Je pense que c'est possible que je me trompe... ça fait plusieurs années que je cherche. Je ne m'en rends pas malade non plus, mais, quand ma grand-mère est morte il y a quelques années et que je n'ai pas pleuré (ou plus précisément que je me suis forcée à ne pas pleurer parce que je n'aime pas ça, quitte à paraître froide) mes parents m'ont dit pour la première fois que je n'étais "pas normale" et moi je voulais mettre une vraie définition, plus ou moins consciemment. L'autisme ne collait pas, la surdouance non plus... cette histoire de "raisonnement global" c'est le premier truc qui colle vraiment. J'ai commencé à lire le livre, et la plupart des trucs c'est moi, c'est ça... du coup je ne pense pas que cette fois je me trompe. Mais j'ai quand même hésité à l'acheter. Je me disais que ça collait mais que ça ne pouvait pas être ça (même moi je ne peux pas vous expliquer le cheminement tout à fait logique de ma pensée xD). Mais au final je crois que c'est ça. Mais en même temps j'ai un peu peur que si je règle mon "problème" je n'arrive plus à écrire aussi bien et j'aime vraiment écrire...

Voilà. Je vais m'arrêter là parce que sinon je vais tourner en rond et que, surtout, déjà que je ne poste pas beaucoup alors si en plus je me mets à ne faire que des articles sur des questions existentielles on n'est pas rendu x)

Enfin bref.

vendredi 2 octobre 2015

À sens unique

Bonjour !

Depuis une semaine je vivote, mes pensées tournent en boucle, et tout à commencé avec quelque chose qui n'avait aucun rapport (c'est le moment pour vous de fuir en courant si vous ne voulez pas avoir besoin d'antidépresseurs dans les prochaines minutes :P). En fait il y a une semaine j'ai décidé d'abandonner l'idée d'aller courir. Sauf que ça n'a pas été aussi simple. Parce que je suis compliquée. Donc j'ai passé vingt minutes à hésiter. Mais pas à hésiter type "j'y vais... j'y vais pas ?" plus du type : si j'y vais comme je suis pas motivée ça va juste être ridicule, catastrophique, de la torture, mais si j'y vais pas je vais me détester de ne pas avoir tenu ma résolution. Ça n'a pas loupé. Je crois que c'est à cause de ça que depuis une semaine je tourne en boucle : j'ai pas d'amis, j'en n'ai jamais eu, le tout assorti de tout un tas de preuves de plus ou moins bonne foi (je vous ai déjà parlé de mon gouffre, ben j'y suis pas mais presque). Enfin bref. Si je fais cet article c'est pas pour vous exposer toutes mes pensées parce que sinon l'on n'aurait pas fini, mais parce que derrière il y a une vraie réflexion, un peu plus productive que des pseudos-preuves.

En fait, j'ai un peu l'impression que toutes mes relations amicales, se font à sens unique. C'est moi qui contacte mes anciens camarades et amis de collège et de lycée pour leur demander comment ils vont, ce qu'ils font, parce que ça m'intéresse, qu'on a emprunté le même chemin pendant plusieurs mois et que je veux savoir lesquels ils ont suivi ensuite. Mais eux ne me contactent jamais. À un moment un ami de collège le faisait plus ou moins régulièrement à coup de "cc sa va" mais, quand je lui demandais ce qu'il y avait de neuf, ou ce qu'il faisait, il répondait qu'il s'ennuyait, donc ça ne compte pas (je ne suis pas un bouchon d'évier, je suis une personne). Vous pourriez être tentés de me dire que si je mets des choses sur Facebook c'est sûr que mes amis n'ont pas besoin de me parler pour savoir ce qu'il se passe dans ma vie. Mais je ne mets rien sur Facebook. Ma photo de profil c'est un bébé lion, c'est vous dire.

