lundi 31 mars 2014

Rire de tout avec n'importe qui

Bonjour :)

Ah la la ! L'éternel débat "peut-on rire de tout ?".

J'ai lu vaguement un article sur la nouvelle vidéo de Rémi Gaillard où la blogueuse disait que non, ce n'était pas de la culture du viol, sexiste oui mais pas de la culture du viol. Je n'ai pas vu cette vidéo, ça ne m'intéresse pas, mais a priori je suis plutôt d'accord avec cette blogueuse. Bref. J'allais fermer la page quand j'ai lu la première phrase du premier commentaire sous l'article : on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui. Du coup je me suis demandé si j'étais d'accord et j'en suis venue à la conclusion que non.

En fait tout dépend de qui on appelle "n'importe qui". Je m'explique. En anglais on travaille par notion, il y en a une qui est "la rencontre avec l'autre". Pour le bac on doit constituer un dossier avec un document personnel en plus de deux documents du cours et j'ai voulu mettre Mon Voisin Totoro (parce que Totoro c'est le plus beau !) en document personnel et, pour l'un des documents vu en cours, l'extrait de Of Mice and Men où George s'occupe de Lennie qui est un peu un retardé mental. Totoro n'est pas retardé, c'est une grosse peluche sympathique et intelligente. Lennie est un humain, pas Totoro. Pourtant ces deux histoires entrent dans "la rencontre avec l'autre", parce qu'il y a plusieurs autres. Lennie est un "autre" dans le sens où il ne se comporte pas tout à fait normalement, on doit le comprendre, s'habituer en quelques sortes. Et Totoro est un autre pour des raisons évidentes : Totoro n'est pas humain. Là où je veux en venir c'est que s'il y a différents types de "autres" il y a aussi certainement différent types de "n'importe qui".

La première manière dont je comprends "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui" c'est dans le sens où on ne peut pas faire de blagues devant les principaux concernés. Par exemple on ne peut pas sortir une blague sexiste ou misogyne devant une femme, une blague raciale devant un Noir/un Chinois/un Russe/un Belge, une blague sur les blondes devant une blonde, une blague sur les handicapés devant les handicapés, etc. Donc le "n'importe qui" je le comprends d'abord comme "le principal concerné". Mais je ne pense pas que ce soit le véritable sens, en fait. Parce que Jérémy Ferrari, entre autres, fait des blagues terribles mais, dans sa salle, il y a des musulmans, des juifs, des chrétiens, des femmes, des hommes, des handicapés, tout le monde. Et tout le monde rit. Le rire vient de toutes les parties de la salle. Donc on peut rire de tout avec n'importe qui si on considère que "n'importe qui" sont les principaux concernés, les moqués. Parce qu'être Noir, juif, musulman, blonde, etc, n'empêche pas d'avoir de l'autodérision et le sens de l'humour.

Pour moi le "n'importe qui" c'est quelqu'un d'autre. Le "n'importe qui" avec qui on ne peut pas rire, jamais, ce sont les gens qui n'ont pas d'humour. Soit pas d'humour en général, qui ne rient à rien, soit pas d'humours sur un sujet parce que le sujet leur tient vraiment trop à coeur et qu'ils ont du mal à avoir une distance avec ce sujet (par exemple certaines femmes ne vont pas rire à une blague sexiste). Après il y a aussi des vidéos où c'est juste soit du mauvais goût soit l'angle choisi qui n'est pas bon, soit la manière de le traiter qui est mauvais, maladroit, mais c'est un autre sujet. Parce que oui, les gens sans humour qui prennent tout au premier degré ça existe. Et les gens tellement touchés par un sujet qu'ils ne peuvent pas en rire ça existe. Ca c'est le premier "n'importe qui". Après pour moi il y a une autre sorte de "'n'importe qui", peut-être plus "rare", ce sont les gens qui ne sont pas nos amis.

Par exemple aujourd'hui en Français, j'ai dit à une amie que je regardais Glee (même pas honte !), elle s'est un peu moqué, je l'ai bien pris, mais quand une fille que je n'aime pas trop me l'a un peu "reproché" en disant à demi mots que Glee ce n'est pas très bien, j'ai un peu manqué d'amusement dans ma façon de répondre et mon amie me l'a fait remarquer. Mais oui, en toute objectivité, je sais que Glee c'est de la bouillie pour ado. Une autre amie me disait qu'elle aimait bien l'idée de départ mais pas ce que les producteurs/scénaristes en avait fait et je suis plutôt d'accord. L'idée de départ est très intéressant mais c'est traité comme une série pour ado avec tous le ressorts que ça implique. Bref. Je sais que Glee ce n'est pas franchement bien et j'ai de l'autodérision dessus. Mais comme la fille n'était pas mon amie je l'ai un peu "mal pris".

Donc pour moi il y a deux types de "n'importe qui" : les gens qui n'ont pas du tout d'humour, et ceux qui n'en ont pas sur les sujets qui les tiennent à coeur, et aussi, dans une moindre mesure peut-être, les gens qui ne sont pas nos amis. On ne peut pas rire de tout avec eux, ça dépend de notre niveau de pudeur, caractère, etc. Mais en aucun cas, pour moi, "n'importe qui" signifie une ethnie ou une minorité par exemple. Bien sûr qu'il y a des gens dénués d'humour chez les Noirs, mais il y en a aussi chez les Blancs, les Chinois, les Togolais et les Brésiliens. Pour moi on peut rire de tout avec n'importe qui mais ça dépend de comment on considère le "n'importe qui".

Qu'en pensez-vous ?

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3 commentaires:

  1. Je vais partie de ceux qui ne rient pas des choses qui leurs tiennent à coeur dont font partie la lutte contre le rascisme et celle contre le sexisme. En visionnant cette vidéo, en pensant à ces femmes qui se reconnaîtrons et se sentirons certainement très mal, j'ai ressenti de la haine. Il utilise le prétexte d'un sens de l'humour (plutôt hasardeux) pour donner un mauvais exemple.
    De plus, on peut rire de tout avec n'importe qui (qui partage nos opinions) en privé, mais certainement pas sur Youtube, avec une vidéo vue par des milliers de personnes.
    Sur ce, bonne soirée ;)

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    1. Après c'est aussi ce que je dis dans l'article : parfois ce n'est pas de l'humour, c'est du mauvais goût, ou alors l'angle ou la façon de traiter le sujet n'est pas bon, et je pense que c'est le cas ici. Il prend le prétexte de l'humour pour pouvoir dire après que c'est nous les coincés, alors qu'en fait ce n'est juste pas drôle. Moi je ris aux blagues misogynes/sexistes, mais faut il encore qu'elles soient drôles et bien amenées. Là la vidéo tombe comme un cheveux sur la soupe, comme ça, paf dans ta tronche.

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  2. Je ne rigole pas au quart de tour comme les autres, car j'analyse beaucoup et j'espère toujours de voir s'il n'y a pas de sens caché dans la phrase de la personne, du coup parfois je passe à coté d'une blague marrante ... Je n'aime pas Glee, c'est de la bouillie pour ado lol.

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