Et puis je fête les anniversaires. Je ne les oublis pas. Et je n'ai pas besoin de Facebook pour m'en souvenir. Je regarde la date une fois si j'ai un doute et après je me souviens. Mes amis ne me fêtent jamais mon anniversaire. Vous vous souvenez, j'avais dit dans un article que je m'attendais à ce qu'ils ne m'envoient aucun SMS ? Pari gagné. Ce qui ne m'a pas empêché d'espérer lamentablement. En soi ce qui me gêne ce n'est pas qu'ils ne me le fêtent pas puisque pour moi c'est un jour comme les autres, mais qu'ils oublient la date. Parce que pour volontairement ne pas le fêter il faut connaître la date. Le pire ça a été une amie qui me l'a souhaité "en retard". Je déteste qu'on dise "joyeux anniversaire en retard". Tu oublis, c'est pas grave : tu t'excuses et on passe à autre chose ou tu la ferme, mais le "en retard" ça me tue, surtout quand le retard est de plus d'un mois... Le sujet est revenu dans la semaine. Une autre amie était surprise quand j'ai dit que pour moi c'était un jour comme les autres. Elle a dit "mais c'est le jour où tout le monde pense à toi !". Hrm. Oui. Mais c'est bien sûr. Là comme ça c'est pas flagrant, tu vois. Je sais qu'elle n'a pas dit ça à mal, qu'elle n'a pas réfléchi, et sur le moment j'en ai ris sincèrement, mais, franchement, après coup, ça m'a achevé. Cela dit je crois que ça m'a fait comprendre pourquoi pour moi c'est un jour comme les autres. J'ai toujours considéré que ça n'avait pas d'intérêt, qu'il n'y a rien de spécial ce jour-là. Je crois que la raison c'est parce qu'on ne me le fête pas (à part mes parents et ma soeur évidemment). Du coup, si les autres n'y vois pas d'intérêt, pourquoi est-ce que moi j'en verrai ?

À un moment je pensais que c'était peut-être parce que je suis née en été, qu'en été les gens partent en vacances... mais même pas. Mon amie fête son anniversaire en été et en a un à fêter dans le même mois que moi, mon autre amie début Septembre mais les cours n'avaient pas encore repris à ce moment-là. Non, c'est juste que je ne suis pas la fille à laquelle on pense. Voilà.

Il y a quelques mois ma mère m'a dit que des amis on les voyait en dehors des cours, pas que sur le campus. Euh... moui, encore faudrait-il qu'ils me contactent pour qu'on sorte ? Un exemple tout con. Hier. La première amie dont j'ai parlé dans cet article avait pris un flyer d'une espèce de labyrinthe que tu fais avec des amis et duquel tu sors en répondant à des énigmes. Il y a plusieurs thèmes. Elle a dit avec quels amis elle le ferait en fonction du thème. Mais elle ne m'a pas proposé de venir. Même quand je lui ai dit que ça avait l'air sympa.

Alors voilà, c'est à sens unique. C'est moi qui vais demander des nouvelles à mes anciens camarades, moi qui propose à mes amies qu'on mange ensemble, je pense à fêter les anniversaires, je suis prête à faire des sacrifices, je suis gentille de nature, mais en retour rien ne vient. Jamais. Ce matin je me suis dit que ça serait peut-être bien que j'arrête de les contacter. S'ils veulent qu'on mange ensemble ils n'ont qu'à me demander. S'ils s'intéressent vraiment à ce que je deviens et ne répondent pas "et toi ?" par automatisme ils n'ont qu'à me contacter. Ils ne vont pas me faire croire que c'est dur dans le monde d'aujourd'hui... Seulement voilà, après m'être dit tout ça je me suis dit que je voudrais bien savoir ce qu'est devenu un camarade de lycée. Je sais, c'est ridicule, j'ai la force mentale d'une huître (et c'est insulter les huîtres, heureusement qu'elles ne lisent pas le français) (enfin j'espère).

Je sais que c'est de ma faute (au moins en partie), je suis plutôt distante, assez solitaire de nature, pas à l'aise quand il y a plus de cinq ou six personnes autour de moi _ je me mets en mode spectateur et je regarde, je participe peu _ je ne me confie pas, je ne vais pas me prendre des cuites à trois heures du matin, je suis raisonnable et je me couche tôt en semaine (mon Dieu, le jour où je me déciderai à appeler un psy il va bien se marrer avec moi !), mais d'un autre côté n'est-on pas censé prendre les gens comme ils sont ou pas les prendre du tout ? Je veux dire... j'ai des défauts (à ce niveau-là on peut parler de handicap social plus que de défauts d'ailleurs), mais j'ai aussi des qualités... Donc je crois que je vais m'efforcer de ne rien demander à personne. S'ils veulent manger avec moi, ils me demandent... Je risque de ne pas manger avec eux souvent, du coup x) Tant pis. J'ai jamais eu de chance en amitié de toute façon.

Source photo
Site du photographe

lundi 28 septembre 2015

Qu'est-ce que la richesse ?

Bonjour !

Ce soir j'ai lu l'article de Gladys Wood dans lequel elle revient sur ceux d'autres blogueuses qui se déclaraient riches et ça m'a fait comprendre ce sentiment un peu mitigé que j'ai éprouvé à la sortie de la lecture de l'un de ces articles. D'un côté, oui, c'est vrai, nous avons de la chance d'avoir des biens matériels, d'être nés dans nos pays occidentaux plutôt bien pourvus, mais, de l'autre, ces articles m'ont laissé un peu... ils ne m'ont pas donné d'électrochoc, ils ne m'ont pas émue ou réveillée comme ont pu le faire le film Sur le Chemin de l'Ecole il y a deux ans ou Le Grand Jour mercredi dernier.

C'est vrai, nous sommes nés dans des pays riches, nous avons des écrans, plein d'écrans, que nous trimbalons avec nous, des casques pour écouter de la musique, de l'électricité pour nous éclairer quand tout le monde n'en a pas, de l'eau courante, des voitures, des trains, des bus, des livres, beaucoup de livres, une connexion internet... mais nous ne sommes pas riches. Je veux dire... Le problème de ces articles, pour moi, outre l'étalage de biens matériels sur lequel je vais revenir, c'est qu'ils tendent à considérer la richesse comme quelque chose d'universel. Or je ne pense pas que la richesse le soit, et c'est à ça que j'ai pensé en lisant les premières lignes de Gladys Wood. Pour les immigrés Syriens _ c'est l'exemple que je donnais dans le commentaire que je lui ai laissé _ nous sommes riches, il y a du travail, nos pays ont de l'argent. Mais nous avons beaucoup de chômeurs. Un autre exemple qui peut-être est plus explicite : nos retraités vivent avec difficulté, quand même, alors que quand ils s'expatrient au Portugal ou au Sénégal ils vivent bien. Pourtant l'argent qu'ils reçoivent chaque mois de l'État n'a pas changé, c'est toujours la même somme. Donc la richesse est relative, elle dépend d'où vous vous trouvez. On ne peut pas affirmer que "nous sommes riches" parce que nous avons un ordinateur et une tablette.

La deuxième chose, qui pour le coup est plus une question de "morale" que de choix des termes, c'est l'étalage. Dans ces articles (j'en ai lu un et ai survolé l'autre) je n'ai vu qu'une énumération de biens matériels, de biens technologiques _ et au fond c'est la définition de la richesse : posséder _ mais pas de mention de la famille, des amis, des relations humaines. J'ai vu une liste. Une liste de choses allant du matelas pour dormir au nouveau téléphone portable. Une liste de choses que l'on achète et que tout le monde ne peut pas s'acheter. À tel point qu'au début je croyais que c'était de l'ironie, au moins en partie, et que l'on allait revenir sur ces choses plus... essentielles, disons, qu'un téléphone portable.

Arrivée à la fin de cette liste je me suis dit "c'est vrai". Et je suis passée à autre chose. Ça m'a laissé un goût... indéfinissable, mais loin de la prise de conscience. Plus du genre "j'ai des choses, oui, et alors ?". En fait je crois que cette impression étrange c'est l'impression d'avoir lu une leçon de morale. Je sais bien que ces articles se voulaient optimistes, positivistes, sur le ton du "tu vois, ne te plains pas, nous sommes riches". Mais moi j'y ai vu une leçon de morale. Quelque chose qui tendrait à dire "arrêtes de te plaindre, on a des choses, d'autres n'en ont pas". Comme quand mes parents me disaient "les petits enfants en Afrique ils aimeraient bien manger ton assiette" quand, petite, je refusais de manger. Comme je le disais à Gladys Wood je n'ai vu dans ces articles aucunes mentions de dons offerts à des associations. Pourtant si tu es riche, que tu es conscient que d'autres n'ont pas ta chance, tu peux te permettre d'envoyer un peu d'argent à Médecin Sans Frontières ou n'importe quelle autre ONG humanitaire. C'est ce qui me mitige encore plus. Une liste de biens matériels, un constat, un rappel que nous avons de la chance comme pour nous aider à vivre mieux, mais rien pour aider les autres à vivre mieux. Moins une morale pour dire "aidez les autres" qu'une morale pour nous permettre de continuer de vivre sans nous préoccuper des autres.

Le plus grand risque de cet article c'est que, tout en reprochant une leçon de morale, j'en fasse une, et j'espère vraiment que ça ne sera pas pris comme ça, parce que ce n'est pas ce que je veux. Je veux simplement dire que, même si j'ai compris le but de ces articles, qu'ils étaient faits pour nous faire relativiser sur notre situation, ce n'est pas ce que j'ai ressenti. Ce que j'ai ressenti était plus proche du malaise que de l'optimisme.

Je ne crois pas que nous soyons riches parce que nous avons des écrans, d'autant plus que les ordinateurs sont de moins en moins chers parce que nous progressons dans les savoirs technologiques et parce que, ne nous mentons pas, des petits enfants travaillent pour nous (d'ailleurs ça me fait penser à H&M qui fait trimer des gens au Bangladesh mais met des panneaux dans ses magasins pour recycler et soutenir l'Unicef, ironie bonjour !). Je crois que nous sommes riches de nos amis, de notre familles, de nos relations sociales _ même si ce n'est pas le sens premier et admis de la richesse. Nous sommes riches de nos expériences, de notre vécu, de notre savoir. Nous sommes riches de notre personnalité, du pouvoir que nous avons, dans une certaine mesure, de pouvoir décider de notre futur, et de notre liberté. Je ne dis pas que quelqu'un qui gagne cinq à six mille euros par mois (selon un sondage dont j'ai entendu parler il y a plusieurs mois) n'est pas riche. Je dis que nous ne devrions pas en faire le critère principal de la richesse. D'autant plus s'il n'y a rien derrière, si ça ne consiste qu'en une liste.

Vous allez me dire qu'il y avait quelque chose derrière, puisque ça devait nous permettre de relativiser sur nos problèmes mais, vous voyez, ce n'est pas ce que j'ai retenu de ces articles. J'ai retenu une liste de choses.

Nous ne sommes pas riches.
Parce que la richesse est relative.

Qu'en pensez-vous ?
(Je sais qu'on peut ne pas être d'accord avec moi mais les personnes qui ne sont pas d'accord ne se manifestent jamais, ou trop rarement, alors montrez-vous !) (Mince, alors ! :P)

vendredi 25 septembre 2015

Au tour du monde

Bonjour !

Hier soir j'ai eu l'idée d'un article que je n'avais pas prévu d'écrire sur ce blog à la base parce que ce n'est pas trop le genre d'articles que je publie d'habitude mais plus ça allait et plus j'avais envie de le poster ici alors je vais le faire. En fait je me suis dit que ça serait peut-être une bonne idée de vous parler de choses que j'ai découvertes ou que l'on m'a faites découvrir et qui nous viennent de l'étranger. Des choses autour du monde pour que ça soit au tour du monde (oui, je me lance dans les jeux de mots, que voulez-vous, il faut bien se renouveler :P).

Je me dis que ça serait bien d'en faire une série mais il faudra que j'aie des choses à dire pour ça donc on va commencer avec un, ça se sera déjà pas mal, et on verra après ce que ça donne. Aujourd'hui je vais vous parler d'une exposition qui se tient en ce moment et jusqu'à fin Janvier 2016 à l'Institut du Monde Arabe, d'un film que je suis allée voir quand il est sorti il y a deux jours, et d'un groupe de musique dont j'ai entendu parler il y a quelques semaines :)

Les Mystères d'Osiris


Il y a quelques jours je suis allée à Paris pour aller voir l'exposition Osiris, du nom du dieu égyptien qui s'est fait découper en quatorze morceaux par son frère jaloux et rafistolé par sa sœur-épouse Isis. La plupart des objets présentés viennent des fouilles sous-marines de la ville engloutie de Thônis-Héraclion à quelques kilomètres au large d'Alexandrie et qui sont encore en cours. D'autres ont été prêtés par les musées du Caire et d'Alexandrie. Les plus vieux datent de la Basse époque _ en tout cas je n'ai vu aucune date allant au-delà de 650 avant notre ère environ.

L'exposition est centrée sur les Mystères d'Osiris qui est un rituel annuel que les prêtres réalisaient et qui consistait à reconstituer l'histoire de la mort et de la renaissance d'Osiris. En plus des informations écrites à côté des objets il y a un guide audio vraiment sympa et que vous pouvez écouter à votre rythme en tapant les numéros affichés au mur, donc vous ne serez pas obligés de vous presser pour suivre les explications de la gentille madame et du gentil monsieur dans vos oreilles. Il y a de tout : des statues, des monnaies, des naos, des objets rituels, le tout allant d'environ cinq mètres cinquante de haut à moins d'un centimètre.

Il y a cependant un bémol. Au niveau du numéro 11 il y a une espèce de renfoncement où sont exposés des objets derrière des vitres. Au centre de ce renfoncement il y a un Osiris allongé sur son lit mortuaire entouré de quatre faucons qui représentent les points cardinaux et surmonté d'un cinquième qui représente Isis. Le problème c'est que cette sculpture n'est pas éclairée et qu'elle est taillée dans... une pierre noire. Autrement dit on ne voit rien. Je n'ai vu aucune lampe au plafond ni sur les côtés qui auraient pu ne pas fonctionner donc a priori ça n'a pas été prévu.

Si vous voulez y aller je vous conseille de réserver une place avant parce que quand on arrive il y a deux files ; une pour les personnes sans tickets et une pour les personnes avec tickets qui va plus vite. A l'entrée ils passent votre sac dans un scanner comme à l'aéroport donc si jamais vous avez des choses étranges et dangereuses dans votre sac enlevez-les ^^'. Vous pouvez trouver plus d'infos sur le site de l'Institut du Monde Arabe !

Le Grand Jour


Quand j'étais à Paris je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer l'affiche du film qui m'a faite penser à celle du film Sur le Chemin de l'Ecole que j'avais adoré et j'ai pensé que ça pouvait être la suite. Eh bien non. Ça ne l'est pas (fichtre !) mais c'est bien le même réalisateur. En fait, si le premier film suivait des enfants sur le chemin de l'école (nooon ? sans blaaaague ?) celui-là suit quatre jeunes qui se préparent à passer une audition ou un concours qui changera leur vie s'ils le réussissent. D'abord il y a Albert, jeune Cubain qui veut gagner les Jeux Olympiques de boxe, puis une Indienne de seize ans qui veut devenir ingénieur et participe au concours du Super 30, une contorsionniste mongole de onze ans qui doit passer une audition, et enfin Tom, Ougandais, qui souhaite devenir Ranger. On les suit pendant leur préparation et leur concours, et à la fin il y a un bon dans le temps pour savoir ce qu'ils deviennent.

J'ai trouvé que c'était un film vraiment très touchant et qui devrait nous inspirer parce que finalement ces jeunes donnent tout ce qu'ils ont pour réaliser leurs rêves. Par contre je suis tombée sur une version doublée en français et je trouve que ça enlève de l'authenticité au documentaire donc si vous pouvez et si ça existe (j'imagine que oui) je pense que la version en sous-titrée est mieux. C'est le seul défaut que j'ai trouvé à ce film ! :)

Light in Babylone


Comme "jamais deux sans trois" et que je ne peux décemment pas écrire cet article sans parler des Carnets du Monde que je me tue à vous demander d'écouter depuis au moins deux ans, je vais vous parler de Light in Babylone. Mais, normalement, depuis le temps que je vous parle de l'émission des Carnets vous devriez avoir déjà écouté l'émission pendant laquelle ils ont parlé de ce groupe ;) Mais au cas où vous seriez quand même passé à côté, je vous mets l'Arbre à Palabres du 6 Septembre !




Vous pouvez retrouver d'autres vidéos sur leur page Youtube et plus d'infos sur leur site internet (en anglais).


Voilà ! :) J'espère que ça vous a plu, parce que moi en tout cas ça m'a plu de faire cet article ! Si vous voulez écouter d'autres musiques venues d'ailleurs vous pouvez aller voir l'article que j'avais spécialement fait ici :)

Source photo

jeudi 24 septembre 2015

Le pays des Droits de l'Homme

Bonjour !

Depuis deux jours on nous parle de ce jeune Saoudien qui va se faire décapiter au sabre en place publique et dont le corps va être crucifié. En soi qu'on en parle c'est naturel, c'est un peu le métier des journalistes mais, ce qui me titille et me dérange et me déçois c'est la manière dont on en parle. On brandit les Droits de l'Homme, on est dans le jugement et dans l'insulte et ça, ça me gêne.

Ça a commencé hier midi avec Jean-Michel Aphatie sur Europe1 qui a qualifié cette condamnation de "barbarie" et d'"abomination", qui ne laissait pas son interlocuteur au téléphone parler et lui a répondu que l'on avait "bien raison de vouloir que les Droits de l'Homme soient universels" quand ce monsieur a parlé de notre tendance universaliste (ce monsieur a dû entendre mes pensées). A ce moment-là je me suis dit que j'étais juste obligée de faire un article. Malheureusement je suis rentrée tard car j'ai fait un détour par le cinéma après les cours. Mais finalement ce n'est pas plus mal car ça me permet d'ajouter ce que j'ai entendu ce matin. Figurez-vous que, ce matin, toujours sur Europe1, Thomas Sotto a cru de bon ton de comparer cette décapitation aux méthodes de l'Etat Islamique. Et là j'ai soupiré en mon fort intérieur. C'est du grand n'importe quoi. Si devenir journaliste m'amène à dire des âneries pareilles mais par pitié ressortez-moi cet article pour me réveiller ! Cette décapitation n'a rien à voir avec les Droits de l'Homme !

Si vous voulez parler des Droits de l'Homme allons-y mais alors disons que ce jeune homme a été condamné pour avoir participé à une manifestation du Printemps arabe il y a trois ans, qu'il n'a pas eu le droit à un avocat, et que ses pourvois en appel ont été rejetés. Bref : parlons de ce procès inéquitable plutôt que de donner des leçons et d'insulter un autre pays _ qui est par ailleurs notre allié contre Daesh _, d'autant plus que je ne pense pas que l'insulter lui donnera envie de discuter avec nous.

Je crois qu'au fond on a plongé la tête la première et les yeux fermés dans notre grande tendance universaliste dont j'ai déjà fait deux articles (ici et ici pour les personnes que ça intéresse, s'il y en a). Cette grande pensée qui voudrait que nous, Français, ayons raison en tout et que, pour cette raison, le monde doive appliquer nos préceptes moraux (oulala ça y est, je sors les mots compliqués xD). Mais si la peine de mort est de la "barbarie" alors nous ferions mieux de traverser, entre autre, l'Atlantique pour nous tourner vers les États-Unis. Si exposer un corps à la foule est contraire aux Droits de l'Homme alors nous pouvons cette fois traverser la Manche. Parce que quand il y avait encore la peine de mort au Royaume-Uni c'était par pendaison et que, pour que les corps restent longtemps, on les enchaînaient, et aujourd'hui il reste apparemment des squelettes (j'ai lu ça dans La Bible du Crime de Stéphane Bourgoin) (super livre d'ailleurs !). Et puis, cerise sur le gâteau, si décapiter quelqu'un bafoue les Droits de l'Homme et est une "abomination" alors je vous signale qu'une part des Français sont abominables étant donné que la dernière décapitation en France a eu lieu il y a moins de quarante ans, en 1977. Oups.

Alors moi je veux bien que l'on parle des Droits de l'Homme, mais peut-être que l'on devrait davantage nous tourner vers nos sociétés occidentales, vers l'Europe, vers notre propre pays, vers notre passé commun ou non, et commencer à nous poser les bonnes questions. Je crois aussi que, au lieu de nous focaliser sur la peine en elle-même, on devrait mettre en avant les procédés judiciaires qui font que ce jeune homme n'a pas eu le droit d'avoir un avocat pour le défendre. Je crois qu'il serait de meilleur ton de traiter ce sujet avec humilité et de réfréner nos ardeurs universalistes. Parce que ces insultes que nous lançons à l'Arabie Saoudite ne sont pas très productives à mon humble avis. Et que, comme nous avons nous-mêmes fait des erreurs dans notre passé et que nous en faisons dans notre présent et que nous en ferons encore dans notre futur, ça serait quand même franchement chouette (oui, j'utilise "préceptes moraux" et "chouette" dans le même article :P) d'arrêter de donner des leçons. Ça ne veut pas dire qu'on ne doive pas parler de cette condamnation à mort, ça veut dire qu'on devrait en parler mieux, de manière plus mesurée, et en mettant le point sur ce qui pose vraiment problème aux Droits de l'Homme dans cette histoire : le procès.

Voilà. Si vous connaissez des journalistes qui ne sont pas tombés dans le piège j'aimerais bien les lire ou les entendre. Parce que là je suis un peu désabusée x)

jeudi 17 septembre 2015

De la célébrité des blogueuses

Bonjour !

Tout à commencé avec un article de All and co l'autre jour dans lequel elle réagissait aux propos d'une blogueuse qui pense que les blogs tuent la presse. Dans le commentaire que j'ai laissé, j'ai dit que ce n'était pas possible que les blogueuses tuent la presse pour la simple et bonne raison que pas mal de gens ne connaissaient pas les blogs. Le meilleur exemple que je puisse donner est celui d'une amie de mon âge, qui vit totalement avec son temps, suit les youtubeuses et a donc accès à une passerelle avec la blogosphère puisque certaines d'entre elles ont des blogs, mais qui, quand elle a appris que j'avais un blog, s'est fendue d'un sourire un peu narquois parce qu'elle avait l'image des Skyrock kikou lol dans la tête. C'était l'année dernière. Alors oui, croyez-le ou non, mais il y a encore des personnes en ce monde qui ne connaissent pas la blogosphère, pour qui c'est un peu obscur, un peu secret, un peu loin et inconnu. Beaucoup de personnes.

De notre point de vue à nous, il y a des blogs "stars", des incontournables, et Hellocoton participe à ça ou en est l'image puisque, dans son annuaire, il y a la partie "débutantes" et la partie "stars" alors même que l'on aurait pu les appeler "confirmées", par exemple. Et c'est vrai que, quand on regarde les deux blogueuses qui ont le plus d'abonnées _ qui sont en Mode et en Humeur et ont presque seize mille personnes qui les suivent _ on se dit que c'est beaucoup. C'est la même chose pour les youtubeuses, qui atteignent le million, ou presque, comme Sandrea et ses sept cent quarante-quatre mille cinq cent vingt-huit (précisément) abonnés sur Youtube. Mais si on regarde par rapport à la population française, et belge, puisque ça s'étend au moins jusque-là, un million sur soixante dix-sept ce n'est pas énorme. Ce n'est même rien du tout. Et je suis prête à parier que si pendant une après-midi entière j'arrête des personnes, hommes et femmes, dans la rue, à peine quelques unes diront connaître les blogs, et encore moins en avoir un.

C'est vrai que les média ont fait quelques reportages, ont recruté des blogueurs (M6 notamment sur 100%Mag et Le Meilleur Pâtissier), mais globalement, on n'a pas non plus été envahi d'interviews et d'informations sur la blogosphère et les blogueuses, et ça n'a pas duré bien longtemps. Peut-être parce que la blogosphère est déjà en mutation, ou peut-être parce que les journalistes ne s'y sont jamais vraiment intéressés, ou s'en sont désintéressés... Je ne sais pas, mais quoi qu'il en soit il n'y a pas un réel engouement médiatique autour des blogueurs. Pourtant c'est vrai aussi que TF1 a fait appel à EnjoyPhoenix pour son émission Danse Avec les Stars (même si jusque-là il n'y a pas eu de confirmation officielle je crois). Mais c'est différent, je trouve.

Dans ce genre d'émission les directeurs des programmes et les producteurs veulent fédérer des gens de tous les âges, et de tous les sexes, pour faire de l'audience et gagner plein plein de fric. Alors ils n'ont pas fait appel à EnjoyPhoenix parce qu'elle est youtubeuse et qu'elle est une "star" (d'ailleurs les stars dans cette émission on les cherche souvent) mais parce qu'elle est la caution "jeune". Comme l'était Rayane Bensetti l'année dernière, et comme aurait pu l'être Kev Adams cette année, par exemple. Ce que je veux dire c'est que l'on n'en est pas encore au point où ce sont les blogueuses et les youtubeuses qui font et défont les programmes (surtout sur une chaîne comme TF1) et que si Danse Avec les Stars a fait appel à une youtubeuse ce n'est pas pour qu'elle apporte à elle seule cinq millions de téléspectateurs et sauve le programme mais pour amener des jeunes (et montrer qu'ils sont à la page et font appel aux "stars du web"). Je ne sais pas si je suis très claire... Là où je veux en venir tient à une question que je trouve assez explicite : combien de gens, le soir-même ou le lendemain de l'émission, vont taper dans Google "EnjoyPhoenix" ? TF1 a besoin d'EnjoyPhoenix pour amener des jeunes mais elle pourrait trouver ces jeunes avec quelqu'un d'autre, et EnjoyPhoenix a besoin de TF1 pour se faire connaître hors d'internet qui la connait déjà (et pour gagner de l'argent et rencontrer des gens connus).

Et, en plus de ça, la blogosphère fonctionne quand même en circuit relativement fermé. Il suffit d'aller jeter un œil aux annuaires des concurrents de Hellocoton comme Dokuji et Inspilia pour se rendre compte que la plupart des inscrits, si ce n'est tous les inscrits, viennent de Hellocoton ! Ou d'aller voir les commentaires laissés sur les blogs pour se rendre compte que, d'un blog à l'autre, ce sont un peu les mêmes noms qui reviennent. Ou encore d'aller jeter un œil dans les statistiques des blogs pour se rendre compte que ce qui amène le plus de trafic ce n'est pas Google, c'est Hellocoton (en tout cas c'est mon cas), parce que les blogs sont lus essentiellement par des blogueurs. La blogosphère est relativement coupée du monde aussi, dans le sens où elle importe mais n'exporte pas. Ce que je veux dire c'est que les blogueurs vont parler cinéma, littérature, cuisine, culture (expositions, sorties, voyages, etc.) mais que le monde Extérieur ne va pas tellement parler des blogs et importer des choses des blogs. La blogosphère s'étant dans l'Extérieur avec une cérémonie des Awards, mais les JT n'en parlent pas : il n'y a pas d'échange, c'est quasiment à sens unique.

Donc tout ça pour dire que les blogs ne peuvent pas tuer la presse tout simplement parce qu'ils n'en ont pas le pouvoir. Nous ne sommes pas suffisamment forts pour ébranler la presse. Nous ne sommes pas influents. Nous vivons dans une bulle. Plein de gens ne connaissent pas les blogs. Si j'arrête quelqu'un au hasard dans la rue et que je lui donne le nom de Et Pourquoi pas Coline ou Garance Dorée (que je ne connais que de nom d'ailleurs, je me souviens être allée sur son blog par curiosité mais il ne m'a pas marquée) combien est-ce que j'ai de chance qu'il me regarde avec de grands yeux en me demandant qui c'est ? Quinze sur vingt ? Dix-sept sur vingt ? Dix-neuf sur vingt ? Plus ? Beaucoup en tout cas. Parce que les blogueurs sont connus dans leur village. Et encore ; dans leur quartier. Parce que si on me demande de citer trois grandes blogueuses beauté, trois blogueuses mode, cuisine, déco, DIY, etc., et même humeur ! je n'y arriverai pas.

Les blogueuses ne sont pas célèbres.

Qu'en pensez-vous ?